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Lundi, en soutien aux agriculteurs de la toute nouvelle liste Coordination Rurale du Finistère – qui sera officiellement présentée à la fin du mois – , le président national, François Lucas, était à Châteauneuf-du-Faou.
Pour cet agriculteur de Charente, il s'agissait de cadrer les grandes lignes défendues par ce syndicat né en 1992. Un syndicat qui revendique une position apolitique. "Contrairement à la FNSEA et à la Confédération Paysanne, nous ne sommes affiliés à aucun parti. Si on devait appartenir à un parti politique, ce serait celui du bon sens", s'amuse à répéter le président national.
Défendre l'exception "agriculturelle"
En attendant le lancement officiel de la campagne électorale, F. Lucas a rappelé les grandes propositions de ce syndicat qui exprime une certaine aversion pour "la cogestion, un mode de fonctionnement qui suppose d'être à l'aise dans un rôle d'apparatchik digne de l'ancien bloc soviétique". Un syndicat qui "refuse également de voir le producteur pris systématiquement pour un "amortisseur en cas de crise".
"Ce que nous revendiquons d'abord, c'est l'exception "agriculturelle". Autrement dit, il faut sortir l'agriculture de l'OMC sinon notre politique agricole sera forcément asservie aux enjeux mondiaux qui dépassent notre profession", explique le président national, faisant remarquer que la planète est déjà passée au-dessous du seuil critique d'approvisionnement en céréales. "Nous sommes en dessous de 65 jours de stock. Aujourd'hui, la question est de savoir où allons-nous nous approvisionner", poursuit-il, tout en soulignant que les statistiques de la FAO ne tiennent pas compte de la concurrence croissante des biocarburants.
Dans ce contexte, la CR prône une Pac européenne "tournée et dédiée à l'alimentation des Européens. C'est une question de sécurité quand on voit la demande mondiale qui explose". Et le président d'ajouter : "Nous avons toujours dénoncé la vocation exportatrice de l'Europe qui constitue une agression des peuples. Tout comme nous reconnaissons le droit aux pays de développer leur agriculture tout en la protégeant".
Des prix rémunérateurs
Troisième grande ligne de proposition : "Des prix rémunérateurs obtenus par une moralisation des relations entre producteurs et distributeurs" et appuyés sur "une préférence communautaire". "En contrepartie, nous ne souhaitons pas bénéficier d'aides publiques, hormis dans les secteurs difficiles. Car, quand on regarde les DPU, il y a de quoi être dérouté par la complexité du système qui, plus est, nous met au rang des assistés".
Pour autant, la Coordination réfute de se voir affubler l'étiquette ultra-libérale. "Contrairement aux autres syndicats, nous n'opposons pas les agriculteurs entre-eux. Nous défendons tous les modèles d'agriculture, du petit bio au gros atelier. Chacun devant pouvoir travailler selon ses convictions".
Didier Le Du
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