Actualités agricoles Paysan Breton en Bretagne, Côtes d'Armor, Finistère, Ille-et-Vilaine, Morbihan
Sommaire | " DOSSIERS " | Porcs | Article n°6340 |
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Jérôme Lucas, 280 truies, à Plénée-Jugon (22) : L'organisation, facteur de rentabilité
 
Jérôme Lucas, 33 ans, et sa salariée, Sylviane Bazin s'occupent d'un élevage de 280 truies naisseur engraisseur sur la commune de Plénée-Jugon dans les Côtes d'Armor (adhérent Poraven). La moitié des porcs est engraissée en façonnage. Quand J. Lucas s'est installé en novembre 2001 (après un tiers), l'élevage fonctionnait en 10 bandes de 28 truies. Après 6 mois, il opte pour une conduite à 4 bandes de 70 truies pour "casser le cycle sanitaire" (problèmes de Map liés à une surcharge en post-sevrage).
Ce choix est remis en cause le jour où son salarié de l'époque part s'installer à son compte. "Il y avait trois semaines où la charge de travail était beaucoup plus importante : sevrages, saillies, mises bas et deux semaines plus tranquilles. Cette conduite était aussi plus délicate sur le plan technique du fait de la distance entre les bandes", précise l'éleveur. Les difficultés pour trouver un nouveau salarié s'adaptant à ce système le poussent à mettre en place, fin 2005, une conduite en 20 bandes de 14 truies. Sylviane Bazin, la salariée actuelle, est recrutée début 2006. Elle gère les maternités et les post-sevrages.
La nouvelle conduite amène une organisation à la semaine. Le lundi, c'est le jour des inséminations et des transferts post-sevrage / engraissement. Le mardi, l'éleveur réalise le reste des inséminations. Le mercredi, les sevrages sont suivis des lavages en maternité. Les premières mises bas commencent et se poursuivent le jeudi. Le lavage des salles d'engraissement se passe aussi le jeudi, tout comme le départ des charcutiers. Le vendredi, les soins aux porcelets et l'entrée des truies en maternité ont lieu. Le samedi et le dimanche, seules l'alimentation et la détection des chaleurs sont réalisées.
Des salles regroupées
Dans le but de limiter les allers-retours inutiles et améliorer le sanitaire, les salles sont regroupées selon le stade d'élevage (maternité, post-sevrage, gestantes et engraissement). Et chaque groupe dispose de son propre local technique (labo) avec les produits vétérinaires et le matériel nécessaires. Cela demande une gestion plus attentive des stocks et l'achat de plus petits conditionnements, mais l'organisation est largement améliorée.
Egalement pour mieux gérer le sanitaire, J. Lucas et S. Bazin ont chacun quatre tenues différentes (bottes ou chaussures, combinaisons) pour chaque type de locaux, différenciées par des couleurs distinctes (rouge, gris, vert et bleu). "Cela implique une bonne organisation de sa journée de travail". Et les locaux sont moins salis quand on arrive de l'extérieur avec de la boue par exemple.
Les couloirs des bâtiments ont été réorganisés (certains agrandis) et équipés de jeux de barrières pour faciliter les transferts d'animaux. Autre gain de temps : les éleveurs notent les consignes, les opérations effectuées ou à faire… dans chaque salle de l'élevage. "En maternité, la fiche résumant la carrière de la truie est accrochée au-dessus de chaque case. La date de mise bas, le nombre de porcelets effectivement sous la mère et les soins éventuels sont saisis sur une ardoise".
Un système de pinces à linge permet aussi aux éleveurs une meilleure organisation. Et des fenêtres (lavées…) sur les portes favorisent la surveillance. Autre truc pour gagner du temps : à l'heure des soins aux porcelets, les éleveurs les rassemblent dans des sortes de "nids", confectionnés par J. Lucas (bidons de 220 litres coupés en deux).
Pour les lavages, l'élevage est équipé d'une distribution centralisée avec une pompe haute pression et des vannes réparties dans les salles pour fixer la lance. Il n'y a pas de tuyaux, pas de gros matériel à déplacer. Une chaudière au fioul permet de chauffer l'eau. "J'utilise de l'eau chaude pour les lavages en maternité et post-sevrage où l'efficacité du lavage est plus importante." Par ailleurs, les matériaux utilisés en maternité et post-sevrage sont faciles à nettoyer : sols en caillebotis plastique et fils ou fonte, séparation en PVC, nourrisseurs en inox. Des caillebotis dans les couloirs rendent aussi le nettoyage plus aisé.
L'alimentation se fait en soupe sauf pour les maternités et les post-sevrages qui sont passés en sec en 2004. Une chaîne d'alimentation (avec doseurs en maternité) et une distribution automatisée d'eau (avec électrovannes individuelles) ont été mises en place. En gestantes, le nombre d'animaux par auge de soupe a été passé à quatre : ce qui permet de réduire les réallotements.
Côté reproduction, J. Lucas n'a pas conservé le prélèvement à la ferme, méthode que ses prédécesseurs utilisaient. Il travaille en totalité avec le CIA. Les transferts en gestantes sont fortement limités. Les sols de quarantaine ont été passés sur caillebotis. Auparavant, la litière paillée imposait une heure de travail supplémentaire à l'éleveur tous les trois jours.
Salarié pendant 10 ans
10 années de salariat dans trois élevages fonctionnant avec des techniques différentes ont sans doute aidé J. Lucas à bâtir cette excellente organisation. Elle lui permet aujourd'hui de proposer un travail constant de 35 heures par semaine à sa salariée, qui effectue un week-end de garde sur trois. En ce qui le concerne, il se donne pour objectifs de commencer à 7 heures le matin et de terminer à 18 heures le soir. Il habite à 30 minutes de l'élevage. Notons que les résultats techniques sont au rendez-vous malgré les évolutions en cours.
Le confort de travail fait aussi partie des priorités de l'éleveur qui a aménagé un bureau et des locaux sanitaires propres (douches). Il fournit et lave les tenues de travail. "Je suis toujours bien tombé comme salarié. Je souhaite que le travail dans mon entreprise se fasse aussi dans de bonnes conditions". Des attentions qui permettent par ailleurs de fidéliser les salariés.

Agnès Cussonneau


L'EARL du Rocher en bref

- 2 UTH
- 280 truies NE avec la moitié des porcs engraissés en façonnage.
- Sevrage à 21 jours. Passage direct du post-sevrage (6 à 32 kg) à l'engraissement.
- Porcelets sevrés/truie productive/an : 28,6
- Porcs vendus/truie présente/an : 20,6
- Taux de perte sevrage-vente : 6,7
- Coût alimentaire : 0,493
- IC global (y compris porcheries extérieures) : 3,02 – IC 8-30 kg : 1,81 – IC 30-115 kg : 2,91.
- Une station de traitement biologique simple.
- SAU de 4 ha : alternance maïs – blé. Les travaux de culture et épandages des boues de la station sont réalisés par ETA.
- Sols caillebotis béton en gestantes et engraissement avec préfosses.


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Date de l'article : semaine du N° du 24 au 30 Juin 2006
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