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Dynamisme et ouverture, les agricultrices costarmoricaines ont de nouveau démontré leur volonté d'avoir toute leur place lors de cette 2e journée Agriculture au féminin avec pour thème principal "L'alimentation au cœur de notre métier". Elle a aussi constitué un champ d'expression sur le métier, ses contraintes et ses atouts, les préoccupations des agricultrices.
En 2005, elle avait rassemblé plus de 150 personnes. Un peu moins cette année, une centaine, sans doute du fait du thème un peu plus restrictif. Mais les débats, les interventions et les animations étaient de qualité. Menée tambour battant, de toute évidence la journée avait été minutieusement préparée par le comité de pilotage avec l'appui des techniciens et techniciennes de la Chambre d'agriculture.
Besoin de reconnaissance
Les agricultrices ont d'abord fait le point de quelques expériences conduites depuis la journée 2005. Des témoignages enrichissants sur la création d'une marque par un groupe d'agriculteurs et d'agricultrices, producteurs de légumes, en baie de St Brieuc, l'investissement dans des actions sur un bassin-versant, la formation et la constitution d'un réseau, la communication.
Des témoignages appréciés suivis d'échanges par petits groupes qui ont permis de mettre en exergue quelques points. Difficile de tout citer mais quelques aspects ressortent : Le poids des tâches administratives et plus encore le manque de reconnaissance de ce travail, la gestion du temps et des imprévus, la concurrence entre vie professionnelle, vie familiale et vie privée, la difficulté à se faire comprendre, y compris par d'autres femmes d'agriculteurs mais qui travaillent à l'extérieur, le besoin de communiquer, de sortir du quotidien pour se former, de rencontrer d'autres personnes.
Pour autant les agricultrices ne semblent pas sombrer dans le pessimisme et la morosité. Car elle mettent aussi en avant des aspects plus positifs comme la qualité de vie, la liberté, une certaine indépendance, les possibilités de réaliser des projets.
Nouvelle approche de la consommation
Autour du sujet sur l'alimentation, Stéphane Gouin, d'Agro-Campus Rennes, après avoir rappelé les évolutions de la consommation s'est dit persuadé que le monde agricole avait un rôle important à jouer dans la nouvelle approche de consommation qui veut plus de traçabilité, de proximité, d'éthique sur le produit … Il croît au créneau de la vente directe ou organisée par des groupements de producteurs.
Un discours qui aura sans doute séduit celles qui sont dans la voie de la diversification ou qui s'interrogent pour y entrer. Un peu moins celles qui dans une voie de production plus conventionnelle, labellisée voire bio mais qui n'envisagent pas ou ne peuvent dégager du temps pour entrer dans une démarche d'aval.
Pierre Dénès
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