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Depuis 7 à 8 ans, Jean-Paul Travers de Taillis (35) distribue une ration complète à son troupeau de 35 laitières. "Ce type de ration a permis de produire plus de lait par vache, avec moins de concentré. La production se situe autour de 8 600 kg par vache. Elle peut encore progresser de 1 000 kg", estime l'éleveur. La qualité de l'alimentation a un impact important sur l'évolution de la production.
Plus de fibres
"Avant je travaillais avec une désileuse portée de 1,5 m3 en faisant trois tours. Je chargeais à chaque fois du maïs, des céréales, du tourteau de soja et le mélange se faisait lors de la distribution". Jean-Paul passait et repassait plusieurs fois devant l'auge.
"Le matériel était usagé et la distribution devenait laborieuse. D'autant que je devais faire le paillage de la stabulation manuellement, deux fois par semaine", explique Jean-Paul. Un autre élément intervient dans sa réflexion. "J'ai observé que plus les vaches consomment des fibres, plus elles produisent du lait, moins elles ont de problèmes sanitaires de type métrite et meilleure est la fertilité".
Il a souhaité introduire davantage de fibres dans la ration par de l'enrubannage d'herbe en brins longs. Ce fourrage est mis à disposition des vaches en libre-service mais elles n'en consomment pas suffisamment. "Je préfère donc l'intégrer en mélange dans la ration", déclare l'éleveur.
Une seule machine
"Lors du renouvellement, j'ai souhaité que ma nouvelle machine puisse à la fois désiler, mélanger les composants y compris le fourrage à brins longs, distribuer et pailler". Le godet désileur ne pouvait réaliser qu'une partie de ces opérations, il lui fallait acquérir en plus une pailleuse et le coût total atteignait 20 à 21 000 euros. "J'ai préféré acheter une désileuse-mélangeuse-distributrice-pailleuse Castormix Lucas G de 6 m3 pour le même prix. Le fait d'avoir une seule machine pour toutes ces opérations m'a séduit. En faisant d'autres choix (godet ou machine portée), j'aurai dû changer mon tracteur plus rapidement".
La machine est équipée d'une griffe arrondie avec guide de propreté pour désiler. Le fourrage est entraîné sur le tapis, vers le cœur de la machine qui est le démêleur à entraînement mécanique et à sections "papillon". Le peigne est réglable manuellement pour adapter le démêlage aux aliments à traiter. Le fourrage est ensuite entraîné vers la goulotte permettant une distribution directe ou par toboggan.
A l'arrière de la machine, le filet de mélange peut se déplier et se replier de manière automatique lors de la sélection de la fonction mélange. La commande "confort" permet le pilotage de toutes les fonctions depuis la cabine du tracteur. La machine est également équipée d'un attelage articulé qui optimise la maniabilité et la manoeuvrabilité de l'ensemble tracteur/machine. La désileuse de Jean-Paul Travers n'est pas équipée de peson.
Plus difficile avec les brins longs
La ration complète est à base de maïs, d'herbe enrubannée et de concentré (voir ci-contre). "Je commence par charger l'aliment, les minéraux, l'enrubannage puis le maïs. J'effectue ensuite le mélange près du silo.”
"Le mélange est bon, mais la machine défibre peut-être trop le fourrage", estime Jean-Paul. "J'ai surtout eu quelques problèmes de bourrage, la première année, en utilisant de l'herbe enrubannée en brins longs. Ce type de fourrage rallonge la durée du mélange. Il faut deux à trois cycles pour un bon mélange, ce qui accroît la consommation de fuel du tracteur". Pour pallier aux difficultés liées aux brins longs, Jean-Paul Travers pense utiliser, l'an prochain, de la paille de colza, récoltée en big. "Les brins seront plus courts mais l'effet sur la rumination serait identique".
"J'effectue une seule distribution par jour aux vaches laitières. Par rapport à la machine précédente, je gagne à peu près 30 minutes par jour dans la distribution de la ration des vaches". Globalement satisfait, l'éleveur n'a qu'un an de recul sur l'utilisation de sa Castormix. Il est bien conscient qu'il faut un peu de temps pour bien la prendre en main, notamment pour les mélanges de fourrages à brins longs.
Patrick Bégos
Un paillage rapide
Le paillage de la stabulation à logettes est effectué dans de bonnes conditions. "La machine est conçue pour circuler dans le bâtiment, elle est très maniable dans les couloirs de 3 à 4 m et les logettes sont bien paillées. La litière est plus aérée qu'avant et les vaches semblent apprécier", déclare Jean-Paul Travers.
L'exploitation en bref
- SAU de 45 ha dont 10 ha de céréales
- 35 vaches laitières
- 44 génisses
- Production par vache 8 600 kg
- Ration 14 kg de MS de maïs, 3 kg herbe enrubannée, 1 kg paille, 1 kg mélange céréalier, 1 kg épeautre, 3 kg tourteau soja, minéraux
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