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Distribution des fourrages
 

De la désileuse à la mélangeuse
Un vaste choix de matériels

Une simple désileuse distributrice ou une mélangeuse ? Si, selon les constructeurs, cette dernière formule a le vent en poupe, c’est à chaque éleveur de faire des choix en fonction de ses besoins. Un tour d’horizon des principaux matériels disponibles sur le marché.

Désiler est la première fonction que demande un éleveur à un matériel quand il s’agit de distribuer de l’ensilage. Plusieurs solutions s’offrent à lui. La fourche sur le tracteur équipée ou non d’un grappin est une première formule. Ce type de matériel redevient nécessaire avec la plupart des mélangeuses. Il faut alors prévoir un matériel qui autorise une hauteur de chargement importante (de l’ordre de 2,70 m) avec le chargeur et le tracteur en conséquence (puissance, équipement hydraulique).

Plusieurs constructeurs proposent un godet désileur dont le fonds comporte une vis qui permet le désilage d’un côté ou de l’autre. Des roues de démêlage facilitent le brassage et assurent plus de régularité dans la distribution.

Existe aussi sur le marché une cuve désileuse mélangeuse distributrice. Le désilage peut se faire avec une porte à griffe ou avec une fraise. Les spires internes de la cuve cylindrique qui tourne sur elle-même assurent un brassage et une distribution régulière. Suivant les capacités, la cuve peut s’adapter sur la fourche avant ou être semi-portée. Dans ce cas un système de pesage est alors possible. Le matériel s’utilise avec le maïs, l’herbe, la luzerne, la paille courte. On peut aussi y ajouter du concentré.

Désilage, distribution, paillage

Au niveau des matériels les plus courants se situe la désileuse portée. Grâce à un fond mouvant, le fourrage est amené au démêleur et distribué à droite ou à gauche. Plusieurs constructeurs proposent une trémie mélangeuse pour le concentré et les minéraux, un déport de distribution intéressant suivant les configurations de bâtiment ou encore un élévateur (si l’auge est haute). La griffe peut aussi comporter une plaque d’étanchéité qui se soulève en fonction du fourrage. La capacité va de 1,3 m3 à 2,5 m3. Au-delà, le même type de matériel existe en version semi-portée. Ce type de matériel simple est adapté aux petits troupeaux.

Suivant les besoins, il peut être intéressant de s’équiper d’un matériel assez peu différent, mais capable de pailler. Les plus petits modèles sont portés mais avec l’augmentation des volumes, la plupart sont semi-portés ou traînés. Ces outils acceptent deux balles rondes et les balles rectangulaires. Le démêleur peut être constitué d’un disque auquel est associé des pales d’éjection et une turbine. La goulotte est orientable et tournante.

Avec des modèles avec des capacités plus importantes, le démêlage est assuré par un ou deux rotors équipés de sections et d’un peigne pour réguler l’avancée des fourrages. A ce niveau plusieurs choix sont possibles suivant les produits à distribuer : ensilage de maïs, d’herbe, enrubannage, foin. Les capacités vont alors de 3 à 6 m3. Certains modèles disposent d’une trémie mélangeuse pour incorporer les concentrés.

Le marché propose aussi des machines qui ne disposent pas de la fonction désilage. La griffe est alors remplacée par une porte qui permet le chargement des balles d’enrubannage ou de paille.

L’éleveur peut vouloir acquérir un matériel polyvalent lui permettant de désiler, de mélanger et de distribuer. Le même matériel autorise aussi le paillage. Il peut aussi ne pas avoir la fonction désilage. Le mélange des fourrages est alors réalisé en les faisant passer dans le démêleur, la soufflerie de la turbine les renvoyant au fond de la remorque. Lorsque le mélange est réalisé (4 à 6 minutes), la machine devient une distributrice classique. Il est possible de distribuer du foin, de la paille ou des fourrages à brins courts. Les volumes vont de 4,5 m3 à 18 m3. Suivant les modèles et les marques, il faut prévoir une puissance 60 à 80 cv minimum.


Plusieurs types de mélangeuses

Les mélangeuses sont rarement équipées d’un dispositif de désilage (mais ça existe). Il faut alors recourir à un tracteur équipé d’un chargeur. Le paillage devra être réalisé par un matériel spécialisé ou l’ancienne désileuse-pailleuse.

Plusieurs modèles sont proposés sur le marché, de la machine traînée à l’automotrice. Le pesage fait généralement partie des équipements de base des machines. Ce sont des matériels qui permettent une ration complète. D’après les constructeurs, c’est vers ce type de matériel que s’orientent les éleveurs.

Certaines mélangeuses se présentent sous forme de bol avec une vis verticale à l’intérieur. Elle est équipée de couteaux et de contre-couteaux capables de couper le foin, la paille quelle que soit la forme des bottes, même si elles sont entières. La capacité varie de 8 à 15 m3, suffisant pour la taille des élevages de la région. Suivant les capacités, la puissance exigée va de 70 à 110 cv. Il faudra aussi tenir compte du gabarit

Le mélange peut aussi se faire grâce à plusieurs vis horizontales (souvent deux). Ces matériels acceptent les balles entières qu’ils découpent au moyen de couteaux et de contre couteaux. Le flux de fourrages va de l’avant à l’arrière ce qui permet un mélange homogène y compris avec les concentrés. Le tracteur devra développer une puissance d’au moins 65 à 80 cv pour un fonctionnement correct.

Existe aussi une mélangeuse avec un système de pales. Les constructeurs avancent que la ration est bien mélangée, homogène, fibreuse et qu’elle ne chauffe pas vite. Les différents ingrédients sont brassés sans accumulation. La vitesse de rotation est particulièrement lente pour ne pas dénaturer le produit. En conséquence la puissance demandée reste faible. Mais ce type de matériel n’est pas conçu pour accepter des balles entières. Certains constructeurs proposent des matériels avec à la fois une ou deux vis et des pales.

