Actualités agricoles Paysan Breton en Bretagne, Côtes d'Armor, Finistère, Ille-et-Vilaine, Morbihan
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Rentabilité économique en Bretagne : Un coût de production plus faible et de meilleures marges
 
Lors de la dernière campagne, nous avons analysé les itinéraires techniques de plus de 128 parcelles de colza dans les régions Bretagne et Pays de la Loire", explique Jean Raimbault, du Cetiom. La marge brute a été calculée hors frais de récolte et sans DPU (droits à paiement unique). Elle s'appuie sur un rendement moyen de 38 q/ha et un prix de vente de 20 euros/q.
Selon ces hypothèses, la marge brute atteint 523 euros/ha pour les parcelles bretonnes contre 506 euros en Pays de la Loire et 478 euros en moyenne française (analyse de 2000 parcelles). Le rendement est un critère essentiel. Les rendements observés en 2005, en Bretagne, se situent autour de 35 q/ha, soit 60 euros de produit en moins par rapport à l'hypothèse précédente. Un rendement inférieur à ce niveau diminue encore d'autant la marge brute. La rentabilité est donc très liée à la productivité de la culture.
Moins de charges de fertilisation
Au niveau des charges, la Bretagne se différencie des autres régions par des niveaux plus faibles. C'est le cas pour l'azote car le colza valorise bien les effluents d'élevage. "En effet, 86 % des parcelles bretonnes reçoivent des effluents, ce qui réduit d'autant les frais de fertilisation azotée (55 euros/ha en Bretagne contre 90 euros en moyenne nationale). Plus le colza aura absorbé de l'azote à l'automne, plus la fertilisation azotée de printemps sera faible", poursuit Jean Raimbault.
Le désherbage constitue la charge la plus élevée en Bretagne (en moyenne 65 euros/ha). La majorité des agriculteurs ont choisi la pré-levée comme solution avec un seul passage. Les systèmes d'exploitation de l'Ouest, à rotations longues, permettent de limiter les adventices difficiles à détruire. L'équilibre des rotations est un élément essentiel à conserver, le colza ne doit pas revenir trop fréquemment sur les mêmes parcelles.
Moins de pression sanitaire
Les frais de protection sanitaire (moins de 40 euros/ha en Bretagne) sont nettement inférieurs à la moyenne nationale (plus de 60 euros). "Le colza est peu présent dans l'Ouest, expliquant sans doute une assez faible pression des insectes liés au colza. Il faut néanmoins rester vigilant et suivre les avertissements de la PV. Le piégeage par la cuvette jaune est un moyen simple pour décider de l'utilité ou non d'un traitement. La protection contre le sclérotinia reste le pivot de la protection fongicide au tout début de la floraison", souligne J. Raimbault.
Le rendement doit être préservé jusqu'à la récolte. L'utilisation d'une moissonneuse équipée d'une coupe avancée pour la récolte (rallongement du tablier), permet de réduire de 2 q les pertes par hectare. Les coupes avancées sont jusqu'à présent peu répandues (11 % des surfaces bretonnes contre 40 % en France). La coupe avancée permet d'augmenter le débit du chantier de récolte (en particulier en conditions de verse) par une alimentation plus régulière de la machine.

Patrick Bégos

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Date de l'article : semaine du N° du 8 au 14 Juillet 2006
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