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Depuis une douzaine d'années, la destruction des ragondins constituait de très loin l'activité principale de la fédération morbihannaise de défense contre les ennemis des cultures. Elle le reste, mais d'autres se rajoutent, comme les taupes et surtout plus récemment la corneille noire qui fait tant de dégâts dans les cultures de maïs de certaines zones.
Près de 15 000 ragondins l'an dernier
L'année 2005 aura été une année record pour le nombre de ragondins piégés dans le département avec pratiquement 15 000 animaux que les 1 400 piégeurs volontaires et bénévoles ont capturés. La moyenne des années précédentes allait plutôt de 10 à 12 000.
Le piégeage se fait d'une part au cours d'une période intensive en hiver (15 octobre – 15 mai) et plus ponctuellement sur le reste de l'année. Ainsi en 2004 – 2005, plus de 10 000 ont été capturés en période intensive et 4 400 sur le reste de l'année.
Cette année, les captures d'hiver ont été moins nombreuses (7 680). C'est pratiquement vrai pour toutes les zones, sauf celle limitrophe au Finistère où la lutte avait commencé quelques années plus tard.
Tous ces chiffres démontrent bien l'efficacité de la lutte. On n'ose imaginer le nombre et les dégâts de ragondins qui auraient eu lieu s'il n'y avait pas eu de campagne de piégeage, d'autant qu'il s'agit d'un animal particulièrement prolifique. Et on peut regretter qu'il reste quelques communes qui se refusent à adhérer au programme, ce qui cause un préjudice à toutes les autres.
Beaucoup de formation "taupes"
Comme pour le ragondin, la lutte contre les taupes ne peut être efficace que si elle est menée collectivement. C'est en ce sens que la Fémodec propose aux communes la mise en place d'un programme de lutte. L'an dernier, 120 communes ont contribué au programme de lutte (qui se déroule essentiellement au printemps) et cette année, 113 communes ont à nouveau adhéré.
Pour que l'action soit efficace, il faut aussi former et la formation, initiée il y a 7 ans, connaît un réel succès. L'an dernier près d'une centaine ont participé aux journées de formation (qui se déroulent en salle et sur le terrain) et cette année, ils étaient 140. Depuis 7 ans, ce sont ainsi près de 1 200 personnes (agriculteurs, particuliers, employés municipaux …) qui ont suivi cette formation.
Nombreux dégâts de corneilles
Depuis quelques années, la Fémodec reçoit beaucoup de plaintes concernant les dégâts occasionnés par la corneille noire. C'est en ce sens qu'au plan régional des expérimentations ont été effectuées à l'aide de cages dans lesquelles on place des corneilles "appelantes". 2 000 cages ont ainsi été achetées en Bretagne.
Globalement, l'expérimentation s'est avéré efficace sur les couples (instinct de territoire) et moins sur les bandes de jeunes.
Compte tenu des résultats encourageants, une campagne collective avait été décidée cette année dans le Morbihan (400 cages sur tout le département). Malheureusement, l'utilisation d'appelants vivants a été interdite jusqu'en début mai, en raison de la grippe aviaire. Cette interdiction a évidemment compromis la campagne de lutte.
Bien d'autres préoccupations
Si les activités ragondins, taupe et corneilles sont les plus importantes, la Fémodec a bien d'autres activités et préoccupations. On peut citer en particulier la chenille processionnaire du pin qui cause en particulier des désagréments importants (chenilles à poils urticants et venimeux). Elle est essentiellement répandue en zone côtière. La Fémodec prend désormais en charge la lutte jusque-là assurée par le Conseil général. Suite à diverses concertations, des traitements seront réalisés en septembre et octobre prochains.
On peut citer encore parmi les activités la lutte contre le Feu bactérien (prospection et analyses), la participation à la collecte des produits phytosanitaires non utilisables ou encore la participation à l'Observatoire Faune-Dégâts du Morbihan.
Jean Louis Le Rest
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