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Sommaire | " LES DÉPARTEMENTALES " | 35 | Article n°6521 |
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Ille et Vilaine (35)
Installation : Ne pas avoir peur d'entrer dans une société
 
Il y a 420 chefs d'exploitation nés en 1948 en Ille-et-Vilaine. Leur départ se rapproche. Plus du quart sont des associés de Gaec. Par ailleurs, parmi les 67 offres actuelles d'exploitation recensées sur le Répertoire départemental à l'installation, un quart propose une installation en société (remplacement d'associé, création de Gaec). Les jeunes candidats à l'installation sont nettement plus nombreux (213), mais seulement 13 envisagent un projet d'association. "Offre et demande sont en complet décalage", constate-t-on à l'Adasea. D'où l'idée des Jeunes Agriculteurs de mettre sur pied une journée "Demain, je m'associe" destinée aux jeunes qui pensent s'installer. Elle a eu lieu le 3 octobre avec une centaine de participants. C'est déjà un succès en soi.
La discussion reste la clé
"Je n'ai jamais envisagé de m'installer individuellement", affirme Yvon Le Marié, 27 ans, entré le 1er avril dernier dans un Gaec existant entre deux frères de 25 et 35 ans avec 120 ha et 600 000 L de quota. "D'abord, j'aurais dû chercher une exploitation n'étant pas fils d'exploitant et surtout l'association offre des avantages en matière de qualité de vie tout en étant exploitant". Comment entre-t-on dans un Gaec existant ? "Cela s'est passé à l'occasion d'un départ d'associé du Gaec, je lui ai racheté ses parts sociales avec mon emprunt JA". Cette entrée avait été préparée. Yvon a suivi une formation agricole et est ensuite devenu salarié dans une Cuma et en élevage laitier, ce qui lui a permis de trouver rapidement sa place dans l'organisation du Gaec (laitières). Des relations amicales préalables s'étaient nouées avec ses futurs associés. Et surtout, tout le monde a voulu une période probatoire "pour se connaître". Elle a duré un an (y compris le stage 6 mois).
Au Gaec la Clé des champs, le café de 8 et 16 heures constituent des rendez-vous au cours desquels les trois associés se rencontrent pour discuter de l'organisation de la journée, se tenir informés, pour prendre les décisions courantes. Dès que celles-ci deviennent importantes, elles sont consignées par écrit. "La discussion reste la clé d'un bon fonctionnement car on ne peut être d'emblée d'accord sur tout. Il faut rester ouvert aux autres associés", analyse Yvon. Précision, le café se prend dans un local du Gaec et non chez l'associé habitant sur le site.
Comme il n'y a pas que le travail dans la vie et qu'il faut préserver la vie familiale, les associés se sont fixés des horaires : 6h30 le matin et 18h le soir avec une pause d'une heure et demie le midi où chacun rentre chez soi. Pour les week-ends, la règle est la suivante : une fois sur trois, un associé dispose du vendredi et du samedi, ou du dimanche ou est de garde les deux jours. Pour l'instant, une semaine de vacances en été et une en hiver sont en place, une troisième à l'avenir.
D'abord associer des personnes
Ce témoignage illustre ce que plusieurs intervenants ont souligné pendant la journée : "Le fondement d'une société, et d'un Gaec en particulier, repose sur le fait que ce sont des hommes et des femmes qui s'associent". Le reste (addition de quota, économie sur les bâtiments, le matériel, aspects fiscaux, patrimoniaux…) n'est jamais suffisant pour réaliser une association solide. "L'association est avant tout une question de choix de vie, de conception du métier, elle convient à certaines personnes alors que d'autres entendent rester seuls (y compris avec des salariés)", observe-t-on au Cergiv.

Thierry Moreau (JA) est convaincu qu'il ne faut pas avoir peur d'entrer dans un Gaec existant. Il y a des opportunités dans des élevages où les moyens de production sont en place avec un associé qui va partir. "Les relations humaines sont très importantes, alors pourquoi ne pas utiliser le contrat de préinstallation, le stage 6 mois pour apprendre à se connaître, s'imprégner de l'exploitation". Un autre moyen est aussi d'utiliser l'étude prévisionnelle d'installation pour en faire un projet de l'ensemble des associés et pas seulement du candidat à l'installation. Des moyens existent, il faut les utiliser pour réaliser une association durable. On parle trop souvent des échecs.

Paul Chauvin

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Date de l'article : semaine du N° du 6 au 12 Octobre 2006
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