|
La qualité de l’eau n’a pas connu d’évolution significative en 2005. Les valeurs moyennes relativement satisfaisantes masquent toutefois, pour certains paramètres, des situations localement dégradées", a commenté le préfet, Gonthier Friederici, lors de la remise annuelle des cahiers de la Mise, la mission inter-services de l'eau.
Retour à la situation d'il y a 30 ans
Les résultats des analyses effectuées en 2005 sur 38 points dans les cours d’eau du département dans le cadre du Réseau National de Bassin sont très proches de ceux de l’année précédente avec une valeur moyenne de 31,3 mg/l.
La tendance à la diminution des teneurs en nitrates dans les eaux superficielles, mesurées par la DDASS au niveau des prises d’eau potable, se confirme. Dans les captages d’eau souterraine, les mesures sont identiques à celles de l’année précédente avec une valeur moyenne de 35 mg/l, soit une diminution de 6,8 mg/l depuis 1996.
Plusieurs captages protégés ont aujourd’hui retrouvé les concentrations en nitrates enregistrées il y a une trentaine d’années, après une diminution de 30 à 40 mg/l au cours des 10 à 15 dernières années. "L’efficacité des périmètres de protection contre les pollutions diffuses est donc démontrée", analysent les responsables.
La teneur moyenne en nitrates dans l’eau du robinet a dépassé en 2005 la valeur limite de 50 mg/l dans une seule commune (au lieu de 4 en 2004) pour une population desservie d’environ 1000 habitants. Des dépassements ponctuels de cette même valeur ont été observés dans 6 autres communes ou parties de communes (7 en 2004). "Cette amélioration est liée à celle de la qualité des eaux des captages d’eau souterraine, à une meilleure gestion des mélanges d’eau, ainsi qu’à des installations de traitement correctif mis en œuvre par certaines collectivités pour respecter les seuils de qualité de l’eau distribuée", précise l'administration.
Ces progrès enregistrés dans la qualité des eaux distribuées ont conduit la Commission européenne à abandonner les poursuites engagées contre la France, qui avait été condamnée en octobre 2004 par la Cour de justice des Communautés européennes pour non-respect des normes de qualité fixées dans la directive du 3 novembre 1998 sur la qualité des eaux destinées à la consommation humaine.
Augmentation de certains pesticides
Concernant les pesticides, des concentrations supérieures à 0,1 µg/l ont été mesurées dans les eaux brutes, pour au moins une molécule, au niveau de 25 prises d’eau en rivière (23 en 2004). Les molécules les plus fréquemment retrouvées sont de nouveau, dans les eaux superficielles, l’AMPA, métabolite du glyphosate, et dans les eaux souterraines la déséthyl-atrazine, métabolite de l’atrazine dont l’utilisation est pourtant interdite depuis le 30 septembre 2003.
"La tendance à l’augmentation des concentrations de certains produits phytosanitaires dans les eaux a conduit à interdire, par arrêté préfectoral du 7 avril 2005, l’application de ces produits dans et à proximité des fossés, canaux, cours d’eau et points d’eau".
Les concentrations dans les eaux traitées sont nettement plus faibles que celles des rivières du fait de la mise en place de traitements correctifs dans les usines de potabilisation (utilisation de charbon actif en poudre comme réactif ou filtration sur charbon actif en grain). Seuls quelques dépassements de limite de qualité compris entre
0,1 et 0,25 µg/l ont été relevés en 2005.
"Les pesticides sont essentiellement utilisés par les agriculteurs pour la protection de leurs cultures. Ils sont également très largement employés par les collectivités pour l’entretien des parcs, jardins et voies de circulation et par les particuliers. Ils peuvent présenter des risques pour l’homme et l’environnement, ce qui a conduit le législateur à fixer des limites de qualité dans les eaux brutes et dans les eaux traitées", rappelle en conseil de prudence la préfecture.
Le phosphore
Le phosphore que l’on retrouve dans les cours d’eau provient des rejets domestiques et industriels associés aux apports agricoles. Un excès de phosphore peut provoquer un phénomène d’eutrophisation.
Les teneurs moyennes et maximales en orthophosphates (forme soluble assimilable par les végétaux) mesurées dans les cours d’eau en 2005 n’ont pas connu d’évolution significative par rapport à l’année précédente. La totalité des stations sauf une (sur le Queffleuth) présente en moyenne une eau de bonne ou très bonne qualité selon la grille de qualité “SEQ eau” établie au niveau national.
"Malgré ces résultats satisfaisants, on observe une tendance à l’augmentation des teneurs en phosphore dans les sols avec un risque de migration dans les eaux de surface en cas d’érosion. Plus de la moitié du territoire du Finistère présente aujourd’hui des teneurs en phosphore (P2O5) supérieures à la moyenne des sols bretons, estimée à 400 mg/kg de sol".
Des mesures simples contribuent à la réduction des teneurs en phosphore dans l’eau :
- Équiper les stations d’épurations urbaines et industrielles en traitement du phosphore.
- Réduire à la source les apports de phosphore dans l’alimentation animale.
- Veiller à l’équilibre entre les apports de fertilisation phosphatée et les besoins des cultures.
- Mettre en place des bandes enherbées le long des cours d’eau, des couvertures hivernales des sols et des dispositifs anti-érosifs pour limiter les apports de phosphore liés à l’érosion des sols.
|
|