Les matériels automoteurs ne se différencient pas des modèles précédents sur leur principe de fonctionnement. Ils ont l’avantage d’être complètement autonomes mais aussi de nécessiter des litrages importants, d’où l’utilisation à plusieurs.

L’offre de matériels est vaste avec des investissements allant de 30 000 à 700 000 F. A chaque éleveur en fonction de ses besoins réels de faire son choix.


GAEC DU BIGNON à LOUISFERT (44)
Performance et gain de temps

Meilleure santé, gain de temps et de productivité..., les associés du Gaec du Bignon utilisent la ration mélangée depuis 25 ans. Lors de leur dernier achat de distributrice, ils ont choisi une mélangeuse à pales.

La qualité et la composition de l’alimentation influe sur la productivité des vaches laitières. Pour qu’elles assurent une production régulière, la ration doit être appétente, riche en fibres et homogène.

«On ne veut pas avoir de variations dans la production liées à une baisse de l’alimentation en quantité ou en qualité. C’est ce qui nous a guidé depuis 1975 à choisir une ration complè-
te», explique Michel Bradane, associé du Gaec du Bignon à Louisfert (44). «Le travail est simplifié, la production laitière reste stable, les vaches ont tendance à auto-réguler leur alimentation en fonction des besoins. Elles sont en bonne santé et leur poids à la réforme est plus élevé», complète Anthony, le fils.

Pour assurer le mélange et la distribution de leurs aliments, Michel et Anthony Bradane ont choisi une machine J.F. à pales de 12 m3. Ce type de matériel existe depuis 10 ans au Danemark. La mélangeuse a été achetée en novembre 1999 après contacts avec d’autres utilisateurs.

Conserver le fourrage intact

Dans cette mélangeuse, chaque pale soulève un petit volume de produit et brasse le mélange de manière homogène de bas en haut et de l’arrière vers l’avant et vice-versa (comme dans une bétonnière). «Nous avons préféré choisir une machine à pales pour conserver le fourrage le plus intact possible entre le silo et l’auge. Le mélange distribué aux animaux est aéré et très homogène, il ne chauffe pas dans la machine qui nécessite peu de puissance (65 cv) tout en étant simple d’utilisation et d’entretien».

Les associés du Gaec du Bignon utilisent leur mélangeuse distributrice toute l’année. L’hiver, c’est la totalité de la ration qui est ainsi distribuée puis 50 % en avril, mai et juin, 70 % en juillet et août et 80 à 90 % en septembre.

Comment procèdent concrètement les associés ? Début octobre par exemple, pour 50 laitières, la mélangeuse J.F est chargée de 2 250 kg d’ensilage de maïs, de 500 kg d’ensilage d’herbe auxquels sont rajoutés par vache : 1,5 kg de Rumiluz, 2 kg brut de maïs humide, 2 kg d’orge aplatie, 3,5 kg de complément azoté, les minéraux vitaminés et le sel.

Dans les mélangeuses J.F., la pesée se fait à l’aide de 3 capteurs avec affichage lumineux très visible de la cabine du tracteur de distribution comme de celui qui effectue le chargement. L’affichage se fait individuellement produit par produit puis il y a un décompte au déchargement. La pesée précise supporte des variations faibles de poids.

«Il faut 15 à 20 minutes pour charger les 8 ou 9 éléments constituant les 3 200 kg de la ration totale répartis dans divers endroits de l’exploitation. Le mélange demande deux minutes, le temps de nettoyer les auges et la distribution deux à trois minutes».

Augmentation de l’ingestion

Ce mélange est distribué en deux fois. «Dès la fin de la traite du matin, 75 % est distribué à l’auge puis les vaches sortent vers 10 h 30 et rentrent à 16 h (en octobre). On pousse au rabot le mélange du matin et on distribue le reste». Il n’y a pas de DAC dans l’exploitation, l’éleveur passe dans le couloir et distribue, en quelques minutes, un complément de concentré aux vaches les plus productives.

Le mélange très aéré favorise l’ingestion et la rumination des vaches. «Elles ne trient pas. L’hiver dernier, l’ingestion moyenne a atteint 24 kg de matière sèche par vache et par jour», précise Anthony.

Plus de productivité

Au Gaec du Bignon, la ration ne comporte pas de foin ni de paille, mais 1,5 kg de Rumiluz, un choix fait par les associés pour des raisons économiques. Le rajout de paille dans la ration serait tout à fait possible, les couteaux effectuent une coupe entre 5 et 10 cm. La remorque distributrice sert également pour les taurillons qui reçoivent une fois par jour un mélange constitué (pour un lot de 23) de 550 kg d’ensilage de maïs, 150 kg d’ensilage d’herbe, auxquels se rajoutent 2,5 kg de complément azoté et 2 kg de céréales par animal. Par contre, la machine n’est pas utilisée pour les génisses qui reçoivent uniquement de l’ensilage d’herbe.

Michel et Anthony Bradane ont constaté un meilleur état sanitaire du troupeau, une productivité qui continue à augmenter (10 000 kg de lait par vache). Le taux protéique a progressé de 0,7 à 0,8 point. Le coût d’une mélangeuse distributrice de ce type varie entre 130 et 150 000 F. Un investissement que les deux associés jugent essentiel. «C’est rapidement rentabilisé dans la mesure où elle sert chaque jour, toute l’année,» estime Michel. Au même titre que la traite, l’alimentation constitue le pilier de la conduite du troupeau laitier performant du Gaec du Bignon.

Paul Chauvin


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Date de l'article : semaine du N° du 19 au 26 Octobre 2001
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