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Protection de l'élevage contre les contaminations : Les barrières sanitaires efficaces sont à privilégier
 
Les récentes menaces de contamination des élevages de volailles par le virus H5N1 nous rappellent la nécessité des mesures de biosécurité, pour prévenir l'introduction ou le maintien d'agents pathogènes", explique Félix Mahé, du GDS avicole. La rénovation d'un bâtiment est l'occasion de repenser sa "capacité à la biosécurité" et d'essayer de l'améliorer. Les agents pathogènes peuvent, en effet, entrer par plusieurs voies : les poussins et l'aliment, les mouvements de personnes, le matériel, la litière, l'eau, les autres animaux, les véhicules. La protection des abords, par une bonne tenue des fossés et la présence de dalles bétonnées aux entrées, facilite la décontamination.
L'importance du sas
Pour les poussins et l'aliment, le fournisseur doit assurer la qualité sanitaire des produits livrés. "Pour les mouvements de personnes (éleveurs, salariés, visiteurs), le sas est la principale barrière sanitaire. Son aménagement dans un élevage avicole est indispensable car toute entrée constitue un risque de contamination par les chaussures, les vêtements, les cheveux, les mains ou tout matériel introduit dans le bâtiment", poursuit F. Mahé.
Le sas est une zone qui permet à toute personne pénétrant dans l'élevage de changer de tenue et de se laver les mains. Il est divisé en deux zones séparées par une cloison au sol : une zone extérieure (zone sale) et une zone d'élevage (zone propre) du côté de la salle d'élevage. Le sol doit être lavable. Le sas sera équipé d'un lavabo, de savon liquide, d'essuie-mains en papier, de poubelle et de porte-manteaux.
Simple et pratique
Pour être efficace, un sas doit être aménagé de manière simple et pratique. Quelques erreurs sont à éviter. "La séparation entre les zones doit être étanche, sinon, lors de l'ouverture de la salle d'élevage, le sas sanitaire est porté à la dépression du bâtiment, ce qui entraîne une aspiration des poussières de la zone extérieure du sas, sous la cloison, vers la salle d'élevage", souligne F. Mahé.
La difficulté de passage entre les deux zones rend parfois malaisé le changement de chaussures. Le dispositif du banc fermé à la base permet à toute personne de passer facilement cette zone. En s'asseyant sur le banc, la personne peut laisser ses chaussures dans la zone extérieure, passer ses jambes par-dessus le banc pour se retrouver dans la zone d'élevage du sas. La séparation entre les deux zones doit être mobile pour faciliter le lavage du sol. La tenue d'un registre sanitaire est utile pour permettre une traçabilité des entrées de personnes dans les bâtiments.
Les agents pathogènes peuvent être introduits par le matériel, la litière ou l'eau. Le matériel doit être décontaminé à l'entrée. La litière (paille, copeaux…) sera stockée à l'abri des contaminants et désinfectée à la mise en place. Le local doit être conçu de façon hermétique et dératisé pour éviter l'introduction de déjections d'oiseaux et de rongeurs. Quant aux animaux domestiques, leur accès au bâtiment doit être strictement proscrit et très limité pour les abords.
La maîtrise des populations de rongeurs est basée sur la mise en place d'une double barrière d'appâts protégeant les bâtiments et leurs annexes (stockage de litière et de déjections). La première barrière d'appâts est disposée à l'extérieur du bâtiment pour être consommée par les rongeurs venant de l'environnement (rats). La seconde barrière sera dans les locaux techniques et le sas sanitaire au cas où les rongeurs rentrent dans le bâtiment.
Les risques liés aux véhicules
Les camions d'équarissage et d'aliment arrivent plusieurs fois par lot. "L'équarissage représente le plus gros risque dans la diffusion des maladies, d'où l'intérêt de placer le bac à distance pour éviter la circulation du camion dans l'élevage. Le système de stockage, à température négative, a l'avantage d'apporter une diminution de la fréquence du passage du camion" souligne F. Mahé. Quant aux camions d'aliment, d'abattoir ou de couvoir, ils doivent être décontaminés sur leur lieu de départ.
Ces mesures de biosécurité paraissent rigoureuses. Leur application est indispensable pour maintenir l'élevage dans un bon statut sanitaire. La rénovation offre l'opportunité de compléter les installations et dans certains cas, de revoir les pratiques.

Patrick Bégos

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Date de l'article : semaine du N° du 1 au 7 Juillet 2006
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