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Jean-Paul Madec de Plogastel-St Germain (29) : un démarrage en double densité
 
L'exploitation de Jean-Paul Madec est composée de 4 bâtiments avicoles, représentant au total 3 750 m2, en production de dindes. C'est une exploitation spécialisée où la plus grosse part du revenu repose sur l'aviculture. Les résultats sont bien maîtrisés, la marge brute moyenne sur les trois dernières années est de 30 euros/m2.
Cet élevage comprend deux poulaillers, à ventilation statique, datant des années 1980 (25 ans). Deux autres sont plus récents (8 et 9 ans), ils sont bien isolés et équipés de turbines extérieures et d'une brumisation. "J'ai effectué quelques investissements de rénovation dans mes poulaillers notamment l'installation d'abreuvoirs de type Baravi et de mangeoires spéciales dindes, en 2004", explique Jean-Paul Madec.
Bande unique
Dans une conjoncture avicole perturbée, l'éleveur a analysé ses charges pour savoir à quel niveau, il pouvait agir pour maintenir la rentabilité globale. Sur les 2 dernières années, le coût du chauffage représentait 4,10 euros par m2/an sur un total de 12,60 euros de charges variables. "C'est la seule variable que je puisse compresser", estime J.P Madec. "La charge moyenne de gaz est plus élevée dans l'élevage que dans l'Enquête Chambres d'Agriculture (1,65 euro/m2/lot contre 1,57 euro), à cause des anciens bâtiments", déclare Christian Nicolas, conseiller avicole Chambre d'Agriculture 29. Avec une augmentation de 23 % du prix du gaz en l'espace de 18 mois, il fallait trouver une solution.
"Jusqu'en 2005, je démarrais mes lots de dindes progressivement avec un écart de 3 semaines entre poulaillers. Le passage en "bande unique" m'a permis de mieux cerner la consommation de gaz de chaque lot, alors qu'avant, la consommation était lissée sur l'année".
Les deux bâtiments de 25 ans ont leur coque d'origine. "Pour réduire la facture de chauffage, ils ont sans doute besoin de travaux de ré-isolation de la toiture, de réfection des pignons mais financièrement, c'est un gros morceau, difficilement réalisable tant que les deux bâtiments récents sont en remboursement", précise l'éleveur. Quant au matériel de chauffage, il a été changé en 1996 (radiants Infraconic).
Double densité
Ne pouvant effectuer les travaux de rénovation de ces anciens poulaillers, il a choisi une solution un peu plus risquée : le démarrage en double densité. Les 29 000 dindonneaux ont été démarrés dans les deux bâtiments récents (1750 m2) bien isolés puis dédoublés et transférés dans les autres poulaillers à 4 semaines. La densité était supérieure à 16 animaux/m2 durant les premières semaines contre 7,7 en moyenne.
Ce démarrage en double densité a été réalisé en prenant quelques précautions. La litière est uniquement à base de copeaux. Du matériel supplémentaire de démarrage a été rajouté : deux anciennes lignes de pipettes, des becquées.. Des cloisons, s'ouvrant facilement pour le paillage, ont été installées afin de bien séparer mâles et femelles.
Plus de surveillance
" Ce n'est pas une solution de facilité car la surveillance a été plus importante avec toujours l'inquiétude d'avoir une période froide", confie l'éleveur. Dès la première semaine, il a passé plus de temps à entretenir la litière, rajoutant quotidiennement des copeaux avec une petite remorque."Une telle densité peut entraîner une dégradation de la litière et des risques de lésion sur les coussinets plantaires, avec ensuite des boiteries", ajoute Christian Nicolas.
Le transfert d'un poulailler à l'autre a été réalisé à l'aide d'une caisse aménagée par l'exploitant, posée sur le relevage du tracteur. "Il a fallu 5 heures à deux pour transférer 8000 dindes (équivalent de 1 000 m2), en les poussant dans la caisse avec les barrières d'enlèvement", explique Jean-Paul Madec.
Les pertes d'animaux ont été identiques à celles des autres lots. Un peu de toux au départ et des dindonneaux un peu plus légers jusqu'à 4 semaines, puis, il y a eu compensation et le niveau de poids a été finalement comparable, en fin de lot.
L'économie de gaz peut être évaluée à 3 500 euros pour ce lot de dindes. "Le gain n'est pas négligeable, mais la technique est risquée au niveau sanitaire. Elle demande une très bonne maîtrise de l'ambiance, de la ventilation et de la litière, on n'est pas à l'abri d'un dérapage", estime J.P. Madec. "Le démarrage en double densité est sans doute plus facile à réussir en été, je recommencerai, à nouveau, à cette période de l'année".

Patrick Bégos

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Date de l'article : semaine du N° du 1 au 7 Juillet 2006
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