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La charte départementale pour "une reconnaissance partagée de l'agriculture dans l'aménagement du territoire" a été signée, le 20 décembre à Quimper, par la Chambre d'agriculture, le Conseil général, l'Association des maires du Finistère et l'État.
À l'heure où 3 ha de terre sont grignotés chaque jour sur les terres agricoles, la nouvelle charte se veut un garde-fou pour éviter les dérives et préserver le capital "terre" pour les générations actuelles et futures. "Car quand un hectare de terre est viabilisé, il n'y a pas de marche-arrière possible. Cette terre sort définitivement de la SAU agricole", a rappelé Jacques Jaouen, le président de la Chambre.
Pour autant, pas question pour l'agriculture de se constituer un socle de privilèges en ne laissant pas partir un seul hectare de son giron. Ce projet serait irréaliste et contestable sur le plan du développement global du département. "Il y a un juste milieu à trouver. La charte doit permettre de trouver le juste équilibre entre les différents besoins qui s'expriment", a poursuivi le président Jaouen.
"Bonne chose" et "bonne idée"
Pierre Maille, le président du Conseil général, parle de "bonne idée" pour un département "où l'habitat dispersé se traduit par une forte consommation d'espace". Et d'ajouter : "La place de l'agriculture ne concerne pas que les agriculteurs, mais tous les citoyens, ne serait-ce qu'au titre de l'alimentation".
Dans son allocution, le président du Département parle d'agriculture durable. Un concept qu'il étend à l'ensemble des activités humaines. D'où aussi cette digression sur la nécessité de trouver des surfaces pour établir des décharges de classe 2 pour stocker les déchets ultimes. Qu'on le veuille ou non, ce sera deux fois 30 à 50 ha (une décharge dans le Nord et une dans le Sud) qui seront dédiés à cet usage.
Pour le préfet, Gonthier Friederici, la charte est "tout sauf un texte de circonstance". Et d'ajouter : "L'arsenal législatif est assez développé pour gérer le problème du foncier. Néanmoins, il est urgent de revenir à une pratique plus équilibrée pour arbitrer entre les besoins des collectivités locales et la nécessité de protéger les espaces agricoles et naturels. Sans être défensive, la charte est là pour vous y aider ; étant entendu que l'espace agricole ne doit pas être celui qui reste après que l'on a servi tous les autres secteurs".
Parlant de "bonne chose", Louis Caradec, représentant l'association des maires du Finistère, reconnaît cet intérêt de "se concerter en amont". Ce qui est bien l'objet premier de la charte. "Reste que dans de nombreuses communes, les PLU (plan local d'urbanisme) ou les cartes communales sont déjà adoptées. Or, les maires sont là pour les appliquer", ajoute-t-il. Une façon de dire qu'une charte comme celle qui vient d'être signée aurait été la bienvenue il y a un an ou deux. Mais comme dit l'adage : Mieux vaut tard que jamais.
Didier Le Du
Deux accords complémentaires
En marge de la signature de la charte départementale, une convention et un protocole ont été signés par le président de la Chambre d'agriculture.
La convention signée avec la Sbafer vise "à répondre au mieux aux attentes de la profession agricole et du monde rural, et aux demandes des collectivités territoriales". Les engagements porteront sur les partenariats dans les actions à l'attention des agriculteurs et des collectivités. Ils porteront également sur les partenariats dans l'observation du foncier rural et sur l'échange d'information.
Le protocole signé entre la Chambre et le Conservatoire du littoral vise quant à lui à "faire obstacle à toute activité qui compromettrait la préservation des espaces naturels littoraux". En parallèle, le maintien d'activités agricoles raisonnées et adaptées au milieu naturel sera encouragé.
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