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Dans les zones d'élevage, le colza d'hiver est une opportunité pour valoriser les effluents, grâce à la longueur de son cycle et au pouvoir d'absorption d'azote à l'automne. C'est l'une des rares plantes, avec les prairies, à permettre les épandages de fin d'été, notamment de lisiers mais également de fumier de volailles ou de bovins", explique André Merrien, du Cetiom. On peut lui apporter 50 à 80 unités d'azote organique efficace jusqu'à la mi-septembre, ce qui permet ainsi de résorber les stocks avant l'hiver. L'apport se fait généralement avant semis.
Les gros colzas, qui ont déjà absorbé beaucoup d'azote à l'automne, auront moins besoin d'azote au printemps, pour un même rendement. L'estimation de l'azote réellement absorbé par le colza en fin d'hiver n'est pas facile. Un coup de froid ou un temps sec peuvent réduire l'absorption.
La réglette azote
"L'usage de la réglette azote, avec pesée de la matière verte à l'entrée et à la sortie de l'hiver, est le moyen le plus simple pour mesurer l'azote absorbé", poursuit A. Merrien. On délimite 4 placettes de 0,25 m2 dans la parcelle, on coupe les colzas au niveau du collet et on pèse l'ensemble. Il faut ensuite déterminer l'objectif de rendement de la parcelle, qui peut-être, par exemple, le rendement moyen des 5 dernières années, en retirant la meilleure et la plus mauvaise année. Sur la réglette, il suffit d'afficher le poids de colza frais en kg/m2 et le rendement moyen visé. La dose indiquée par la réglette donne la dose d'azote à apporter au printemps.
Dans les sols profonds et riches, la fertilisation de printemps est généralement inutile à partir de 125 unités absorbées en sortie d'hiver, sous risque d'augmenter les risques de verse. Si la dose d'azote nécessaire au printemps est supérieure à 100 unités, on a intérêt à la fractionner en 2 apports, l'un à la reprise de la végétation, l'autre 1 mois plus tard.
Fractionner
les apports
"Tout excès d'azote occasionnera une perte économique et aura un impact négatif sur l'environnement. Il conduira, généralement, à une baisse de rendement liée à une augmentation de la sensibilité à la verse et au développement des maladies. Il peut engendrer un reliquat azoté élevé après la récolte et un risque de lessivage dans la culture qui suit. Le fractionnement des apports améliore l'efficacité de l'azote", souligne André Merrien.
Il y a peu d'exportations de potasse, car le colza en restitue la plus grosse part. Il en est de même pour le phosphore, le colza restituant la moitié de ce qu'il absorbe. Les apports de fumiers et lisiers couvrent généralement les besoins. Les besoins en soufre sont importants en cours de montaison. Plus l'hiver est pluvieux, plus le soufre est lessivé. Il ne faut pas en apporter systématiquement. Les fumiers et lisiers en contiennent suffisamment. Quand la parcelle est filtrante, et qu'il n'y a pas eu de déjections animales, on apportera 70 à 90 unités de soufre (SO3) en début de montaison, pour compenser les 2 unités par quintal exporté.
Patrick Bégos
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