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En Ille-et-Vilaine pour les dossiers d'installation, l'Adasea enregistre depuis 5 ans 70 % d'installations en sociétés dont les deux tiers en Gaec. Chez ces derniers, il n'y a que 15 % des cas où un associé n'a pas de lien familial avec un autre associé. C'est un premier constat. Par ailleurs, le répertoire départemental à l'installation (RDI) compte deux fois plus de candidats à l'installation (68 pour le premier semestre 2006) que d'exploitations disponibles. Et parmi elles, une sur cinq recherche un nouvel associé. Mais les jeunes veulent très majoritairement s'installer individuellement. Résultat, trouver un nouvel associé est difficile.
Alice Barthez sociologue à l'Inra est venue apporter son éclairage sur la question à l'assemblée de l'Adasea. Les sociétés en agriculture sont familiales avec tout ce que comporte la famille : une histoire, un patrimoine, des générations différentes. Famille et activité professionnelle s'interpénètrent. "Je cherche un remplaçant de mon père", dit le fils. Autrement dit quelqu'un qui va m'aider. "Il faudra qu'il apprenne, qu'il s'intègre, on verra ensuite pour les initiatives. Et s'il pouvait apporter du quota". On s'inquiète aussi de savoir s'il aura assez d'argent pour rembourser celui qui part (capital social et comptes associés souvent gonflés par des prélèvements faibles). Question aussi : tous les associés sont-ils d'accord pour accueillir un nouveau ? Même en restant dans le domaine familial, le jeune fils qui remplace son père peut se trouver étouffé par son aîné. "Nous sommes dans l'humain", observe la sociologue.
D'autres valeurs
Le candidat a des attentes autres. C'est un salarié qui pourrait le rester, pas nécessairement d'origine agricole, mais qui fait un choix professionnel et un choix de vie en s'installant. Il a donc des attentes en matière de travail (horaire, rémunération) car il a un conjoint salarié, mais aussi il veut prendre des responsabilités. "Mettre en application ce que je préconise", précise ce contrôleur laitier. Le candidat peut être une femme qui souhaite s'installer (même en dehors de l'exploitation de son mari). D'autres vont vouloir ne pas faire toute leur carrière en qualité d'exploitants. "Nous avons affaire à deux univers, des jeunes avec un rapport à la famille, au travail très différent de la génération précédente et des "offreurs" qui cherchent à prolonger la structure familiale", analyse Alice Barthez.
Les attentes étant tellement différentes, les candidats craignent la mésentente et recherchent l'installation individuelle. Pourtant en redéfinissant quelle pourrait- être la place du nouvel associé : travail (horaire, rémunération), capital à apporter, initiatives…, les négociations peuvent aboutir, des exemples le montrent. Il est possible d'intervenir sur les clichés "C'est un technicien, il ne va pas m'apprendre à travailler". "Dans une ferme, on ne compte pas ses heures". Les discussions aussi sont souvent polluées par les aides à produire, le foncier, la fiscalité… "Il ne faut pas confondre les aides à l'activité de la finalité qui est de former un groupe", précise l'intervenante.
Pour les structures proches de l'installation, cette approche doit déboucher sur des actions concrètes. Il existe déjà le contrat de préinstallation, une bonne formule s'il est bien utilisé. Faire réfléchir les parties sur leurs véritables projets permettra d'arriver à de "vraies" offres d'association. Pour leur satisfaction réciproque.
Paul Chauvin
L’Adasea, une activité centrée
sur l'installation
196 installations aidées en 2005, ce chiffre place l'Ille-et-Vilaine en tête des installations au niveau national. Cependant ce chiffre intègre 63 conjoint(e)s qui ont pu obtenir jusqu'à 70 000 litres de lait supplémentaires. Sans ces dossiers, les installations auraient été d'environ 150, soit un peu mieux que les années passées. Le lait reste largement majoritaire, mais une tendance à la diversification est observée (bio, vente directe). Les études prévisionnelles réalisées se montrent fiables après trois ans d'installation puisque le revenu escompté est atteint. Un certain dérapage des charges financières est observé (plus d'investissement que prévu).
La déclaration de cessation d'activité par les exploitants de 58 ans fonctionne bien. Elle permet de connaître le devenir de l'exploitation. Un contact direct permet d'en inscrire certaines au répertoire départemental à l'installation qui fait l'interface entre cédants et candidats à l'installation. Il a permis de réaliser 21 installations en 2005. En revanche, les plans d'investissements, les contrats d'agriculture durable se sont restreints en raison des taux d'intérêts ou des enveloppes insuffisantes (pour 2006).
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