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Ille et Vilaine (35)
DPU : Les oubliés de la PAC montent au créneau
 
De vendredi dernier 22 septembre 8 heures à samedi 18 heures, cinq agriculteurs ont débuté un jeûne tournant devant la préfecture de Région au centre de Rennes. Objectif : attirer l'attention des pouvoirs publics et également des citoyens sur l'inégalité de la répartition des aides PAC entre les agriculteurs. Les organisateurs (Confédération paysanne, Adage et Agrobio 35) entendent poursuivre le mouvement chaque week-end, jusqu'à ce qu'ils soient réellement écoutés. Leurs rencontres avec l'administration n'ont pas abouti : "On n'a pas de solutions. Attendez, on verra si…". Ils rejoignent la même action commencée dans les Côtes-d'Armor.
Le DPU (droit à paiement unique) est en moyenne de 185 euros/ha en Ille-et-Vilaine. C'est le résultat d'une addition de différentes aides perçues en 2000, 2001 et 2002 par les agriculteurs du département. Là où le bât blesse, c'est que les agriculteurs bio ne percevront que 90 euros en moyenne et ceux d'Adage 108 euros, chiffres calculés en fonction de la référence historique personnelle. Et encore il ne s'agit que de moyennes, certains percevront tout juste 40 euros. À comparer à des chiffres multipliés par dix ou plus pour des systèmes intensifs à base de maïs, de céréales et/ou de viande bovine. "Nous avons mis en place de longue date des systèmes favorables à l'environnement (agriculture biologique, herbe), aujourd'hui nous sommes lourdement pénalisés, sans aucune reconnaissance pour les efforts accomplis. La situation n'est pas acceptable. On va laisser des gens sur le carreau pour distorsion de concurrence", déclarent Pascal Vallée (Agrobio) et Joël Restif (Adage). Il est alors difficile de se motiver pour l'environnement alors que l'Europe le demande expressément.
La Confédération paysanne s'insurge contre les autorités françaises qui ont retenu un calcul des DPU sur référence historique : "C'est injuste, tous les agriculteurs subissent la baisse de prix. On continue de donner à ceux qui ont déjà beaucoup eu. Ce n'est pas tenable". Le syndicat met le doigt sur quelques points sensibles comme la notion d'agriculteurs prioritaires dans les attributions des DPU de la réserve ou encore sur l'intégration des mesures agro-environnementales traitée de façon inégalitaire. "Rien n'a été fait pour prendre en compte le nombre "d'actifs" sur l'exploitation alors que les systèmes mis en place demandent plus de main-d'œuvre. Où est la conservation des emplois ?", ajoute la syndicaliste Thérèse Fumery. Alors une mutualisation des DPU sur l'ensemble de la surface serait déjà une avancée certaine. Question d'équité.
Le jeûne va se poursuivre les week-ends à venir avec de nouveaux agriculteurs. Comme la semaine passée, ils iront aussi samedi à la rencontre des consommateurs au marché des Lices. "Les consommateurs comprennent notre démarche, pour preuve, la pétition demandant une répartition plus équitable des aides a recueilli quelque 400 signatures". Ce vendredi à 20h30 aux Lices est prévue la projection d'un film dans lequel sont interviewés des Rennais sur l'agriculture. Il sera suivi d'un débat. L'action continue et même s'étend : l'Ille-et-Vilaine est rejointe par le Morbihan ce week-end. Et pour l'instant, les contacts avec la préfecture n'ont pas abouti à une rencontre sur le fond.

Paul Chauvin

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Date de l'article : semaine du N° du 29 Septembre au 5 Octobre 2006
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