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Le 19 septembre 2005 a impulsé un nouvel élan aux agricultrices des Côtes d'Armor. Ce jour-là, 170 femmes du département se sont réunies à la Maison des agriculteurs à Plérin pour échanger et prendre des contacts. Sur un même lieu, les agricultrices ont pu exprimer leurs préoccupations et poser leurs questions à des professionnels de la formation, du financement, de la santé et du développement personnel. Fort de ce succès, le comité de pilotage "Agriculture au féminin" reconduit l'opération le mardi 19 septembre 2006, en traitant du thème "L'alimentation au cœur de notre métier".
"Le plus souvent sur les exploitations, ce sont les femmes qui s'occupent du travail administratif et donc des différents dossiers de traçabilité et démarches qualité telles que la Charte Agriconfiance en lait", note Valérie Danielou de la Chambre d'agriculture des Côtes d'Armor. "Même si les agricultrices sont conscientes de l'intérêt de ces démarches, la gestion au quotidien de tous ces documents peut devenir difficile. Et il arrive qu'elles s'interrogent sur le pourquoi… D'autant plus que ces efforts ne sont pas forcément reconnus financièrement, alors qu'ils représentent des charges en plus", expriment les membres du comité de pilotage.
Des réponses devraient en partie être apportées lors de la rencontre du 19 septembre au travers de l'intervention intitulée "Alimentation et agriculture", par Stéphane Gouin, enseignant-chercheur à l'Ecole nationale d'agriculture de Rennes (Ensar). Ce maître de conférence est spécialisé dans le marketing produit, les attentes des consommateurs, les comportements alimentaires et les circuits de la distribution. L'intervention devrait doublement intéresser les agricultrices, qui bien souvent se chargent aussi des courses alimentaires.
Demandes de formations et de réseaux
La journée sera aussi l'occasion de faire le point sur les actions engagées depuis un an. "Lors de la première rencontre, nous avons ressenti une réelle volonté de relancer des groupes féminins", exprime Eliane Fourchon, membre du comité de pilotage qui ne se veut pas féministe. En 1981, les femmes avaient décidé de s'impliquer davantage par filières, mais au fil du temps elles ont été moins présentes dans les réunions et formations. "Les sujets techniques font davantage venir les hommes".
Face à ce constat, des formations répondant aux attentes des agricultrices ont été développées cette année : gestion administrative, gestion du temps, communication, informatique, cuisine (des produits de l'exploitation, diététique)… "Les formations ont été dispensées localement, avec des horaires adaptés". Un parcours comprenant huit journées de formation a débuté en janvier pour finir en juin, rassemblant seize agricultrices.
Une formation que Marie Christine Lecrubier, éleveuse en lait et porc à Plélan Le Petit, a jugée très intéressante. "J'ai appris à mieux me connaître et à adopter l'organisation du travail qui me convient. Aujourd'hui, mon mari aussi gère mieux son temps", donne en exemple l'agricultrice. Ce parcours de formation, qui aborde aussi la gestion administrative, la communication, la connaissance de l'économie agricole, devrait être reconduit cette année à partir de novembre.
Echanges
Parmi les actions de l'an passé, seront également restitués la création de la marque de produit "Légumes de la baie de Saint-Brieuc" et l'investissement d'agricultrices dans l'action de bassin versant du Gouët : réduction de produits phytosanitaires sur les abords du siège d'exploitation. Les organisatrices de la rencontre souhaitent aussi laisser la part belle aux échanges entre agricultrices : "C'est une demande forte par rapport à l'an passé".
Agnès Cussonneau
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