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Cette fois, ce ne sont pas les producteurs qui sont allés à la DDAF mais le directeur départemental Philippe Charetton, accompagné de ses collaborateurs (Muriel Ghestem et Jean Marie Drouet) qui sont allés sur la ferme en maraîchage bio de la SCEA de Kerbourhis à Sulniac. Ils ont visité l'exploitation et surtout écouté le président du Gab (René Kermagoret) et quelques autres producteurs.
Une visite prévue depuis l'arrivée du directeur sur le département qui, bien qu'ayant déjà une bonne connaissance de la problématique bio, souhaitait rencontrer les producteurs pour qu'ils lui fassent part des problèmes qu'ils rencontrent. Et pour cela, rien de tel que le terrain pour échanger. Les producteurs n'attendaient évidemment pas de réponses immédiates, mais ils ont apprécié la démarche.
La production ne suit pas la consommation
"La consommation de produits bio continue à progresser régulièrement, rappelait le président, René Kermagoret. Mais, pour plusieurs produits, la production ne suit pas".
La consommation augmenterait sous diverses formes. Par la vente directe bien sûr auprès des particuliers, mais aussi dans les magasins spécialisés (Biocoop) et les grandes surfaces. Et surtout, la restauration collective progresse rapidement. Dans le Morbihan, c'est particulièrement vrai pour la région de Lorient qui à elle seule représenterait 90% du département et 10% de la France.
Pourtant, pour le président du Gab, le moral des producteurs n'est pas au beau fixe partout. Si la vente directe permet d'avoir en général des marges intéressantes, certaines filières ont des difficultés. C'est le cas par exemple pour les céréales ou le lait depuis quelques années. Sur 2006, cela semble aller un peu mieux puisqu'il n'y aurait plus que 20% du lait bio à être vendu en conventionnel et pour les céréales, de nouvelles filières sont en cours de mise en place en Bretagne.
Les viandes également posent problème au niveau de la production. À tel point que BVB (Bretagne viande bio) s'inquiète de la pénurie probable en bovins, porcs et agneaux. Cette pénurie est liée à la progression de la consommation mais aussi aux difficultés de production ou simplement à des cessations d'activités, mal compensées par les installations.
Des doléances
Si la production ne suit pas, c'est très certainement qu'il y a des freins. Ainsi, après une période assez faste pour les installations, le nombre d'exploitations en bio tend à stagner.
La rentabilité et le financement parfois frileux des banques pour certains projets sont certainement en cause, mais aussi la difficulté d'accompagnement des nouveaux installés d'autant que beaucoup de projets sont portés par des personnes qui viennent d"ailleurs et non plus des reconversion d'agriculture conventionnelle. Sur ce plan, le Gab souhaite sa reconnaissance comme interlocuteur privilégié et l'accompagnement financier pour les actions de parrainage.
Parmi les grandes préoccupations actuelles, il y a aussi bien sûr la probable modification européenne du cahier des charges pour lequel les producteurs bretons ne veulent pas d'assouplissement et encore moins de laxisme. Et aussi toujours et encore le problème des OGM.
La recherche n'est pas non plus un problème nouveau et elle avance peu en bio, ce qui oblige les producteurs à faire leurs propres expérimentations, parfois à leurs dépens.
Enfin, les producteurs bio réclament une "rémunération de reconnaissance" pour les bénéfices sociaux et environnementaux apportés par l'agriculture biologique. Une reconnaissance (financière) d'autant plus justifiée qu'ils sont pratiquement tous très largement pénalisés au niveau des DPU.
Ce sont tous ces points et bien d'autres encore que les producteurs ont voulu aborder avec les représentants de l'Administration.
Jean Louis Le Rest
La Bio dans le Morbihan
Le Morbihan compte environ 200 fermes bio, chiffre relativement stable depuis quelques années. En 2004, il y en avait 915 en Bretagne. Les fermes laitières (une soixantaine) sont les plus nombreuses, suivies du maraîchage et légumes.
Entre 2000 et 2005, 32 installations ont été comptabilisées par le GAB, dont seulement 19 avec les aides. Sur les 32, 10 ont été en maraîchage et 8 en lait. Sur les 32, 4 ont arrêté (dont 3 aidés).
Cette année, une dizaine d'installations devraient se concrétiser, dont au moins 7 en maraîchage ou plantes médicinales
Les légumes et produits maraîchers sont essentiellement vendus en circuits courts alors que le lait va en laiteries pour 98%.
Les repas bio servis en restauration collective en 2005 ont été de 260 000 (au moins 2 ingrédients bio) dont 165 000 repas 100% bio.
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