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L’agriculture souffre de distorsions de concurrence engendrées par des coûts sociaux qui varient d’un pays à l’autre. La TVA sociale et l’assouplissement de la réglementation du travail sont deux solutions qui ont été évoquées lors d’un colloque organisé par la FNSEA, pour rééquilibrer les échanges. La mise en œuvre d’une TVA sociale est approuvée par de nombreux économistes. La mesure consisterait à réduire les cotisations sociales et à les compenser par une hausse du taux de TVA. Pour le consommateur, l’opération serait neutre. Sur les produits importés, cette TVA supplémentaire qualifiée de «sociale» permettrait de réduire le différentiel de coût du travail qui joue actuellement comme une aide à l’importation en France. Quant à la réglementation du travail, elle est jugée «trop sévère et trop contraignante». Faut-il alors déréglementer les relations du travail, adopter un Smic communautaire ? L’Europe gagnerait certainement à harmoniser sa réglementation sociale. Certes, un nivellement par le bas aurait un effet immédiat à court terme sur le prix de revient. Cela est particulièrement vrai notamment pour les productions employant une main-d’œuvre nombreuse et sans qualification. Mais une telle politique pourrait aussi véhiculer une piètre image du travail salarié en agriculture. Des salariés dont on sait qu’il faut déjà aller les recruter en dehors du milieu agricole. Et l’on connaît les difficultés dont témoignent souvent en Bretagne les éleveurs, à trouver des salariés d’élevage hautement qualifiés, en production porcine ou en élevage laitier. Or, l’évolution de l’agriculture fait que le besoin de salariés devrait croître avec l’augmentation de la taille des exploitations. Les orientations prises aujourd’hui vont indirectement définir le profil du salarié agricole de demain. C’est-à-dire les jeunes d’aujourd’hui en recherche d’orientation.
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