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En s'installant à Spézet en 1989, Régis Bernard a repris un poulailler à ventilation statique de 1 000 m2, datant de 1978 et construit un second bâtiment de 1 200 m2, de type Britannia (extraction par les 2 côtés). En 1998, il décide de rénover le plus ancien en le transformant en "Colorado" (extraction d'un seul côté). "Fermeture du lanterneau, isolation, étanchéité, pose de ventilateurs, régulation, j'ai tout remis aux normes pour obtenir un bâtiment, à ventilation dynamique, performant. J'ai aussi bétonné le sol pour diminuer le volume de paille et de fumier", explique l'éleveur.
Le passage en extraction latérale
Il a attendu 2003 pour rénover le second bâtiment. "Avec les entrées d'air par les deux côtés, il ne donnait pas satisfaction. La gestion de l'ambiance était difficile à régler, (largeur de 15,50 m)". Compte tenu du nombre de ventilateurs, le lavage et la désinfection demandaient du temps et les performances étaient moins bonnes.
La réflexion a pris un peu de temps. "Je voulais un bâtiment obscur qui puisse être polyvalent. J'ai choisi de passer en "Colorado" en ayant des trappes de forme incurvée, facilement réglables, à hauteur d'homme et équipées de capots extérieurs", poursuit Régis Bernard qui en a profité pour changer les silos, les réducteurs de pression, revoir les portails et portes et mettre en place une brumisation haute pression. Le montant total des investissements s'est élevé à 36 600 euros.
L'élevage produit du poulet "Princior"avec le Gaevol, associé au groupe Glon. Il s'agit de poulets de 50 à 51 jours, lourds (plus de 3 kg), élevés en sexes séparés et destinés à la découpe. Cette production nécessite un réglage très fin de l'ambiance. "Le premier lot de poulets "Princior", après rénovation, a donné un moins bon résultat. J'ai donc voulu revenir au poulet standard durant quelques mois pour bien prendre en main le bâtiment. Il a fallu chercher les bonnes vitesses d'air dans ce poulailler dont le volume est plus important".
Un gain
de 5,5 euros/m2
"Globalement, je passe autant de temps dans les poulaillers car je souhaite toujours améliorer le confort des animaux. En ayant remplacé les 30 radiants par des aérothermes, je vais plus vite dans la préparation du bâtiment, au démarrage. Le réglage de l'ambiance est plus facile et je suis moins stressé lors des coups de chaleur", estime l'éleveur.
Les résultats technico-économiques se sont améliorés dans le second poulailler (voir tableau). On peut évaluer le gain moyen de marge PA (Poussin-aliment) autour de 5,5 euros/m2/an, passant de 44,12 euros à 49,57 euros/m2/an. Cela représente au total 6 600 euros par an. "Trois critères permettent d'expliquer cet écart : une réduction de la mortalité : 0,74 % en 2005 contre 2,30 % en 2003, un gain sur le poids moyen fin de lot d'environ 40 g et une légère amélioration des indices de consommation", explique Nicolas Quéro, technicien Sanders.
Moins d'électricité
et de gaz
Au-delà de l'amélioration des résultats techniques, la rénovation a permis de réaliser quelques économies sur les charges. Le passage à une ventilation latérale (Colorado) a entraîné la suppression de 11 ventilateurs de 6 000 m3/h et la réduction de la facture d'électricité de 800 euros par an. La fermeture du lanterneau, l'amélioration de l'étanchéité et le remplacement des radiants par 2 aérothermes, ont réduit la facture de chauffage de 1 000 euros/an. L'éleveur économise également 200 à 300 euros par an sur la maintenance des radiants et 360 euros sur l'assurance.
Au total, l'amélioration des résultats et les économies de charges représentent plus de 8 300 euros, pour un remboursement (rénovation) de 5 600 euros/an. Le coût de la rénovation devrait donc s'amortir rapidement. Il reste malgré tout un écart de l'ordre de 100 g sur le poids des mâles entre les 2 poulaillers. "J'aimerais bien que le second poulailler atteigne le niveau du plus ancien", confie Régis Bernard. La litière pourrait être l'une des causes. Elle est constituée de 4 à 5 kg de paille broyée, dans le second poulailler, contre 1 cm de copeaux sur béton, dans le premier. Dorénavant, des copeaux seront utilisés partout et à l'avenir, peut-être d'autres produits de type granulés, en cours de mise au point.
"Quand le revenu dépend totalement de la production de volailles, on a une obligation de résultats". D'où la recherche permanente d'améliorations dans tous les postes. "Dans le contexte actuel, je préfère avoir des bâtiments performants et je n'attends pas la dernière limite pour réaliser les travaux", confie l'éleveur.
La lutte contre les coups de chaleur
La réflexion date de quelques années. Depuis 10 ans, une haie bocagère a été installée du côté de l'entrée d'air de chaque poulailler ainsi qu'une pelouse régulièrement tondue. Elles apportent de l'ombre et de la fraîcheur. Plus récemment en 2003-2004, les deux poulaillers ont été équipés de brumisation haute pression.
"L'association d'une capacité de ventilation optimale, d'un équipement de brumisation et d'une conduite cohérente des lots en période chaude permet de maintenir les performances en été et de diminuer le stress des éleveurs", résume Nicolas Quéro. "100 % du parc du Gaevol a une capacité de ventilation adaptée et 80 % est équipé de brumisation".
Patrick Bégos
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