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Ille et Vilaine (35)
Fusion, copropriété, échange de matériels…: Problèmes et solutions des Cuma
 
Satisfaire les besoins des adhérents à un coût acceptable dans un contexte de baisse du nombre d'agriculteurs, tels sont les défis qui se posent aux Cuma. Plusieurs réponses sont possibles. Le débat qui a suivi l'assemblée de la Fédération des Cuma d'Ille-et-Vilaine en a mis quelques-unes en avant. Mais pour cela, les Cuma doivent se connaître, se rencontrer.
Que faire quand on a 150 ha à ensiler et une machine en mauvais état ? Ou encore 450 ha avec deux machines dont l'une ne donne pas satisfaction ? Après discussion, les Cuma de Saint-M'Hervé et de Rannée ont décidé d'acheter en copropriété une nouvelle ensileuse. Une autre solution aura pu être l'achat par une Cuma avec fourniture d'une prestation à l'autre. La formule n'a pas été retenue. La machine est conduite par un chauffeur dans chaque Cuma, les frais sont régularisés en fonction des hectares. "Il faut se faire confiance", note l'un des responsables. Et s'il n'y a pas de baisse des coûts, la distance (40 Km) fait que les plannings sont légèrement décalés, ce qui assure une garantie supplémentaire.
La Cuma de Saint-Glen dans les Côtes-d'Armor, une zone tardive, pratique l'échange d'une moissonneuse avec une Cuma située au sud de Nantes. Les plannings ne se chevauchent pas. "Pas évident à mettre en oeuvre, reconnaît son président. Différence dans la facturation (heure et hectare), qui peut conduire ? Obligation de recourir à un transporteur…". Le système fonctionne et permet de viser un coût de 105 euros/ha. "Il n'y a pas de mystère, il faut de la surface. Alors, il ne faut pas être frileux et aller vers les autres". La Cuma a aussi un autre projet du même type avec une ensileuse, mais la Cuma partenaire n'est pas prête (annuités en cours). C'est une difficulté que l'on retrouve souvent.
Jusqu'à la fusion
Il arrive aussi que l'ensileuse se déplace avec son chauffeur. Par exemple de Piré à Mellé. Les trois semaines de décalage permettent ainsi à la machine d'avaler 5 à 600 ha. Le déplacement n'apparaît pas être une contrainte pour le salarié, il loge dans une caravane pour être autonome, mais a parfois des trous dans l'emploi du temps. Détail : les semis de blé ont parfois commencé à Piré alors que l'ensilage n'est pas terminé plus au nord.
S'adapter aux besoins prend aussi d'autres formes. À Iffendic, la Cuma qui a déjà un salarié va en recruter un autre qu'elle partagera avec deux autres Cuma qui ont des besoins de main-d'?uvre. La réflexion a duré un an pour déterminer les besoins, le travail confié, les modes de fonctionnement à mettre en place (un responsable du salarié par Cuma, mais pas de nouvelle structure). "Ne pas se précipiter, se concerter, prendre en compte les habitudes de chacun", conseille Michel Barbé de la Cuma d'Iffendic. La fusion n'est pas à l'ordre du jour.
C'est pourtant la formule retenue par quatre Cuma de la région de Combourg. La perte d'adhérents a constitué un avertissement. Comment préserver les services ? Il a été question de prestations de services, mais sans suite. Curieusement la discussion à plusieurs Cuma a permis d'avancer sur la voie de la fusion. La proximité a été conservée car l'aire géographique est large. Il a fallu harmoniser les tarifs et si possible les baisser, se séparer de matériels en double, avec l'objectif de développer l'activité globale. "Il faut y croire, la fusion n'est pas impossible", affirme Loïc Petitpas le président. Alors si l'on veut bien se parler et s'écouter, il y a de multiples solutions.

Paul Chauvin



La vie des Cuma au long de l'année

209 Cuma sont adhérentes à la Fédération départementale, 2 ont été créées en 2005. La dernière assemblée générale a permis de revenir sur quelques sujets. Ainsi la loi d'orientation agricole permet aux Cuma de compléter l'horaire de leurs salariés avec un emploi chez des adhérents. C'est une avancée. Les Cuma réfléchissent aussi à un projet breton avec une identification des compétences existantes. Des liens existent déjà avec les Côtes-d'Armor.

La Fédération se veut aussi en pointe dans des domaines comme l'énergie avec la mise en service prochaine d'une presse à huile mobile utilisant du colza avec la Cuma Innov35. Le Conseil général qui étudie la faisabilité de faire tourner son parc au biodiésel pourrait être un partenaire des Cuma dans ce domaine. La Fédération suit aussi le bois énergie, les couverts végétaux, le diagnostic des pulvérisateurs, intervient sur les bassins versants, dans les Cuma en qualité de conseil. Elle participe aux discussions sur les questions relatives à l'emploi et anime bien entendu le réseau des Cuma.

Par ailleurs, il reste un peu plus d'un an aux Cuma du département pour mettre sur pied le prochain Safir. Les dates n'ont pas encore été dévoilées, mais le lieu sera le secteur de Saint-Brice-en-Cogles. "Il constitue un événement incontournable, un salon qui doit offrir des pistes innovantes", note Jean-Yves Trubert dans le rapport d'orientation.

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Date de l'article : semaine du N° du 17 au 23 Juin 2006
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