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Coopérer pour durer", tel était le thème central de l'assemblée de la Fédération départementale des Cuma cette année au Lycée de Kerlebost.
Dans son rapport d'orientation, le président Michel Le Roch rappelait que "la démarche de groupe reste un moyen pour les agriculteurs de conforter l'assise économique et humaine de leur exploitation". Mais, il reconnaît aussi que "dans bon nombre de Cuma, il règne un sentiment d'inquiétude quant à leur évolution dans les années à venir". Il est évident que les départs en retraite et les restructurations qui s'en suivent ne seront pas sans conséquences sur les Cuma : "Nous allons devoir nous adapter et entendre les évolutions des exploitations. Le réseau va devoir évoluer depuis le niveau local jusqu'à l'échelon national".
Au plan local, le président invite les adhérents à regarder au-delà de leur propre Cuma : "Trop souvent la réflexion face aux difficultés d'organisation ou de rentabilité des matériels reste interne à la Cuma alors que des solutions existent à l'échelle d'un territoire un peu plus vaste". Pour cela, il souhaite une approche plus offensive de l'animation de proximité, avec un accompagnement plus soutenu.
Régionalisation
Le souci de proximité au niveau de l'animation n'empêche pas un regroupement de moyens, que ce soit pour des tâches administratives ou pour des équipes d'animation.
Ainsi, 9 FDCuma de l'ouest ont créé une Association de Gestion et de Comptabilité (AGC), pour conserver la maîtrise de l'activité comptable dans le réseau des Cuma. C'est en fait l'évolution de la profession comptable qui a imposé cette évolution pour respecter la loi. En pratique, cela ne changera pas grand-chose pour les Cuma qui conserveront les mêmes comptables.
Plus important est sans doute le projet de création d'une FRCuma Bretagne, sans embauche supplémentaire mais avec une mutualisation des compétences. Jusqu'à présent il existait seulement une FRCuma Ouest, sans doute un peu loin des adhérents.
Le souhait commun des 4 FDCuma bretonnes de se regrouper devrait permettre à chaque département de gagner en efficacité et de partager des compétences. En pratique, les équipes d'animation seront réunies dans une équipe régionale, les équipes de salariés restant dans les départements. Cet échelon régional "devra développer des projets communs, dans un souci de cohérence et d'économie de moyens". Il devrait aussi permettre d'avoir un poids "politique" plus important.
Stabilité des investissements et de l'emploi
S'il faut toujours anticiper l'avenir, les décisions ne sont pas imposées par l'urgence si l'on en juge par l'activité des Cuma du département l'an dernier. Deux nouvelles Cuma ont été créées en 2005, une à Quelneuc (Cuma du Houx) et une autre à Maure de Bretagne (Cuma Triptolème). Dans le même temps, une a été dissoute à Melrand. Ces évolutions portent à 183 le nombre de Cuma actives sur le Morbihan.
Le niveau d'investissement est également resté à un niveau élevé avec 6,30 millions d'euros, dans la bonne moyenne des dernières années. On note en particulier le renouvellement de bon nombre de moissonneuses et d'ensileuses ainsi qu'un premier achat d'un pulvérisateur automoteur et d'une troisième désileuse automotrice. On note aussi l'arrivée de presses à huile à la Cuma "Terre d'énergies”. On peut y rajouter au plan régional l'achat d'une déchiqueteuse à bois monté sur ensileuse et qui, après bien des difficultés, est maintenant fonctionnelle.
Au plan de l'emploi, l'année passée a été stable. Les Cuma employant des salariés permanents sont 55 pour 84 salariés équivalents temps plein (CDI + CDD longue durée).
Sur ce plan, la FDCuma est plutôt pessimiste du fait des départs en retraite d'adhérents et de l'achat de matériels de plus en plus performant. Mais peut-être est-elle trop pessimiste dans la mesure où il existe encore un gros potentiel, en particulier auprès des jeunes qui s'installent. Encore faut-il les convaincre. La FDCuma s'y emploie, en particulier en réalisant des diagnostics de mécanisation pour comparer les coûts de différentes stratégies d'investissement ou de délégation de travaux, en prenant en compte également la quantité de travail.
POUR EN SAVOIR +
Le nombre de Cuma actives en Morbihan est de 183, avec 2 créations et une dissolution l'an dernier. Elles emploient 84 salariés.
Les investissements l'an dernier ont porté sur 6,30 millions d'euros, financés en quasi-totalité en prêts non bonifiés, les bonifications étant de peu d'intérêt. 220 matériels ont été achetés.
Les diagnostics de charges de mécanisation ont été de 50 l'an dernier. Cette année, le nombre devrait très sensiblement augmenter.
Les subventions départementales et régionales pour les équipements "environnementaux" n'ont été que de 36 500 euros en 2005. Les broyeurs d'accotements se sont rajoutés à la liste subventionnable.
De nombreuses démonstrations de matériels ont été réalisées l'an dernier par les Cuma, en particulier dans le domaine de la protection de l'environnement et des énergies renouvelables (huiles et tourteaux).
Jean Louis Le Rest
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