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Depuis quelques semaines, les responsables laitiers (FDSEA-JA) voient aboutir un dossier qu'ils ont initié avec leurs collègues finistériens depuis 2 ans. Il s'agit du nouveau dispositif d'aides à la cessation laitière (Acal), intégrant au système dit des "Acal" administratives un système d'"Acal" professionnelles. Selon les premières estimations fournies, le nombre de demandes enregistrées au terme du délai des dépôts (30 septembre) serait d'environ 190 dossiers, permettant de libérer 28 millions de litres de lait. Ce qui correspond à 1,8 % de la référence départementale et 4 % des producteurs.
"Peu de gens y croyaient au départ, mais nous avons persévéré", expliquent Jean-Jacques Poëzévara et Hervé Moël, responsables de la section laitière. "Les seules "Acal" administratives auraient permis de libérer moins de 5 millions de litres. Nous multiplions par 6 les volumes disponibles".
Demandes avant le 31 octobre
"Un véritable succès qui atteste que cela correspondait bien à une attente. Bénéfique d'un côté pour ceux qui profitent du dispositif pour arrêter la production en gardant leurs DPU et de l'autre pour tous les producteurs susceptibles de racheter un complément de référence selon un barème unique (0,15 euro le litre)" . Bertrand Donnio, président des JA rajoute : "Nous ne nous contentons pas de vouloir donner des leçons de restructuration aux entreprises. Nous montrons notre capacité à nous organiser pour une adaptation de la production".
Ces litrages libérés vont donc donner lieu à une redistribution aux producteurs qui feront une demande de rachat avant le 31 octobre auprès de l'administration. Les demandes seront étudiées par la CDOA selon les critères habituels (avoir réalisé 90 % de sa référence au cours des deux dernières années, une pression d'azote organique après affectation inférieure à 170 unités d'azote, une adhésion à la charte des bonnes pratiques en élevage, une mise aux normes réalisée ou en cours).
Jean-Jacques Poëzévara rappelle qu'il n'y a aucune transaction financière entre les cédants et les acheteurs. "On perçoit une aide à la cessation, on rachète à la réserve. Deux opérations totalement transparentes et indépendantes". Ces références supplémentaires concerneront la production de la campagne 2007/2008.
La preuve par l'exemple
Olivier Allain, le président de la FDSEA insiste aussi sur le fait que ces redistributions vont s'effectuer avec le nouveau PAD revisité notamment au niveau des seuils et des actifs pris en compte. "Ce qui va permettre à beaucoup plus de producteurs demandeurs de pouvoir en bénéficier. Tous les producteurs intéressés ont donc intérêt à en faire la demande, sachant toutefois qu'il n'est pas certain que toutes les demandes pourront être prises en compte."
Il s'appuie sur l'exemple de Michel et Christiane Lavenant, (58 ans et 51 ans) éleveurs laitiers à Mur-de-Bretagne qui exploitent une ferme de 60 ha avec un quota de 216 000 litres de lait, des céréales en multiplication et 6 ha de légumes pour l'industrie. Leur fils de 23 ans envisage de prendre leur succession dans 3 ans. "Sous l'ancien PAD, ils ne pouvaient espérer rien obtenir car au-dessus des seuils. Aujourd'hui, ils se situent à 80 % du PAD et peuvent donc raisonnablement se porter candidats à l'acquisition". Cette évolution s'explique par le fait que les plus de 55 ans sont désormais pris en compte (sous certaines conditions) et l'épouse compte pour 1 UTH au lieu d'1/2.
Un dispositif que le syndicalisme va aller expliquer aux éleveurs sur le terrain entre le 23 et le 27 octobre au travers d'une série de 6 à 8 réunions décentralisées. "Nous en profiterons pour expliquer nos acquis, par exemple le versement anticipé d'une partie des DPU au 15 octobre", conclut Olivier Allain.
Pierre Dénès
Acal administratives et
Acal professionnelles
Les "Acal" administratives sont financées par les pénalités laitières et l'Etat. Les "Acal" professionnelles sont financées par les acheteurs. En fait que ce soit pour ceux qui cessent ou ceux qui rachètent, le système est totalement transparent. Tous les bénéficiaires des "Acal " sont indemnisés selon le même barème et tous les acheteurs rachètent le lait au même prix (0,15 euros / litre).
Acheter ou ne pas acheter
Les producteurs peuvent légitimement se poser la question de l'intérêt d'acheter ou ne pas acheter de la référence. "Pour une exploitation bénéficiant de 10 000 litres de lait supplémentaire (à cheptel et charges de structures constants) dès la 1e année, l'excédent de trésorerie sort à + 800 euros (Chiffre d'affaires supplémentaire – prix d'achat – coût alimentaire) et pour les années suivantes à + 2300 euros", explique la FDSEA.
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