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Début novembre au Parc des expositions de Morlaix. Pendant trois jours, d'autres bêtes de scène ont, comme chaque année, remplacé les stars du showbiz plus coutumières des lieux. D'où l'idée des organisateurs du Festival de l'agriculture, en lien avec l'inspection académique, d'inviter les élèves du primaire à venir découvrir les vedettes des campagnes : veau, vaches, cochons, couvées.
D'emblée, l'idée a séduit les professeurs des écoles. Et depuis trois ans, ils se bousculent au portillon pour inscrire leur classe. L'engouement est si réel que les organisateurs ont dû partager la communauté d'agglomérations de Morlaix en couronnes. Ainsi chaque année, les écoles de ces secteurs découpés autour de Morlaix peuvent participer à l'opération. Le seul moyen de maîtriser les effectifs à 400-500 élèves par édition. Au-delà, la visite par ateliers telle qu'elle est organisée tournerait vite à la pagaille.
Langage simple pour grands messages
Aux manettes de cette opération de communication agricole à destination des enfants : la Maison familiale de Morlaix. Cette année, une soixantaine de jeunes se sont mobilisés pendant une bonne semaine pour préparer l'opération et accueillir les enfants.
Un circuit structuré en ateliers permet à tous les enfants de découvrir la diversité animale des fermes finistériennes ainsi que la grande variété de légumes produits sur la zone légumière.
Au cours de leur petit périple dans le grand hall d'exposition, les enfants sont invités à toucher les animaux. À cet âge, la dimension tactile est en effet très importante. Ils ne se font pas prier : on tire maladroitement un trait de lait, on insère son doigt dans le manchon trayeur en aspiration, on embrasse sans préjugé le petit cochon, on protège le poussin d'un jour au creux de ses mains, etc.
Pour beaucoup d'enfants, cette demi-journée constitue le premier vrai contact avec les animaux d'élevage. L'appréhension et l'étonnement se lisent sur les visages et dans les gestes. Les jeunes de l'école d'agriculture ne sont pas en reste pour le stress. Manifestement, il y a de la tension. Car, entre faire quelque chose et savoir l'expliquer en le faisant, il y a souvent une marche pas évidente à franchir.
Cet exercice a néanmoins l'avantage de conduire les jeunes en formation agricole à dire simplement ce qu'ils savent pour communiquer. Elle est d'ailleurs surtout là l'efficacité de la communication : utiliser le langage de la simplicité pour faire passer de grands messages.
Didier Le Du
L’avis de : Goulven Le Roux, formateur
"Tisser un lien avec les citadins"
Cette année, 17 classes du primaire ont participé à l'opération de communication organisée dans le cadre du Festival de l'agriculture de Morlaix. Aujourd'hui, nous avons des instituteurs qui demandent à revenir, mais hélas, nous sommes obligés d'organiser des tours de rôle pour que chaque enfant puisse réellement approcher les animaux et avoir accès aux informations.
Pour les 58 jeunes de la Maison familiale de Kerozar qui ont participé à cette opération, il y a un réel investissement à la clé. Il faut compter une semaine de travail en amont pour préparer les ateliers, élaborer les panneaux explicatifs, aborder les ébauches de réponse aux questions prévisibles.
Au-delà de la mise en œuvre, c'est le résultat qui compte. Comme nous le savons tous, de plus en plus d'urbains sont coupés de l'agriculture depuis une ou plusieurs générations. Il est donc du ressort de la profession, et des jeunes qui la feront demain, de communiquer en montrant ce qu'est réellement l'agriculture d'aujourd'hui.
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