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La hausse du coût de l'énergie touche de plein fouet la production avicole. L'analyse de quelques données de l'Enquête avicole des Chambres d'Agriculture montre, en effet, le poids du coût du chauffage dans les charges variables. "En poulet standard, le gaz représente 30 % des charges variables, comme en dinde. En l'espace de 10 ans, le prix du gaz a augmenté de 65 % en euros courants et ces derniers mois, la tendance s'est encore accentuée", souligne Christian Nicolas, conseiller avicole à la Chambre d'Agriculture 29. À plus long terme, les tensions que l'on observe sur le marché international du gaz font que le mouvement risque de se poursuivre alors que, parallèlement, les marges PA sont en baisse.
Des marges de manoeuvre
Le chauffage est l'une des charges variables sur lesquelles l'éleveur peut agir. L'analyse approfondie de l'Enquête montre, en effet, que les consommations varient de 1 à 5 entre les élevages. Pour une consommation de 5,88 kg par m2/an en poulet, la fourchette passe d'un minimum de 2,18 kg/m2/an à un maxi de 10,78 kg. Le constat est quasi identique en dinde où la moyenne est de 7,12 kg/m2/an avec des extrêmes entre 3,15 et 13,46 kg.
"Dans un élevage avicole de 2 500 m2, la charge de chauffage avoisine 10 000 euros par an. Il existe des marges de manœuvre pour maintenir le niveau de cette charge (compte tenu de l'augmentation de prix) voire la réduire", estime Christian Nicolas. Plusieurs facteurs rentrent en ligne de compte. Les variations constatées dans l'évolution du prix de la tonne de gaz montrent que l'on peut négocier, à plus forte raison si la commande est collective.
Bâtiment et type de chauffage
Le type de bâtiment est également important. Une étude réalisée en 2005 dans 133 élevages dont les bâtiments ont moins de 20 ans montre des différences de consommation significatives entre les bâtiments à ventilation dynamique (extraction haute ou Colorado) dont la charge de gaz est en moyenne de 0,67 euro/m2/lot alors qu'en bâtiment statique, on se situe entre 0,77 et 0,80 euro.
Le type de chauffage influe également : en radiants régulables, la consommation est de 0,80 euro/m2/lot contre 0,60 euro dans un bâtiment équipé en aérothermes intérieurs. De gros écarts de consommation existent au sein d'une même production de volailles. "L'étanchéité, l'isolation, le volume du bâtiment, le matériel de chauffage utilisé sont autant de critères essentiels dans la maîtrise de cette charge. L'éleveur, par sa technicité, par la justesse des réglages et sa maîtrise du couple chauffage-ventilation, joue également un rôle important", déclare C. Nicolas.
Patrick Bégos
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