Actualités agricoles Paysan Breton en Bretagne, Côtes d'Armor, Finistère, Ille-et-Vilaine, Morbihan
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Un sol bien préparé, une densité faible : Le rendement est lié aux conditions d'implantation
 
Bon précédent pour un blé, le colza apporte une rupture sanitaire dans une rotation céréalière. Pour conserver une bonne maîtrise des maladies, notamment le phoma, il est souhaitable qu'il ne revienne pas plus de 3 fois dans une même parcelle, sur une période de 10 ans.
Risque Phoma et élongation
"En plus de la productivité, deux critères doivent être pris en compte pour le choix de la variété : le risque phoma et le risque élongation", souligne Jean-Jacques Baudet, du Cetiom. Le Phoma est une maladie qui peut entraîner jusqu'à 50 % de pertes de rendement sur une variété sensible. Les variétés sont classées TPS ou PS (très peu sensible ou sensible), elles sont également regroupées en fonction du risque de contournement de la résistance. Il est préférable de choisir des variétés TPS ou PS du groupe 1 plutôt que du groupe 2, type Pollen.
Les variétés sont également classées en fonction de leur risque d'élongation à l'automne. Il peut être faible dans des variétés comme Aviso, Capvert, Grizzly… ou fort (Exagone…). "La zone d'élongation, sensible aux dégâts du gel, crée une porte d'entrée privilégiée pour les parasites, responsables du phoma. On choisira également une variété de précocité adaptée à la région, au type de sol et à la date de semis". Grizzly, Expert, Banjo, Aviso, Savannah… sont les variétés les plus communes en Bretagne.
Début septembre
"La date de semis idéale se situe entre la fin août et le 15 septembre. Le sol doit être bien fissuré en profondeur avec de la terre fine en surface et des mottes à 2-5cm. L'optimum de profondeur lors d'un semis en sol sec est de 2 cm. Le maxi dans un sol sec sera de 4 cm", poursuit Jean-Jacques Baudet. Le sol peut être roulé avant semis, il n'est pas recommandé de le faire après, notamment en sol battant. On peut semer par temps sec plutôt que d'attendre la pluie.
Le pivot du colza est sensible aux zones compactées. Un enracinement limité conduit à s'exposer aux aléas climatiques du printemps. Le pivot doit atteindre 15 cm à l'entrée de l'hiver. Un pivot coudé ou fourchu réduira la capacité d'absorption d'azote, la croissance de la culture et augmentera la sensibilité aux maladies et aux ravageurs, ce qui aura un impact sur le rendement final. Un suivi de 100 parcelles à Issoudun (Cher) a montré un écart de rendement de 5 q/ha entre des colzas ayant moins de 10 cm de pivot et d'autres à plus de 15 cm. Si le sol est compacté sur une profondeur inférieure à 15 cm, le passage d'un outil à dents suffira. Pour une compaction au-delà de 15 cm, le passage d'un décompacteur peut être nécessaire.
Ne pas semer
trop dense
"La maîtrise de la densité du colza permet de diminuer les risques d'élongation et de favoriser un diamètre du collet plus important (par rapport au phoma). En maîtrisant la densité, on augmente également le potentiel de ramification et donc le nombre de siliques (objectif de 8 000 par m2), on évite aussi le risque de verse", déclare J.J. Baudet. Une faible densité, c'est aussi un coût de semences réduit. Ne pas semer dense est particulièrement important, s'il y a apport d'effluents d'élevage, les plantes les plus vigoureuses absorbent plus d'azote et le diamètre de leur collet augmente, générant une meilleure tolérance à la nécrose du collet et au risque de verse de printemps.
On adaptera donc la densité au potentiel variétal. Pour les variétés lignées, on sèmera 50 graines/m2, pour avoir 35 à 40 plantes/m2 en sortie hiver. Et pour les variétés hybrides, un semis de 30 à 40 graines/m2 permet d'avoir 25 à 30 plantes par m2 en sortie hiver. On ne dépassera pas 15 plantes par mètre linéaire pour éviter les risques de verse.
"Que l'écartement entre rangs soit de 17 cm ou de 35 cm, il n'y a pas d'écart de rendement. Lors d'un semis avec grand écartement, on ne dépassera pas 12 graines par m. linéaire et on privilégiera un hybride au potentiel de ramification accru". Il faut être vigilant au PMG (poids de mille grains) qui peut varier de 3 à 6. Pour un PMG de 4, la dose de semences/ha est de 1,4 kg pour une densité de 35 plantes/m2. Avec 2 kg, on atteint 50 plantes/m2.
La réussite du colza repose en grande partie sur les choix effectués lors de l'implantation de la culture à l'automne : un travail du sol permettant au pivot de bien descendre, un semis précoce et une faible densité de semis.

Patrick Bégos

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Date de l'article : semaine du N° du 8 au 14 Juillet 2006
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Musée de l’école rurale de Trégarvan (29) / Au porte-plume et à l’encre violette





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