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Le 4e forum mondial des mycotoxines s'est tenu aux USA. Une occasion pour les industries de l’alimentation animale et l’alimentation humaine de rencontrer les organisations scientifiques et les autorités du monde entier.
Un quart de la récolte concerné
"Le risque mycotoxines est réel. Plus de 25 % de la récolte mondiale des céréales est contaminée", a dit Gerardo Morantes, de la firme Cargill USA. "50 % des foins analysés montrent une teneur en mycotoxines supérieure à la normale", confirme encore Kyle E . Newman, des laboratoires Venture USA.
Aujourd’hui il existe une réglementation dans 100 pays pour 13 mycotoxines différentes. Ces réglementations ont des impacts directs sur les échanges entre les pays des produits destinés à l’alimentation des animaux ou à l’alimentation humaine. En 2007 de nouvelles réglementations seront appliquées en Europe.
Effets sur l'animal
Les effets sur l’animal ne sont pas toujours faciles à mettre en évidence. "Le mode d’action des mycotoxines étant très divers et les effets arrivant souvent en cascade, modulés par l’environnement dans lequel se trouve l’animal". À ce jour, les principaux effets constatés se retrouvent dans :
- Une nette réduction des défenses de l’animal (y compris une réduction de l’immunité acquise par des vaccinations) avec pour conséquence une augmentation de la sensibilité aux maladies dans des élevages où les conditions d’hygiène ne sont pas satisfaisantes, en permettant aux germes pathogènes de s’installer.
- Une réduction des performances (inhibition de la synthèse des protéines).
- Une réduction de l’ingestion (une mycotoxine DON est surnommée Vomitoxine).
- Une réactivation des maladies chroniques.
- Une forte influence sur la reproduction des animaux : une mycotoxine appelée Zéaralénone a des fonctions œstrogéniques.
- Une réduction des fonctions enzymatiques.
- Une affectation de la qualité de la semence.
Si la présence des mycotoxines est une certitude et les effets sur les animaux sont de plus en plus connus, "la prise des échantillons et les analyses demandent néanmoins à être harmonisées", observent les experts.
Des résultats avec l'argile modifiée
La prévention reste le mot clé. Ainsi est-il recommandé de ne pas utiliser des céréales ou des foins trop fortement contaminés et d’avoir recours à des antifongiques. "À ce jour, la mesure la plus sécurisée reste l’ajout d’inactivateurs ou chélateurs de mycotoxines dans l’aliment afin de réduire l’absorption de mycotoxines en cours de digestion. Certaines argiles ont démontré être un moyen efficace dans cette voie de contrôle".
Ces capteurs de mycotoxines sont utilisés soit à faibles doses dans l’aliment, soit à des dosages plus élevés pour des aliments à risque (certaines années comme la récolte 2006) ou à certains stades de production de l’animal pendant lesquels leur sensibilité est plus élevée (truies allaitantes, vaches en pic de lactation, période d’insémination, aliment démarrage…).
"Toutes les argiles ne se valent pas", confirment toutefois les experts. De son côté, la société Olmix a mené des travaux sur "un nouveau matériau à base d’argile modifiée (Amadeite®) par un process issu de la nanotechnologie (argile intercalée)", comme l'a expliqué le docteur-vétérinaire Hervé Demais, directeur scientifique de la société Olmix en France.
"Cette argile modifiée par extraits d’algues vertes possède des capacités importantes d’adsorption des mycotoxines, limitant ainsi leur absorption par l’organisme au cours du transit digestif. Nos résultats montrent des résultats similaires d’adsorption d’un groupe de mycotoxines (DON et Fuminosines) que l’on obtient avec du charbon actif (la référence) mais avec des inclusions 20 fois inférieures. Ces résultats ont été obtenus dans conditions physiologiques moyennes de l’appareil gastro-intestinal d’un porcelet en croissance ; l'expérimentation ayant été conduite avec le centre de recherche TNO en Hollande".
D’où viennent les mycotoxines ?
Les mycotoxines sont produites par les champignons. Les champignons se développent sur des plantes principalement et des interactions plantes champignons favorisent le développement des champignons et des mycotoxines. Telle espèce de champignons va produire telle ou telle mycotoxine essentiellement en fonction de conditions climatiques bien spécifiques.
Si la production porcine est reconnue comme une des plus sensibles à la présence de mycotoxines dans les aliments, ces dernières exercent également des effets néfastes sur certaines fonctions vitales d’autres espèces telles les ruminants, la volaille, les chevaux, les animaux aquacoles, les animaux de compagnie et l’homme.
Les ruminants jusque-là considérés comme peu sensibles aux mycotoxines font l’objet d’un nouvel intérêt, en particulier pour ce qui concerne l’incidence de certaines de ces substances, notamment sur les fonctions de reproduction, suite à leur biotransformation par la microflore du rumen. Par ailleurs un certain nombre d’observations laissent à penser que les fourrages verts pourraient être une source de contamination non négligeable.
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