Actualités agricoles Paysan Breton en Bretagne, Côtes d'Armor, Finistère, Ille-et-Vilaine, Morbihan
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Côtes d'Armor (22)
Chambre d'Agriculture : L'optimisme comme remède, L'agriculture a encore de l'avenir
 
Au moment où tentent de se conclure les négociations à l'organisation mondiale du commerce (OMC), Lucien Bourgeois, responsable du service économique de l'assemblée permanente des Chambres d'agriculture, fait une analyse objective de la situation du commerce international. Il était l'invité de la session de la Chambre d'agriculture vendredi 30 juin à Plérin.
Sans doute les risques d'une trop grande libéralisation existent et il faut demeurer vigilant, mais l'Union européenne a pour le moment bien tiré son épingle du jeu, y compris dans le secteur des produits agroalimentaires. Ceux-ci ne représentant que 9 % des échanges mondiaux, très loin derrière les produits manufacturés qui représentent à eux seuls près de 74 % des échanges.
Mieux que les USA
L'Union européenne fait désormais jeu égal avec les USA sur l'agroalimentaire. "Nous avons parfaitement bien réussi sur les marchés mondiaux, diminuant la part des importations de 4 %, pendant que les Etats-Unis augmentaient de 2 %. Ils sont restés sur une stratégie d'exportations de matières premières". Ainsi l'UE les a supplantés sur les marchés de produits transformés. D'autant plus important que la part des produits transformés dans les échanges mondiaux ne cessent de s'accroître, et dépasse désormais les 50%. Lucien Bourgeois précise que trois pays de l'Union européenne (Pays-Bas, France et Allemagne) exportent plus que les USA.
Une réussite pour l'agriculture européenne et donc pour la Pac à qui il attribue des résultats économiques évidents. "Avec trois fois moins de terres agricoles que les USA, l'Union européenne assure l'auto-approvisionnement de 100 millions de personnes de plus. Elle fait jeu égal avec les USA sur les exportations et mieux sur les produits transformés. La productivité du travail a augmenté au même rythme dans le secteur agricole que dans les autres secteurs …" Une évolution d'autant plus méritoire qu'elle s'est opérée avec des dépenses budgétaires maîtrisées et des restitutions divisées par 5 en 15 ans.
Indispensables politiques agricoles
Ce constat lui permet donc de réfuter un certain nombre d'accusations sur les politiques agricoles souvent qualifiées d'injustes socialement, inadaptées par rapport à des consommateurs, coûteuses pour les contribuables. Il considère néanmoins que la réforme de 2003 manque de lisibilité. "Des objectifs consensuels, mais des moyens contestables". Stigmatisant certaines dispositions comme "la référence historique qui transforme les aides en rente, le découplage qui permet de toucher des aides sans travailler".
Lucien Bourgeois regarde l'avenir avec un réel optimisme. "On aura encore besoin de se nourrir trois fois par jour. La France bénéficie d'infrastructures efficaces. Et il existe une capacité à réussir, même si elle est plus individuelle que collective". Persuadé en outre qu'une politique agricole a encore toute sa place. Une politique qui doit intégrer dans ses principes la nécessaire régulation de la production, à l'instar du monde industriel. "Faute de quoi, explique l'économiste, ce sera toujours le consommateur qui commandera". Il invite les opérateurs à se regrouper pour se partager le marché et non pour se faire une concurrence effrénée qui n'aboutit qu'à des baisses de prix et de marges.


Ils ont dit

Olivier Allain, président de la FDSEA : "Les prix bas ne servent à rien et surtout pas aux consommateurs. Il faut préserver les droits de douanes pour sauvegarder les différentes agricultures".

Thierry Thomas, Confédération paysanne : "Le droit à l'autosuffisance alimentaire que nous revendiquons pour nous, nous devons aussi le reconnaître aux autres".

Anne Marie Crolais membre de la Chambre : "L'agroalimentaire s'est développée là où il y avait de la production. Aujourd'hui, certains discours voudraient nous faire croire le contraire, c'est à dire qu'il est possible de préserver les outils industriels et l'emploi en faisant venir la production d'ailleurs. Je m'inscris en faux contre cette idée".

Jean Salmon, président de la Chambre : "Nous sommes à la fin d'une époque. Il nous faut donc réinventer notre avenir. Et surtout ne pas opposer les systèmes et les démarches. L'important sera la cohérence de chaque système dans l'exploitation, c'est-à-dire la capacité de l'agriculteur à combiner les différents facteurs de production à sa disposition".


Georges Cartron DDAF a fait un rapide tour d'horizon de quelques questions d'actualité

- Il a salué la synergie entre la profession et l'administration dans le traitement des dossiers PAC qui place les Côtes d'Armor en tête des départements.
- Sur le dossier aides conjoncturelles liées à la hausse du coût de l'énergie pour les productions sous serres, le DDAF annonce que le traitement des dossiers est terminé. 67 producteurs bénéficieront des aides. Le versement doit s'effectuer par le canal de la MSA.
- Sur la reconquête de la qualité de l'eau : "Le département était celui qui avait le plus à faire. Il est aussi celui qui à le plus fait. 71 % de la résorption est effectuée dans le département, alors que la Bretagne n'atteint que 61 %. Il invite à accélérer le traitement des dossiers pouvant bénéficier des aides du PMPOA.


Pierre Dénès

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Date de l'article : semaine du N° du 8 au 14 Juillet 2006
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