Actualités agricoles Paysan Breton en Bretagne, Côtes d'Armor, Finistère, Ille-et-Vilaine, Morbihan
Sommaire | " LES DÉPARTEMENTALES " | 35 | Article n°6411 |
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Ille et Vilaine (35)
Viande bovine : Déficit de production, revenir à 40 000 vaches en Ille-et-Vilaine
 
La démographie des éleveurs de viande bovine d'Ille-et-Vilaine pourrait faire chuter de 16% l'abattage des gros bovins d'ici 2012. Pour développer cette production qui bénéficie actuellement d'une conjoncture favorable, la Chambre d'agriculture et les différents partenaires ont organisé des portes ouvertes du 26 au 30 juin dans des élevages des différentes races : Limousine, Charolaise, Blonde d'Aquitaine, Salers, Rouge des prés. Cette action sera relayée en octobre par une semaine dédiée à l'engraissement.
Gare aux importations
Actuellement, le département compte près de 33 500 vaches allaitantes (VA). "La profession se fixe un objectif de 40 000 têtes", informe Christian Veillaux de la Chambre d'agriculture 35. Dans un contexte de déficit de production par rapport à la consommation européenne, les cours porteurs ne doivent pas empêcher la vigilance. "C'est un appel d'air pour les importations". Face à ce manque de production, les éleveurs peuvent jouer sur deux facettes : la demande de reproducteurs (trices) qui se redynamise et la conservation des débouchés rémunérateurs (Label et Certificat de conformité produit en femelles, engraissement et export maigre en mâles).
Avant de se lancer, il est fondamental de se positionner par rapport à un système d'élevage : productivité fourragère (herbe et maïs), disponibilité en bâtiment (présence ou non de veaux l'hiver…), taille du troupeau en période de croisière, gestion des pointes de travail (vêlages en fonction des autres productions…). "Le facteur travail ne doit pas être négligé. Il faudra compter en moyenne 25 heures d'astreinte par VA, soit au maximum pour une personne 75 vaches en système naisseur-engraisseur et 100 vaches en système naisseur. Selon les durées d'hivernage, l'adéquation de la main d'œuvre et les contraintes structurelles, le travail d'astreinte varie du simple au double. Un système plein air efficace demande beaucoup de temps." La création d'atelier se fait aussi dans le respect des normes et contraintes environnementales (Directive nitrate, Installations classées…).
La génétique
Pour atteindre l'objectif d'un veau par vache et par an, les femelles reproductrices devront allier qualités morphologiques (développement, bassin, bons aplombs) et bonne génétique : vaches maternelles, index pour mieux choisir (l'Ivmat est l'index de synthèse), lait, croissance, facilité de naissance. Le choix du taureau est aussi stratégique pour améliorer les poids au sevrage, la fertilité, les vêlages, l'allaitement. Il est recommandé de regarder les papiers du taureau et de ses filles (lait, vêlage).
Selon les données collectées auprès des fermes du réseau de référence, les ateliers naisseurs-engraisseurs dégagent des marges brutes plus importantes que les naisseurs purs : 1182 euros/vache contre 877 et 1347 euros/ha SFP contre 946. "Mais les écarts diminuent avec la Pac 2006. La prime "vache allaitante" représente 25% de la marge brute par vache. Actuellement, la demande de droits dépasse largement l'offre. Mais 45% des droits sont détenus par des agriculteurs de plus de 50 ans", précise Christian Veillaux. Lequel ajoute que la race n'a pas d'impact significatif sur la marge brute. "L'essentiel est d'être bien avec sa race et de lui adapter sa conduite".



Les vaches allaitantes valorisent les prairies

Gérard Fournier est installé à Brielles avec sa femme et un salarié. L'exploitation compte deux ateliers - 39 VA de race Blonde d'Aquitaine et 170 truies naisseur-engraisseur - et une SAU de 80 ha, dont 39% consacrés aux fourrages. L'élevage allaitant lui permet de valoriser ses prairies et de bénéficier d'une PMTVA importante. "Les vaches sont mises à l'herbe du 15 au 20 mars (15 avril pour les génisses) et rentrées le 15 octobre".
Le troupeau a été constitué par un apport initial de 10 broutardes + 1 mâle en 1990, suivi d'autres achats pendant quelques années. Depuis 1998, il n'y a plus d'animaux croisés sur la ferme. Les femelles sont toutes élevées, puis sélectionnées sur la taille et la production laitière. L'objectif au 1er vêlage est de 30 mois. Passant trois fois par jour pour détecter les chaleurs, l'éleveur utilise au maximum l'IA sur les génisses, privilégiant la facilité de vêlage.
"Le taureau est présent en permanence dans le troupeau pour les VA et le reste des génisses. Des échographies sont systématiquement réalisées". Gérard Fournier essaie d'être présent pour les vêlages : sur toute l'année pour les vaches allaitantes, de juin à septembre pour les génisses. Les taurillons sont vendus entre 15 et 17 mois alors qu'ils pèsent 420-450 kg (3,46 euros entre février 2005 et janvier 2006). La marge brute de l'atelier monte à 1406 euros/vache en 2005-06.
Parmi les nombreux équipements mis en place dans l'élevage (eau dans les prairies, désileuse-pailleuse, case de vêlage), la cage de contention représente aux yeux de Gérard Fournier l'investissement le plus important. "Elle permet de réaliser avec sécurité les IA, les césariennes, les soins aux pattes, aux veaux", précise ce dernier.

Agnès Cussonneau

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Date de l'article : semaine du N° du 8 au 14 Juillet 2006
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