|
Appréciée en 2005 la journée "Agricultrice au féminin"avait rassemblé prés de 200 femmes. La seconde édition se déroule le mardi 19 septembre à Plérin, autour du thème de l'alimentation (voir programme ci-dessous).
Marie-Jeanne Avril, agricultrice à Andel, garde un excellent souvenir de la première journée. Elle a même constitué une sorte de déclic pour aller suivre une formation. "J'y suis allé un peu par hasard, mais avec la volonté de rencontrer d'autres femmes de mon milieu professionnel, qui puissent me comprendre. Avec aussi une certaine curiosité de voir le monde agricole au féminin que je côtoie peu du fait de ma production (aviculture de chair + vente directe et abattage de volailles) et de la proximité directe avec la ville qui font que mes relations sont plus urbaines". Avec son lot d'incompréhension.
Une ouverture
Elle a été à la fois surprise, et à la limite de l'émotion, de voir rassemblées autant de femmes. "On entend tellement dire que les gens quittent le métier, que la plupart des femmes travaillent à l'extérieur …. D'un certaine manière, ce rassemblement a été pour moi rassurant, comme la démonstration qu'il reste encore beaucoup femmes en agriculture, et des femmes motivées qui ont véritablement fait le choix d'être agricultrices".
Marie-Jeanne Avril considère en outre que cette journée positive lui a ouvert de nouvelles portes sur l'extérieur. "Le facteur déclanchant pour aller suivre la formation intitulée "Se former et constituer un réseau". Elle précise "Plus au départ pour l'aspect réseau qui me manquait".
La formation l'a particulièrement intéressée, à la fois pour son contenu, son déroulement et pour la diversité des personnes qui constituaient le groupe. "Un bon groupe qui a tout de suite bien fonctionné dans la bonne humeur avec des femmes de toutes les tranches âges, avec des enfants jeunes et des moins jeunes, qui conduisaient des productions différentes". Pour en fait s'apercevoir que toutes rencontraient les mêmes difficultés, avec des contraintes dans la vie professionnelle et familiale.
Retrouver le côté groupe
Au-delà de la qualité de la formation et des choses concrètes qu'elle a pu en retirer pour sa vie de tous les jours, elle met en évidence deux aspects : "La spécialisation fait que dans notre milieu nous nous rencontrons de moins en moins. Le côté groupe a été un peu perdu. J'ai donc apprécié de retrouver la richesse des échanges, des groupes de paroles avec des personnes qui me comprenaient et que je comprenais. De même, l'évolution de la profession nous amène à exercer différents métiers à la fois (productrice, comptable, secrétaire, commerciale, mère de famille …), au point que non seulement il est parfois difficile de dégager un peu de temps pour soi, mais on culpabilise lorsque l'on s'arrête un instant. La formation et la relation avec les autres m'ont amenée en quelque sorte à déculpabiliser".
Sans tomber dans le travers du féminisme, même si elle estime que l'on ne prête pas assez attention au rôle que les femmes tiennent sur les exploitations, Marie-Jeanne Avril juge essentiel de maintenir et de développer ces rencontres entre agricultrices. Elle conclut : "Je suis d'ailleurs impatiente de rencontrer les autres femmes qui ont suivi la formation ".
Pierre Dénès
|
|