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Une machine polyvalente. C'est ce que recherchait Rémy Verdys de Saint-Gilles (35) en achetant il y a huit ans une désileuse, recycleuse, distributrice, pailleuse TX 6901 de chez Euromark. Une machine traînée d'une capacité de 6,5 m3. Première raison de cet investissement : le nombre d'animaux (60 vaches et la suite et une trentaine de jeunes bovins) répartis sur deux sites distants de 800 m avec les silos sur un seul lieu. La machine retenue permet de ne mobiliser qu'un seul tracteur et de réaliser l'alimentation et le paillage. "Il faut toujours avoir en tête de ne pas alourdir les coûts (110 000 F d'investissement à l'époque), même si d'autres matériels ont davantage la cote aujourd'hui. Ils nécessitent souvent un deuxième tracteur avec un chargeur et une pailleuse", ajoute l'éleveur. Prévoyant, il joue la proximité du constructeur (à Bédée) en cas de panne, car elle est d'usage quotidien.
Lors de l'achat, il était prévu qu'un tracteur de cour d'une soixantaine de chevaux y soit affecté. La désileuse est alors achetée équipée d'un groupe hydraulique autonome.
En pratique, c'est plutôt un 100 cv compact qui la fait fonctionner. Le petit tracteur reste nécessaire pour charger les round-ballers de paille conditionnés dans un filet. C'est l'une de ses fonctions. La configuration actuelle du bâtiment génisses et taurillons exige des manœuvres précises, incompatibles avec des matériels plus conséquents. En plus, l'implantation d'un silo par rapport à un bâtiment n'avait pas pris en compte l'espace nécessaire pour manœuvrer facilement. La désileuse n'est pas équipée d'une fonction de pesage "mais avec l'habitude, on ne se trompe pas". Elle n'a pas de trémie mélangeuse pour les concentrés. Autant d'options disponibles mais non retenues.
Sur le plan du désilage, l'éleveur ne se formalise pas d'avoir un front d'attaque du silo pas nécessairement bien net (sauf en été). C'est lié en partie au fait qu'avec ce type de matériel (roues sur le côté de la caisse), on ne peut pas approcher très près des murs du silo tout en restant en ligne.
Ration complète
Une ration complète est distribuée à tous les animaux (vaches, génisses, taurillons). C'est là qu'intervient la fonction recyclage. Blé, soja, minéraux sont déposés en premier, puis la paille et la luzerne en brins longs. Le maïs est chargé en dernier. "Je ne fais qu'un seul recyclage pour éviter de défibrer la ration, précise Rémy Verdys. Mais lorsque je distribue, je n'hésite pas à faire trois allers-retours devant les cornadis, avec un débit assez faible, pour égaliser les fourrages en volume et mieux répartir les différents constituants". Distribution en marche avant ou en marche arrière, à droite mais aussi à gauche avec la goulotte, l'éleveur utilise toutes les possibilités. En hiver, la ration est distribuée deux fois par jour et une fois pendant la saison d'herbe. Le troupeau répond à ce régime avec une moyenne laitière à 9000 kg sans problème de caillette.
La ration peut aussi contenir un tiers d'ensilage d'herbe. C'est notamment le cas avec celle des génisses. Le mélange s'avère plus difficile qu'avec du maïs seul. Un inconvénient supplémentaire, les jus d'ensilage en s'infiltrant entre les parties métalliques accolées attaque la ferraille malgré les précautions prises par le constructeur. Il est rare que du foin soit mis dans la désileuse, le risque de bourrage existe. Il faudrait disposer du régulateur de fond mouvant pour pallier cet inconvénient. Même chose avec l'enrubannage : le constructeur propose un peigne régulateur. La polyvalence a des limites.
Le même matériel sert deux fois par jour pour le paillage des stabulations. La qualité du travail est influencée par celle de la paille (variété, heure de battage, année). Le système provoque de la poussière et salit les bâtiments. L'éleveur opère pendant la traite pour éviter les projections de pierres sur les animaux. Les dérouleuses ont, selon lui, l'inconvénient d'obliger à rentrer dans la stabulation avec le tracteur et, à la sortie, de retrouver des roues sales. Aucune solution ne donne totalement satisfaction.
Paul Chauvin
Quelques chiffres
L'exploitation de Rémy Verdys compte 72 ha. Elle a la particularité de faire partie d'un Gaec partiel lait avec
60 vaches et une quarantaine de génisses. Les terres et jeunes bovins Prim'Holstein sont exploités à titre personnel. Quant à la désileuse, en commun entre les deux structures, elle absorbe à l'année quelque 24 ha de maïs ensilage, 8 ha d'ensilage d'herbe et 450 round-ballers ou big-ballers de paille. Son usage est quotidien quelle que soit la saison.
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