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Faire du marketing, distribuer partout en France, exporter, innover, voilà quelques pistes de travail proposées par Andrew Cookson du Cabinet Gira spécialisé dans l'agroalimentaire aux délégués du Cergiv réunis en assemblée générale. Il leur fait remarquer que les agriculteurs bretons ont leur part de responsabilité dans les orientations de l'agroalimentaire car ils en sont les propriétaires au travers de leurs coopératives.
Les temps ont changé. Le consommateur d'aujourd'hui est plus vieux, plus individualiste, plus riche. Il cherche le plaisir, la santé, la facilité. S'il y a de la place pour les produits de qualité, le hard discount va progresser avec comme argument essentiel le prix. Comment est situé l'agroalimentaire régional face à ces tendances ? Pour l'intervenant, "la concentration est essentielle pour avoir suffisamment de puissance sur le marché. Il est illusoire de croire qu'on peut se débrouiller seul. Alors, il ne faut pas attendre pour se restructurer". Il suffit de regarder la taille de quelques groupes danois ou néerlandais pour s'en convaincre. La Bretagne est vulnérable. Plus direct, Andrew Cookson "ne voit pas la relève dans l'agroalimentaire régional. Les dirigeants actuels ont réussi dans un autre monde et sont convaincus que les recettes du passé sont encore bonnes".
La consommation
va augmenter
Alors il faut exploiter les atouts existants et avoir conscience des grandes tendances qui se dessinent. Pour le lait, la consommation européenne stagne alors qu'elle va augmenter en Asie avec l'accroissement du pouvoir d'achat. Ce n'est pas pour autant qu'il va être facile d'exporter : les pays concernés vont augmenter leur production et iront s'approvisionner en Océanie ou en Amérique du Sud pour des questions de prix. Même tendance pour la viande.
Le Brésil est et va être le pays à surveiller. Il a raflé presque tous les marchés export du poulet. Il peut produire plus de porc, de viande bovine, surtout si l'Europe, un marché solvable, ouvre plus largement ses frontières. Pour l'intervenant, la France n'a pas d'avenir à l'exportation face à ce géant. Cependant une position dominante risque d'avoir pour conséquence une réévaluation de la monnaie brésilienne avec une augmentation des prix. Et certains pays comme la Russie ont bien compris qu'il ne fallait pas dépendre d'un seul pays pour son alimentation, ils relancent leur propre production. Les Européens feraient bien de s'en souvenir avant d'affaiblir leur agriculture.
Revenus 2005 à la hausse
Si le nombre de dossiers agricoles se maintient, le Cergiv a augmenté en 2005 son nombre d'adhérents en allant les chercher chez les artisans, commerçants et dans le domaine des services. D'ailleurs, les prestations proposées chez ces derniers rejoignent celles qui sont développées pour les agriculteurs. Au chapitre des évolutions, la réforme de la profession comptable va avoir pour conséquence la mise en place de deux structures, l'une réalisant les prestations de comptabilité et de gestion, l'autre assurant la partie "agrément" en lien avec les abattements fiscaux.
Les observations du Cergiv font apparaître que l'exploitation moyenne compte 57 ha, soit un de plus que l'année dernière. Sur le plan de la main-d'oeuvre, on assiste à une augmentation des exploitations avec un UTH et aussi avec plus de 2 UTH (sociétés). Celles qui fonctionnent avec un couple régressent.
L'année 2005 a été meilleure au niveau du revenu avec 15400 euros par UTH après deux années faibles. La moyenne reste nettement au-dessous de 1,5 smic net. Les marges ont baissé de 10 à 15 % pour les céréales à paille. Les résultats en lait ont progressé grâce à l'aide laitière et à une conjoncture favorable de la viande bovine. Le prix d'équilibre a été de 295 euros pour 1000 litres et le prix de vente de 302 euros C'est également mieux pour les éleveurs allaitants et surtout pour les producteurs de porcs. Chez ces derniers, le prix d'équilibre s'est établi à 1,25 euro/kg net pour un prix de vente de 1,33. Comme dans le passé, les écarts sont très importants entre les éleveurs et ce, quelle que soit la production.
Paul Chauvin
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