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Sommaire | " POLITIQUE AGRICOLE " | Article n°6714 |
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Prospective : À la recherche d’une vision à long terme de l’agriculture
 
L’exercice ne pouvait être qu’inachevé : définir des repères à moyen terme pour l’agriculture quant à ses défis alimentaires, environnementaux et économiques. Dans ce but, le 22 novembre, Dominique Bussereau a rassemblé la fine fleur des professionnels et experts de l’économie pour aborder l’avenir. Il s’agissait aussi de mettre en valeur les travaux et membres du Copeiaa, ou Conseil de prospective du ministère de l’Agriculture qui avait été mis en place par Hervé Gaymard, alors ministre de l’Agriculture.
Etre plus offensif
C’est d’ailleurs son président, Christian de Boissieu, qui a tiré les conclusions de la journée : les Français doivent être plus offensifs que défensifs pour proposer des solutions d’avenir ; sur les questions environnementales, « l’agriculture est une partie du problème mais aussi et surtout une partie des solutions » ; des nouveaux systèmes de gestion des risques en agriculture peuvent être mis en place ; les biomatériaux et biocarburants sont un des scénarios d’avenir ; l’Europe doit s’intéresser plus que jamais aux relations entre les pays du Sud de la planète, car l’avenir de son agriculture dépend aussi du contenu de ces relations.
L’agriculture problème et solution pour l’environnement
D’une telle journée ressortent des réponses inquiétantes autant que rassurantes. Rassurantes parce que jamais l’activité d’agriculteur n’a semblé remise en cause ni appelée à une restructuration majeure. L’ancien commissaire européen Yves-Thibault de Silguy, de même que l’ancien ministre de gauche Henri Nallet, constataient que la Politique agricole commune avait été un succès. Le second insistait sur la nécessité d’être « plus offensif » dans les instances de l’UE afin de proposer la Pac de demain. Présent à deux reprises dans les tables rondes, Jean-Luc Duval, ancien président des Jeunes agriculteurs, plaidait pour que l’expérience de la Pac puisse être exportée dans d’autres régions du monde. Les agriculteurs pouvaient être rassurés aussi par l’équation environnementale. Celle-ci ne doit pas nier les problèmes nés de l’agriculture mais chacun constatait que les paysans ont leur rôle à jouer pour rendre la planète plus propre et combattre le réchauffement climatique. Alain Bougrain-Dubourg, président de la LPO (Ligue de protection des oiseaux) vantait d’ailleurs les collaborations qu’il pouvait développer avec les agriculteurs (fermes expérimentales en agriculture raisonnée, bio ou durable).
Prix instables
D’autres aspects sont plus inquiétants : « L’agriculture rentre dans une ère de prix instables », prévenait le consultant Philippe Chalmin pour qui il s’agit de la grande révolution agricole de ce siècle pour les Européens. D’où l’urgence de réfléchir, selon son homologue Jean-Christophe Debar, aux formules d’assurance des risques en agriculture. Le président de Limagrain, Pierre Pagès, faisait d’ailleurs de cette stabilité des prix une des grandes conditions à tout développement de l’agriculture. Cependant, Christophe Bonduelle, patron de l’entreprise du même nom, lui aussi réclamait de la part des agriculteurs une stabilité des prix : « Le prix du maïs est annoncé en hausse de 18 %, disait-il. Cela pourrait bien entraîner de la délocalisation de nos approvisionnements ».


Deux mondes qui se connaissent mal

Les trois tables rondes étaient précédées d’un compte rendu d’enquête qualitative réalisée auprès des Français d’une part, dont les agriculteurs d’autre part, pour décrire la manière dont les uns et les autres se considèrent. Ainsi, les consommateurs mettaient en avant la qualité comme demande majeure pour leurs aliments tandis que les agriculteurs y voyaient une opportunité de revaloriser leurs produits. En ce qui concerne l’environnement, les consommateurs restaient sur une image plutôt négative de l’exploitation agricole tandis que les agriculteurs eux-mêmes mettaient en avant les efforts qui avaient été réalisés. Quant à l’aspect économique, les consommateurs clamaient évidemment le caractère indispensable des agriculteurs tout en n’ayant aucune notion de la nature de leur revenu. Pendant ce temps, bon nombre de paysans se disaient inquiets sur l’après-2013 et sur la rentabilité de leur activité.

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Date de l'article : semaine du N° du 1 au 7 Décembre 2006
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La révolution rurale des années 60





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