| En filigrane, le porc abattu en France a la particularité d'être surtout issu de croisements : 96 % sont les produits de croisements raisonnés entre races sélectionnées à cet effet. On bénéficie ainsi de l'effet hétérosis – ou vigueur hybride – et de la complémentarité entre les races. La sélection des animaux s'est faite jusqu'ici par des méthodes de génétique classique. On choisit les meilleurs reproducteurs chez les races pures, en détectant au mieux les caractères intéressants et on les croise afin d'obtenir en bout de chaîne un produit terminal adapté à la fois à la demande des consommateurs et aux contraintes des industriels (composition corporelle, rendement technologique…). L'éleveur a également son mot à dire dans cette course au meilleur cochon : les critères de reproduction, la vitesse de croissance, l'efficacité alimentaire font partie des critères de sélection qui ont de lourdes répercussions sur la rentabilité économique des élevages. Même si on dispose actuellement d'estimations très précises des grands caractères économiques, la sélection des meilleurs reproducteurs profite aujourd'hui de l'avènement de la biologie moléculaire. Par ailleurs, la méthode statistique, dite du Blup modèle animal, prend toute l'information génétique du candidat à la sélection, des animaux qui lui sont apparentés et corrige les variations de milieu. Le développement de l'insémination artificielle contribue également à l'amélioration du cheptel porcin. Après une traversée du désert qui a duré vingt-cinq ans, l'IA a littéralement explosé. L'ITP estime que cette pratique a fortement contribué au progrès génétique enregistré ces quinze dernières années. En revanche, si la génétique porcine veut bien s'appuyer sur la biologie moléculaire pour améliorer certains caractères zootechniques (résistance aux maladies…) ou détecter certains gènes dommageables, elle refuse d'avoir recours à la transgénèse pour intervenir de façon intrinsèque sur la viande : le souci des spécialistes est que l'image de marque du porc auprès du consommateur ne soit pas ternie. Une organisation pyramidale La filière porcine française est organisée selon une pyramide à trois étages : sélection, multiplication, production. Il y a 15 ans, 10 % des truies françaises étaient en sélection. Aujourd'hui, elles ne représentent plus que 1 % du total. Avec de si faibles effectifs en sélection, la limitation de la consanguinité et le maintien d'une variabilité génétique constituent la base de la sélection", répètent les sélectionneurs. Classiquement, on considère qu'avec un taux de renouvellement de 70-80 % en élevage de sélection, de 50 % en élevage multiplicateur et 35 % en élevage de production, il faut théoriquement 6,5 années pour que le progrès génétique "fabriqué" en élevage de sélection parvienne pleinement chez le producteur de terminaux. Ce délai peut être réduit par le biais de l'insémination artificielle. 70 % de l'amélioration génétique En France, l'ITP et l'Inra ont mis en place depuis 1993, un programme national d'évaluation génétique chez le porc pour ces caractères de production et de reproduction. Ce programme national d'évaluation concerne les populations porcines : Large White (LW, subdivisé en deux lignées : femelle et mâle), Landrace français (LF) et Piétrain (P). Ces populations représentent environ 12 500 truies réparties dans une centaine d'élevages de sélection.(livres généalogiques porcines collectifs) Ces élevages sont regroupés en diverses organisations de sélection porcine (OSP).POUR CONSULTER LE TABLEAU DES CARACTÉRISTIQUES DES PRINCIPAUX SCHÉMAS GÉNÉTIQUES UTILISÉS EN BRETAGNE cliquez ici Ces populations sélectionnées sont regroupées au sein des Livres généalogiques porcins collectifs (LGPC). Les OSP membres de LGPC représentent environ 70 % de l'amélioration génétique porcine française. Parallèlement à la sélection collective, sept firmes privées se partagent la tenue des livres généalogiques d'une trentaine de Populations animales sélectionnées (PAS) détenues de manière exclusive dans une seule Organisation de sélection porcine à la fois. On parle alors de Livres généalogiques autonomes. D'importants efforts de sélection Le dispositif collectif d'amélioration génétique s'appuie sur un contrôle de performances en ferme des candidats reproducteurs et en station publique de leurs collatéraux abattus. Chaque OSP est responsable de la centralisation et de l'envoi à l'ITP des données de ses élevages adhérents. Les programmes de sélection suivis par les OSP s'appuient sur la collecte nationale d'informations généalogiques et de performances. Depuis de nombreuses années, des efforts ont été menés en matière de sélection et de multiplication de nouvelles souches hybrides. Ces moyens ont porté sur le développement des performances d'élevage : productivité numérique (programme d'hyperprolificité) et pondérale, GMQ, IC, ainsi que sur l'amélioration des quantités et qualités de viande. |