Actualités agricoles Paysan Breton en Bretagne, Côtes d'Armor, Finistère, Ille-et-Vilaine, Morbihan
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Côtes d'Armor (22)
L’ARMORIQUE : La libéralisation des marchés va s'accélérer, la filière porc devra s'adapter rapidement
 
Guillaume Roué, président d'Inaporc était l'invité de l'assemblée générale de l'Armorique vendredi 23 juin à Pontivy. Outre le fait de revenir sur les principaux problèmes d'actualité comme la nouvelle équation ou le dossier équarrissage, il s'est surtout attaché a donner son sentiment sur sa vision de l'avenir de la filière porcine en Bretagne.
Marges insuffisantes
Sa première interrogation est sur la dimension des outils. La Bretagne ne lui paraît pas très bien armée face à des groupes européens ou mondiaux qui font 22 ou 23 millions de porcs, alors que les entreprises régionales se situent entre 1 et 3 millions. Il cite Danish Crown pour le Danemark, ou Vion – regroupement de 3 entreprises allemandes et de 2 néerlandaises. Une dimension économique également insuffisante face à des clients de la distribution de plus en plus regroupés. Un brin provocateur, il déclare "qu'à l'échelle européenne ou mondiale un abattoir un million de porcs va devenir rapidement un charcutier de canton".
Guillaume Roué, président d'un conseil de surveillance d'un abattoir (Gad), estime par ailleurs que la situation est d'autant plus alarmante que la plupart des outils d'abattage/découpe n'arrivent plus à dégager suffisamment de marges. Il explique les difficultés du secteur par un manque de croissance qui permettait auparavant de dégager de la marge au travers notamment de la progression des volumes.
"Ce manque de rentabilité conduit à une situation conflictuelle entre les secteurs de la production et de l'abattage/découpe, notamment au moment de la fixation du prix". L'année 2005, avec notamment la mise en place de la plateforme de vente en a été l'illustration. Ce climat jugé détestable nécessite une réflexion rapide. "Les partenaires de la filière seront appelés à des regroupements afin de mieux vendre et donc améliorer leurs marges. Sinon des outils vont s'effondrer et les restructurations se feront à marche forcée".
Réflexion commune
La Bretagne jouit d'une situation particulière avec une certaine diversité par rapport à d'autres bassins. Ce qui a pu être à un certain moment comme un atout pourrait donc devenir rapidement un handicap. "Il nous faut réfléchir à notre avenir en commun. Et avoir avec les outils d'aval des relations de fournisseurs à clients et d'actionnaires". Il réfute le système danois qui fait qu'en étant propriétaires de leurs outils, les éleveurs ont trop délégué et ne les maîtrisent plus. Hostile à la conception même du prix d'acompte, il préfère un prix ferme et une participation aux bénéfices.
Guillaume Roué appelle les éleveurs et leurs responsables à être proactif pour éviter d'agir sous la contrainte comme dans les années 1980. Les difficultés financières de certains outils avaient alors conduit certains groupements à s'investir dans l'aval. "L'immobilisme est la pire des choses. Il vaut donc mieux anticiper dans un secteur en constante évolution".
Un débat sur l'avenir de la filière régionale qui intervient aussi dans un contexte de libéralisation des échanges. Guillaume Roué nourrit les plus grandes craintes sur les conséquences d'un accord à l'OMC. "Le risque est de se faire noyer". Avec une plus grande ouverture des marchés, les producteurs des pays qui affichent les prix les plus bas auront tout intérêt à venir sur les marchés européens. "Les marchés qui payent le mieux et les plus solvables". Il craint de fait que le marché européen soit vite envahi. Et rejette les arguments de certains experts européens qui prétendent que 5 % d'importations en plus n'entraîneraient qu'une baisse de 7 % du prix. Il prédit plutôt 30 %.


L'Armorique en chiffres

- L'Armorique a commercialisé sur 2005, 1 000 000 de porcs issus pour 51 % des Côtes d'Armor, 45 % du Morbihan et 4 % des autres départements.
- 478 adhérents dont 57,38 % de Naisseurs-engraisseurs et 39,75 % d'engraisseurs.
- Différentes démarches qualité : Cochon de Bretagne -45 élevages-; Cochon de caractère -14 élevages-; Porc Maggiore -130 sites d'élevage-; Porc d'Armorique -50 élevages-; Label Rouge -8 élevages habilités et 10 en cours de référencement-.
- Les débouchés de l'Armorique : Bernard (48%), Abera (28%), Kermené (8%), Bigard (5%), Loudéac Viande
(4%) …
- Chiffre d'affaires : 127 millions d'euros.

Pierre Dénès

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Date de l'article : semaine du N° du 1 au 7 Juillet 2006
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