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Le deuxième volet du forum "Demain je transmets" organisé par les Jeunes Agriculteurs et la FDSEA (réunis au sein du pôle Installation-Création-Transmission départemental) s'est tenu le jeudi 23 novembre à St Allouestre. Ce forum vise notamment à favoriser l'anticipation des transmissions en informant les futurs cédants, dans le but de permettre sur le territoire la réalisation d’installations dans les meilleures conditions. Les cédants peuvent bénéficier d'aides quand ils permettent une installation : contrats de parrainage, encouragement à la location, fonds d'avance fermage, préretraite.
Des terres en location
Lors de leur cessation d'activité, Mr et Mme Guillemet (Remungol) ont fait le choix de permettre une installation tout en louant les 45 ha de terres leur appartenant (sur les 50 ha de SAU de leur exploitation). Une solution avantageuse pour la jeune femme qui a repris la ferme avec un quota de 300 000 L : les investissements se sont concentrés sur le matériel et les bâtiments d'exploitation. "Comme la mise aux normes n'était pas entièrement réalisée, les bâtiments ont été vendus moins cher. Et notre repreneuse peut réaliser la mise aux normes selon ses attentes". Avec son compagnon (comptable), ils rénovent une ancienne habitation présente sur le siège d'exploitation. "Nous avons gardé notre maison. Et je peux aider régulièrement sur l'exploitation", précise l'ancien agriculteur toujours attaché à ses vaches.
S'étalant sur deux ans, les décisions concernant la transmission ont été prises en accord avec les deux enfants du couple, qui ne souhaitaient pas reprendre l'exploitation. "Beaucoup de cessions se font sous la pression des enfants, ce qui n'est pas souhaitable", remarque Mr Guillemet. Autre point soulevé par l'ex-agriculteur : "l'évaluation des biens a été rapidement discutée, et nous ne sommes pas revenus dessus". Selon les intervenants sur le dossier cession, "les questions d'argent doivent être évoquées rapidement car elles comptent parmi les grandes bases de la transmission".
Des prix raisonnables des deux côtés
Mr Guillemet s'était inscrit au RDI (Répertoire Départ Installation), qui met en relation des agriculteurs à la recherche d'un repreneur et des candidats à l'installation. Ludovic Massard, qui n'est pas fils d'agriculteur, a utilisé cet outil géré par l'Adasea pour trouver une exploitation à reprendre en individuel. D'abord animateur
MRJC, il a repris ses études à 28 ans pour obtenir un BTS Acse en un an et une spécialisation de vacher. Après deux ans de salariat dans un groupement d'employeurs, "pour se faire la main", le jeune homme a recherché une exploitation.
Le troisième contact a été le bon, sur la commune de Buléon. "Les gens étaient très motivés pour que quelqu'un continue à faire vivre leur exploitation. Ils avaient réalisé la mise aux normes en 2001". L'estimation a été là aussi rapidement réalisée, avec "des prix raisonnables pour le cédant comme pour le repreneur". Un problème s'est posé quand une partie des propriétaires ont souhaité vendre leurs terres. "Après les avoir rencontré, le nombre d'hectares à racheter est passé de 19 à 8. Comme la banque ne voulait malgré tout pas me suivre pour le foncier, des fonds m'ont été prêtés par des proches via un GFA. Je les rembourse petit à petit".
Depuis janvier dernier, L. Massard mène donc une exploitation de 36 ha et 246 000 L de quota. Il revient sur la notion de confiance qui s'est installée avec les cédants. "En 10 mois, ils ont été discrets mais présents quand il fallait. S'ils n'avaient pas permis une installation, la ferme serait démantelée et le village ne compterait plus qu'un couple de retraités. Aujourd'hui, il y a aussi une famille", affiche L. Massard, en terminant sur un message à l'attention des cédants : "Il faut laisser la chance à des jeunes de s'installer. Même de vieux bâtiments peuvent rendre service. Si les enfants ne reprennent pas, ce n'est pas la fin de l'exploitation. Il est par contre important que les choses soient claires avec eux car la vente d'une ferme est la vente d'un patrimoine".
Agnès Cussonneau
L'avis de : Christèle Burel, conseillère diversifications à la Chambre d'agriculture
"Rattachées à de la vente directe, de l'accueil à la ferme, des services, certaines installations ne demandent pas forcément des surfaces importantes. Les agriculteurs cédants ne doivent pas avoir d'a priori sur ces projets certes différents, mais qui portent des activités professionnelles (commerciales dans la majorité des cas). La viabilité est évaluée. Certains projets ne marcheront pas, sans doute, mais il est important de leur laisser leur chance. Plutôt localisées près du littoral, les diversifications concernent aujourd'hui une installation aidée sur dix et 80% des installations non aidées dans le Morbihan. Les gens souhaitant s'installer en diversification sont généralement plus âgés, ont de bonnes formations et de l'expérience, mais pas forcément en agriculture, et sont souvent d'origine non agricole. Ils sont en recherche d'autonomie et de contact et veulent donner du sens à leur métier".
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