|
Pour la période 2007 – 2013, le principe d'une mesure agro-environnementale (MAE) pour un "système fourrager à faible niveau d'intrants" a été retenu. C'était loin d'être acquis, il y a quelques mois. En revanche, son financement n'est, pour l'instant, pas encore assuré. Les 64 adhérents d'Adage, très impliqués dans les systèmes fourragers à base d'herbe, espèrent qu'elle va aboutir. "Ce serait une reconnaissance des systèmes herbagers", souligne le président Joël Restif. Leur souhait va aussi à une application à tous les agriculteurs quel que soit le lieu d'exploitation. Les collectivités locales se montrent intéressées, mais l'heure est aux arbitrages nationaux et européens. A Bruxelles, on insiste sur la mise en place de mesures efficaces et ciblées. Rappelons que la mesure citée plus haut précise que l'herbe doit représenter au moins 55 % de la surface avec le maïs inférieur à 18 % de la surface fourragère. L'azote et les produits de traitement ont des limites par culture.
Dans son analyse des mesures agro-environnementales lors de l'assemblée d'Adage, Michel Pech (Inra) souligne qu'en 1992 rien n'existait. "Il y a donc eu des progrès, même si l'efficacité n'a pas toujours été au rendez-vous". Ainsi les CTE (contrats territoriaux d'exploitation) n'ont pas eu de réel impact environnemental du fait de leur nombre limité. En plus le cahier des charges était trop complexe et donc mal compris et le coût administratif très élevé y compris pour l'agriculteur. Impossible aussi de préciser l'évolution des pratiques, il n'a pas été fait d'état des lieux au départ. Le successeur, le CAD (contrat d'agriculture durable), s'est révélé plus agricole qu'environnemental. "Globalement les MAE ont été profitables à l'agriculteur, mais peu à l'environnement", estime l'intervenant.
Quels sont les objectifs ? Les mesures agro-environnementales ont-elles un but social ou environnemental ? Rémunèrent-elles des bénéfices sociaux non marchands (paysage…) ? Quelle est la pérennité des actions ? "En France, la réponse reste ambiguë". Le Plan de développement rural pour l'hexagone (PDRH) en cours d'élaboration apportera probablement des réponses.
Paul Chauvin
|
|