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A l'initiative du GIE lait viande, des éleveurs bretons ont visité des élevages du Tarn. Ce 4ème département moutonnier français, compte 250 000 brebis, soit 15 fois le cheptel des Côtes d'Armor. La filière viande regroupe 115 000 à 120 000 brebis pour 800 éleveurs. La production est présente en zones difficiles mais elle permet également de valoriser les céréales en zones de plaine. Une vingtaine de jeunes éleveurs d'ovins se sont installés l'an dernier.
Des écarts de marge brute
L'orientation de la profession tarnaise est d'avoir "des exploitation viables, vivables et facilement transmissibles". L'ensemble des structures est impliqué dans les démarches de qualité Label rouge ou CCP. Dans le Tarn, la production est aussi rentable que les autres, notamment chez les éleveurs obtenant une bonne productivité. La marge brute moyenne se situe autour de 104 euros par brebis, avec une grande hétérogénéité des résultats. Le groupe de tête a une marge supérieure de 30 % à la moyenne (130 euros/brebis).
La productivité numérique est le critère reflétant le plus la technicité d'un élevage, elle reste le meilleur indicateur de sa rentabilité économique. La génétique est un outil important mais d'autres critères techniques doivent être optimisés (chasse aux brebis improductives, organisation de la reproduction, limitation de la mortalité des agneaux par une bonne alimentation des mères, respect des règles d'hygiène). Des messages déjà entendus en Bretagne. Avec une conduite rigoureuse et un troupeau de taille suffisante, un éleveur peut dégager un revenu correct.
Des astuces d'organisation
Les visites ont permis de constater que les éleveurs continuent leur spécialisation et leur agrandissement, en misant sur une bonne organisation du travail par de multiples astuces. Dans une exploitation de Castres,1 000 brebis sont conduites sur 212 ha, avec un bâtiment de 1 170 places de cornadis. Cette exploitation est équipée d'un parc de contention mobile, de claies d'agnelage déjà liées et à la bonne dimension. Un vieil épandeur d'engrais a été aménagé pour la distribution du concentré à l'extérieur.
L'exploitation de David Séon de St Paul Cap de Joux est orientée vers la sélection avec 250 brebis Inra 401, alimentées avec du foin enrubanné ou de la paille en libre-service. Un coupe-balle électrique permet de diviser les balles d'enrubannage en deux, ce qui augmente la capacité du front d'attaque. Un couloir de tri a été aménagé le long de la bergerie avec des pédiluves.
Le Gaec Mouly, St Paul Cap de Joux, possède 900 brebis Lacaune sur 110 ha dont 40 ha d'ensilage d'herbe, 4 ha de maïs fourrage et 15 ha de céréales autoconsommées. L'alimentation du troupeau se fait en libre-service avec 400 à 450 brebis de chaque côté du silo. Une barrière à barreaux verticaux pour le libre-service ensilage évite d'avoir des chevauchements et des accidents. Un parc de tri avec bascule en bout permet de trier plus facilement les agneaux. Dans l'exploitation Lafage à Salsigné (360 brebis Inra 401), l'apport d'eau en case d'agnelage se fait par une gouttière astucieuse. Un système d'échelle permet de fixer, de monter ou de descendre facilement les abreuvoirs.
Patrick Bégos
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