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C'est directement par avion que les letchis de La Réunion débarquent sur les tables bretonnes. "Seize heures après leur cueillette, les fruits arrivent sur les lieux de consommation", se réjouit Dominique Barcatoula, producteur de letchis sur cette île de l'Océan Indien.
Tout cela n'aurait pas été possible sans l'implication et la complicité des femmes et des hommes à la base de ce projet. D'un côté, il y a des producteurs réunionnais de letchis qui cherchent à valoriser une production locale haut de gamme au travers de l'export. "Sans moyens logistiques appropriés, nos letchis restent pourrir sous les arbres", se désole D. Barcatoula.
De l'autre côté, il y a une coopérative finistérienne Saveol qui, en période creuse pour le conditionnement de tomates, n'hésite pas à donner un coup de main à une consœur en acceptant de réaliser le barquettage des fruits pour le compte de la Coopérative "Les Trois rivières" basée à la Réunion. Et comme le meilleur des conditionnements ne servirait à rien sans plate-forme de vente, la Scarmor (centrale d'achat des Centres Leclerc) est le troisième pilier de l'opération.
Ce tour de table serait incomplet si l'on oubliait le médiateur : George Friederici, l'épouse du préfet du Finistère, qualifiée "de meilleure ambassadrice bretonne de la Réunion" par Nassimah Dindar, la présidente du Conseil général de l'île.
Coup de main entre coopératives
En 2006, ce cocktail gagnant permettra à la coopérative réunionnaise de commercialiser 300 tonnes de letchis sur un marché rémunérateur. "Notre production a obtenu le Label Rouge et nous avons l'intention de monter un dossier pour obtenir une IGP (Identification géographique protégée)", explique D. Barcatoula, en faisant remarquer que d'ordinaire l'export par avions-cargos reste difficile. "Nous rencontrons des problèmes de concurrence avec le transport de passagers. Sans compter qu'il nous est parfois difficile de remplir un avion avec 90 tonnes de marchandise, ce qui l'oblige à multiplier les escales avant d'atteindre sa destination finale. La fraîcheur de nos produits en pâtit".
Chez Saveol, Jean-Claude Le Gall, le président, voit ce partenariat "comme un coup de main" donné à une structure de même essence coopérative. "Mais nous savons aussi que ces premiers contacts peuvent déboucher sur des échanges avec La Réunion", ne cache pas J.C. Le Gall, indiquant qu'un premier essai avait été mené l'an dernier.
Cette année, une plus grande fluidité logistique devrait faciliter le partenariat entre les deux coopératives et la grande distribution, même si pour des raisons climatiques, un certain retard est observé dans la maturité des fruits. "Mais une chose est sûre", insiste Dominique Barcatoula, "nous ne travaillons qu'en frais contrairement au letchi originaire d'autres pays qui voyage 20 jours en bateau avant d'arriver en France. Ce qui oblige de traiter les fruits au soufre pour en assurer une bonne conservation. Alors que le letchi réunionnais, certifié par un Label Rouge, ne reçoit aucun traitement".
Didier Le Du
Le fruit des plaisirs de la vie
Le nom de letchi vient du chinois leechee qui signifie "dispensateur des plaisirs de la vie".
Pour la 4e année consécutive, le Conseil général de La Réunion, en tant que "partenaire privilégié de l'agriculture depuis la décentralisation" a organisé la fête du letchi. Cette année, cette fête s'est transportée dans le Finistère. Objectif de l'opération : "Promouvoir la production agricole de l'île, inciter les partenariats économiques entre les chefs d'entreprises finistériens et réunionnais, promouvoir le tourisme", explique Nassimah Dindar, présidente du Conseil général de l'Île.
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