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Sommaire | " DOSSIERS " | Porcs | Article n°6339 |
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À l'EARL Plouzennec, à Pluguffan (29) : Produire le “poids objectif” de charcutiers
 
Quand on jette un œil sur la GTE d'Edith, Patrick et Jérôme Plouzennec, naisseurs-engraisseurs à Pluguffan et adhérents à Cofiporc, il est des chiffres qui ne laissent pas insensibles : 25,4 charcutiers et 2 942 kg de porc vendu par truie présente.
J. Plouzennec explique ces performances par une approche globale de l'élevage : "Il ne faut pas forcément avoir de points forts. Il faut surtout ne pas avoir de points faibles". Et d'ajouter : "À chaque moment, il ne faut pas hésiter à se remettre en cause".
“Se remettre en cause, sans tomber dans les effets de modes ou les techniques vulgarisées à tout vent. Sur cette exploitation, quand on fait quelque chose, c'est que ça se justifie techniquement et économiquement”, poursuit Hubert Lastennet, technicien. Par exemple, sur cette exploitation, il n'est pas question de piquer systématiquement les truies pour qu'elles se vidangent après mise bas. Comme l'échographie n'est pas de règle. "Attendre l'échographe, c'est manquer de vigilance au moment de surveiller les retours. Résultat, une truie vide, c'est une truie de perdue. À la date présumée du retour, je passe le verrat, observe les animaux en recherchant les signes d'une éventuelle chaleur (vulve, port dressé…)".
Éviter les places vides
À chaque fois, le même objectif prioritaire guide ces éleveurs : remplir l'élevage à l'optimum de sa capacité. "En maternité, il me faut 32 truies par bande donc j'en insémine 35-36. Ce qui permettra de remplir le post-sevrage, puis l'engraissement” , explique les éleveurs. “L’ objectif premier est sortir un poids total de porc. Il s'agit là d'un objectif d'équilibre économique", complète H. Lastennet.
Tout commence à la mise à la reproduction. "Pour avoir moins de retours et des portées nombreuses, la priorité est d'avoir des truies en état à la sortie de maternité", insistent les éleveurs. D'où ce choix d'avoir recours aux ultra-sons pour mesurer l'épaisseur de lard dorsal. Des mesures qui ont lieu en trois fois : juste avant l'entrée en maternité, puis 15 jours après la mise bas et 3 semaines après l'IA. "Ces mesures permettent d'abord de savoir d'où on part et de recharger les truies qui maigrissent trop en maternité (sevrage à 21 jours). On s'assure ainsi une bonne venue en chaleur et une diminution des retours. Quant à la troisième mesure, elle permet d'alloter les gestantes en fonction de leur état pour établir un plan de rationnement individualisé", détaille Patrick Plouzennec, précisant qu'il s'agit de "truies France Hybride". Il ajoute : "Nous n'avons pas de Piétrain car nous trouvons la race trop difficile à conduire. La FH est par ailleurs une truie qui consomme bien ; un aspect que l'on retrouve sur sa descendance (FH X Pic 416). Ce choix répond à notre objectif qui est avant tout de faire de la croissance"

Du poids avant la plus-value
L'autre levier important, c'est l'alimentation. Depuis deux ans, l'installation d'une Faf a contribué à revoir les programmes alimentaires. "La fabrication à la ferme nous permet d'incorporer beaucoup de maïs, ce qui permet de diminuer le coût des rations. Prochainement, nous allons d'ailleurs en distribuer en post-sevrage où, pour améliorer la consommation d'aliment, il est prévu de généraliser des nourrisseurs ronds où le porcelet prépare lui-même sa mixture. Avec l'avantage qu'un porc habitué à cette alimentation humide s'habitue mieux à la soupe en engraissement".
Sanitaire équilibré, surveillance et respect des normes zootechniques contribuent à limiter les pertes. "Depuis la mise en place de la Faf, nous avons gagné 1 point sur la période sevrage-vente (5,4 %)", notent les éleveurs qui expliquent cette amélioration par la constance des formules, la capacité à réagir rapidement lorsque apparaît un trouble digestif (incorporation d'orge), etc. D'où aussi la baisse des dépenses de santé observée sur l'élevage".
La conduite sur l'ensemble de la chaîne permet à l'élevage d'afficher un bon IC global (2,8). "Sachant que nous préférons vendre des porcs plus lourds (116,6 kg vif/90,1 kg froid) plutôt que de viser la plus-value. En effet, avec les cours actuels nous avons intérêt à faire du poids à condition toutefois que l'indice ne se dégrade pas. Ce qui est le cas".
Didier Le Du


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Date de l'article : semaine du N° du 24 au 30 Juin 2006
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