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Même s'ils ne représentent que 12 % des sociétaires et 29 % du chiffre d'affaires dans l'activité de Groupama Morbihan, l'empreinte des agriculteurs reste forte dans le fonctionnement du groupe mutualiste. Pour Hervé Le Cam, président de la Fédération, Groupama a tous les atouts en main pour se développer dans le département, tant au niveau des particuliers que des artisans ou des collectivités.
La place de l'élu
La réforme institutionnelle est le principal chantier des prochains mois, elle devrait être présentée en mai 2007, lors de la prochaine assemblée régionale. "Nous sommes partis de plusieurs constats : le vieillissement des responsables, la nécessité de rénover la vie mutualiste et de se diversifier", explique Jean-Luc Baucherel, président national. "La réforme porte sur la place des élus. Il doit être est un initiateur d'idées, au niveau local, un fédérateur au niveau départemental et une boussole pour l'entreprise au niveau régional".
L'objectif de la réforme est de mieux impliquer les élus dans la vie économique locale. "Traditionnellement, le rôle de l'élu était souvent limité à la défense du sociétaire, lors d'un sinistre. Il doit s'élargir pour aller vers une meilleure connaissance réciproque des métiers, en ayant une meilleure collaboration entre élus et techniciens", déclare Patrice Chéreau, directeur général. Cette évolution nécessitera une formation des élus.
"Au niveau du département, nous avons retenu 5 axes de travail : le développement, la communication, la prévention, la formation et l'institutionnel", ont déclaré Hervé Le Cam et François Guivarc'h. La prévention est un chantier prioritaire. Deux présidents de caisses locales ont par exemple témoigné de l'intérêt de la mallette pédagogique interactive de prévention destinée aux écoles.
Un département qui bouge
La Fédération avait invité J. Ollivro, spécialiste de l'aménagement du territoire, pour dresser un portrait du département dans ses aspects économiques et sociologiques. "Une agriculture dynamique, un tissu de petites villes équilibrées, un bon réseau de communication : le Morbihan a des atouts", estime Jean Ollivro. Il attire cependant l'attention des participants sur deux tendances fortes : la concentration de la population sur le littoral et la fragilisation de la Bretagne intérieure.
"Il faut se méfier des idées reçues. La concentration dans de grandes métropoles n'est pas la solution", estime J. Ollivro. Quand on concentre, on favorise un véritable tamis social en créant des zones dans la ville en fonction de l'âge, de la profession... Les couches de population les moins favorisées sont dans l'obligation d'habiter dans les communes extérieures et doivent recourir aux moyens de transport pour se rendre au travail, ce qui accroît leur précarité.
"Quel littoral voulons-nous dans 20 ans ?", questionne le géographe. Considérer le tourisme comme une manne peut être intéressant à court terme. Mais "un littoral uniquement consacré au tourisme quelques mois de l'année ou à l'accueil de gens aisés peut tuer les autres activités et chasser certaines couches de population". J. Ollivro prône une voie personnalisée de développement pour le département en prenant l'exemple du contre-modèle breton : l'installation des Britanniques dans le Centre Bretagne. "Il faut viser l'équilibre du territoire et maintenir une certaine équité des services, que l'on soit à Gourin ou à Vannes. D'où l'intérêt d'avancer en privilégiant des solutions d'aménagement du territoire et de désenclavement, à long terme plutôt qu'à court terme".
Pour J. Ollivro, l'échelle du pays, dans un rayon de 20 minutes, constitue le lieu de vie et de réflexion le plus pertinent pour organiser les services. "Vivre et travailler au pays", un slogan déjà entendu que J. Ollivro reprend à son compte. Il souhaiterait qu'il s'applique aux 9 000 jeunes diplômés qui ont dû quitter la Bretagne en une décennie, faute d'emplois.
Patrick Bégos
Groupama dans le Morbihan
71 119 sociétaires
- 78 % sont des particuliers pour 55 % du chiffre d'affaires
- 12 % des agriculteurs pour 29 % du CA
- 6 % des artisans pour 9 % du CA
- 4 % des collectivités pour 7 % du CA
Hervé Le Cam quitte la présidence
Dans quelques semaines, Hervé Le Cam quittera la présidence de la Fédération Groupama du Morbihan. C'est l'aboutissement d'un parcours de plus de 35 ans au service du groupe d'assurances. Il est devenu administrateur de la Caisse de Radenac en 1971 puis il a gravi les échelons pour prendre les rênes de la fédération départementale en 2002, et la vice-présidence de Groupama Loire Bretagne. "Homme de terrain, connu pour son franc-parler, Hervé Le Cam a une véritable vision d'entreprise", souligne Jean-Luc Baucherel. "Ces responsabilités m'ont permis de me former, de comprendre et de partager les convictions mutualistes. J'en ai été le premier bénéficiaire", a confié Hervé Le Cam.
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