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Depuis le 30 juin 2006, l'usine de déshumidification de Montours commence à sécher ses premiers chargements d'herbe (luzerne, trèfle). C'est le jour choisi par Jean-Yves Prodhomme et le conseil d'administration de la coopérative Fougères DS'Hum pour inviter les 109 adhérents et plus largement les éleveurs intéressés par cette nouvelle technique. Que fait la coopérative ? Elle fauche, préfane, transporte, sèche et conditionne (bottes) les fourrages de ses adhérents. Objectif : obtenir des fourrages de haute valeur nutritionnelle tout en dégageant du temps pour l'éleveur.
Si les premières opérations sont classiques, la partie séchage est plus originale. Après être passée sur la bascule et avoir prélevé un échantillon pour mesurer le taux d'humidité (de 40 à 60 %), l'autochargeuse décharge le fourrage sur un fond mouvant. Le fourrage va ainsi être égalisé avant d'être envoyé par une soufflerie dans la cellule de séchage. De l'air sec va être soufflé sous le fourrage. À son contact, il va se charger en humidité et monter en température (40°).
Récupérer les énergies
L'originalité du système, par rapport à la déshydratation qui utilise beaucoup d'énergie, est de récupérer l'énergie. L'air chaud et humide est soumis à un circuit froid qui permet de récupérer de l'air sec et de l'énergie. Celle-ci va être disponible pour le séchage. Le constructeur Oddeis annonce qu'avec un kW dépensé on dispose en fait de 4 kW. Une énergie (électrique : moteurs, pompes) au demeurant pas trop chère car la période de fonctionnement de l'usine correspond à une moindre demande auprès d'EDF. "Nous recherchons à optimiser les économies d'énergie", souligne Maurice Perret, le concepteur de l'installation.
Le séchage à basse température pour conserver intacte la qualité des fourrages, l'individualisation des lots de chaque producteur, une installation évolutive (elle est constituée de modules de séchage indépendants), un entretien du matériel simple (automatismes et systèmes frigorifiques classiques) constituent les points forts évoqués avec cette technique. En plus, elle ne rejette que de l'eau. Une installation de ce type fonctionne en Charente ainsi que plusieurs installations individuelles notamment en zone de montagne.
L'investissement se monte à 2,5 millions d'euros. La coopérative a pu bénéficier de 40 % de subventions et les adhérents ont engagé 460 euros de parts sociales par hectare. Il leur en coûtera 96 euros par tonne de fourrage. Le projet de départ prévoyait un autre site pour ne pas allonger les distances parcelles-usine. Le fonctionnement de celui de Montours donnera des indications sur le devenir de ce projet.
Paul Chauvin
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