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Que l'on soit éleveur de poulets ou de dindes, l'énergie (chauffage et électricité) est le premier poste des charges variables (40 % des charges variables en poulet et 35 % en dindes). L'énergie totale consommée par un poulailler de 1 000 m2 représente de 5 500 à 6 000 euros par an. Pour des ateliers importants, par exemple 3 500 m2, le coût de l'énergie dépasse 20 000 euros par an. "Nous souhaitons accompagner les éleveurs dans leurs efforts pour maîtriser leur coût de l'énergie, en volailles", explique Christian Nicolas, conseiller avicole Chambre d'Agriculture 29. Avec ses collègues du réseau Recherche appliquée, il propose une méthode.
1 - Se positionner
La première étape, c'est l'évaluation de la consommation d'énergie par rapport à une référence. Comprenant le gaz et l'électricité, elle est traduite en kW par m2/an dans l'indice de consommation énergétique (ICE). On peut aussi l'exprimer en fonction du poids vif. L'ICE est de l'ordre de 100 à 105 kW/m2/an en poulet et en dinde. Il est plus élevé en canard (160) et plus faible en poulet label (60). Les chiffres diffèrent en fonction du poids produit : 0,44 kW/kg vif en poulet, 0,65 en dinde et 1,05 en label.
2 - Réaliser un bilan thermique
Le bilan thermique permet d'évaluer le bâtiment en fonction de la qualité, de l'épaisseur de son isolation, de l'état de son étanchéité. Ce bilan, réalisé par un expert, donne la capacité du poulailler à maintenir une bonne ambiance et éventuellement les marges de manœuvre dans la réduction de la consommation.
3 - Evaluer le potentiel chauffage et ventilation
L'évaluation portera sur la valeur technique du matériel de chauffage et de ventilation. Des radiants céramiques des années 80, peu réglables jusqu'aux radiants actuels à allumage automatique, les matériels ont beaucoup évolué et on n'obtient pas la même efficacité et le même rendement. L'entretien des radiants doit être effectué après chaque bande de volailles, voir plus si l'appareil s'encrasse. On nettoiera les injecteurs avec de l'air comprimé et le venturi avec un goupillon. Les injecteurs seront changés tous les 3 ans.
4 - Analyser les pratiques
Il faut viser une conduite "économique" appropriée, pour consommer moins de gaz, en essayant d'adapter le couple chauffage-ventilation aux besoins du lot. Il est intéressant d'analyser les pratiques : les plages de ventilation et de chauffage, la sécurité froide, les débits minimums de ventilation, les consignes d'hygrométrie et de température et de voir les améliorations possibles. L'objectif est de bien comprendre les réglages des appareils et des régulations. En volailles, la récupération de la chaleur de l'air vicié n'a pas autant d'intérêt qu'en porc, compte tenu de la bande unique, mais il est intéressant de tester la méthode pour mesurer les économies possibles, notamment les premiers jours de démarrage.
5 - Se fixer des priorités
La réalisation du bilan thermique peut déboucher sur des préconisations d'investissement en matériel. Certains travaux se récupèrent dans un délai court. Revoir l'étanchéité d'un poulailler de 1 200 m2, coûte 600 euros. C'est moins que le prix d'une tonne de gaz et la récupération est rapide. L'échange standard des radiants est évalué à 4 400 euros, soit un retour sur investissement de 4 ans. De même, le changement des injecteurs est peu coûteux. Par contre, la réfection de l'isolation d'une toiture peut coûter de 10 000 à 18 000 euros, d'où un intérêt technique moindre, un amortissement plus long, mais l'investissement peut être intéressant pour maintenir l'outil de production en bon état.
6 - Envisager des énergies nouvelles
Un élevage de volailles exige de gros besoins en chauffage sur une période courte car on travaille en bande unique. Peut-on remplacer le gaz par d'autres énergies ? Le calcul a été fait pour un atelier de 3 600 m2, consommant 30 t. de gaz (21 000 euros). Pour obtenir la même chaleur, les besoins ont été chiffrés à 153 t. de plaquettes de bois, ou 101 t. de paille ou 82 t. de céréales. Les investissements (locaux, chaudière, réseaux) sont lourds et l'équilibre financier du projet dépend de la qualité des plaquettes, de la disponibilité en bois... D'autres études sont nécessaires pour mieux cerner l'intérêt de ces énergies. Il en est de même pour le fumier de volailles. Le test réalisé dans une exploitation du Finistère a montré, pour le moment, que les rejets de fumée n'étaient pas conformes aux normes.
Patrick Bégos
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