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Sommaire | " DOSSIERS " | Porcs | Article n°6338 |
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Chez Anne et Yves Guéguen, à Lanhouarneau (29) : 2 850 kg vif de charcutier par truie
 
Comme tous les éleveurs qui décrochent de bons résultats techniques, Anne et Yves Guéguen déclarent qu'ils ne font "rien de spécial". Mais quand on passe au crible les différentes phases d'élevage, on s'aperçoit que ces "rien de spécial" masquent des "plein de petites choses" qui transforment les 30 porcelets sevrés annuellement en 2 852 kg vifs produits par truie présente.
"C'est vrai que tous les matins, nous avons hâte d'aller voir les porcs qui dansent. C'est un signe de très bonne santé", dit l'éleveur, adhérent à Prestor, qui insiste également "sur le calme du troupeau (220 truies) comme facteur de réussite". Des commentaires qui dévoilent le caractère animalier des éleveurs et qui, bien souvent, fait toute la différence.
Revenir aux fondamentaux
"Les résultats ont décollé quand nous avons réaménagé le post-sevrage en 2003", indique Y. Guéguen. "Avec l'augmentation de la prolificité, il fallait revenir aux normes techniques de base : respecter les surfaces par porc, assurer une bonne ventilation, la longueur de nourrisseur, un accès à l'auge. Bref, revenir aux normes zootechniques connues de tous mais plus toujours appliquées".
Au-delà des normes, l'éleveur insiste également sur ses pratiques. " Les salles sont systématiquement chauffées avant l'entrée des porcelets, les abreuvoirs sont purgés. Du kaolin est répandu". La constitution des cases se fait sur le double critère de l'homogénéité des animaux et le non-mélange des portées. Seule une case par bande est réservée aux plus petits. Ils y seront retapés : lampe, tapis et distribution d’un aliment starter sous forme de bouillie pendant 8-10 jours.
Mais en amont de cette étape, la priorité des priorités est de faire naître, puis de bien allaiter les porcelets. Pour parvenir à cet objectif, les éleveurs insistent sur la bonne santé des truies. "Cela commence par l'application stricte des protocoles décidés. Sur l'élevage, on sait qui fait quoi et quand. Par exemple, le salarié chargé des vaccinations ne compte donc pas sur quelqu'un d'autre pour les réaliser. De même, la vermifugation est systématiquement programmée deux fois par an pour toutes les truies. On n'y déroge pas. Etc.".
Cette approche méthodique s'applique à tous les niveaux de l'élevage. Autre exemple : la détection des chaleurs par le verrat est réalisée dès le vendredi qui suit le sevrage, pour se poursuivre tout le week-end. Les truies sont inséminées dès qu'elles sont en chaleur et tant qu'elles le restent (moyenne : 2,7 IA/truie).
1 185 kg d'aliment par truie
Yves Guéguen insiste également beaucoup sur l'alimentation des truies. "Ni trop grasse, ni trop maigre. Autrement dit, une truie en forme capable de faire ce pourquoi elle est prévue : faire naître et sevrer le maximum de porcelets les plus homogènes possible".
Pour parvenir à l'objectif escompté, les truies sont "calibrées à la sortie de maternité. En gestante, l'alimentation par doseur permet d'ajuster individuellement la quantité et pas une fois pour toutes". Ce suivi à l'individu assure une bonne efficience alimentaire tout en évitant le gaspillage. "Nous tournons à 1 185 kg d'aliment par truie (avec 90 kg de poids de portée sevrée à 28 jours). C'est le résultat de l'approche alimentaire sur un cycle, combinée avec des règles d'ambiance et d'hygiène", note l'éleveur avant de préciser sa façon de faire après sevrage : "Les trois premiers jours, je distribue 500 g d'aliment par jour, complété à partir du vendredi par un apport d'avoine aplatie, à raison de 120 kg par bande de 31 truies". Ceci explique pour partie le très bon groupage des venues en chaleur : 85 % des truies inséminées pour le lundi.

Quantité, mais aussi qualité. En choisissant des auges inox, c'est l'hygiène qui est privilégiée. "De même, le tuyau de descente s'arrête suffisamment haut pour éviter les remontées humides favorisant la formation de moisissures", montre Yves Guéguen, précisant que "chaque stalle est lavée immédiatement après le départ des gestantes. Y compris les doseurs". Une propreté qui ne fait que prolonger le quotidien "avec raclage à l'arrière des truies deux fois par jour".
Surveillance assidue
Cette succession de "bonnes manières" contribue à avoir des truies fin prêtes pour l'entrée en maternité. "La règle, c'est de laisser 12 porcelets par truie (13,5 nés vivants). Les surnuméraires sont sevrés précocement et élevés en nursery . Cette pratique explique également la quantité modérée d'aliment consommée par truie".
Enfin, sur cet élevage, la surveillance est un élément clé. "En post-sevrage et en engraissement, c'est deux fois par jour. Et nous cherchons toujours à être réactif : un animal mal en point, on agit. D'où aussi les deux infirmeries dont une sur paille , fonctionnelles et confortables pour les animaux. L'essentiel est de sauver le maximum de cochons". Les résultats de ce travail se mesurent sur le faible taux de pertes en post-sevrage (0,9 % sur le dernier semestre) et sur les performances (IC 8-30 Kg : 1,44.) Des résultats qui se prolongent en engraissement : 1,6 % de pertes (dernier semestre), 2,92 IC 30-115 kg et 743 g de GMQ.

Didier Le Du


Et encore…

- L'élevage est scindé en deux blocs distincts : truies d'un côté ; post-sevrage et engraissement de l'autre : "Cette marche en avant est bénéfique pour les intervenants et les animaux sur le plan sanitaire"
- Maternité : "Elle est toujours pleine. Il faut donc inséminer suffisamment de truies pour parvenir à l'objectif" (7 bandes fois 31 truies – sevrage 28 jours).
- Post-sevrage : "Confort et non-mélange sont les règles de base".
- Façonnage : "Le fait d'avoir les élevages à proximité permet de livrer soi-même les porcs et de suivre l'élevage. L'encadrement des techniciens du groupement permet également de booster les résultats".
- Génétique : "Le renouvellement représente 3 à 4 % du prix de revient. Alors, pourquoi se priver des dernières générations de porcs qui ont bénéficié des derniers travaux de recherche. Cela est également vrai pour les verrats des CIA".



"Il faut anticiper"

Si l'on veut obtenir de bons résultats en engraissement, il faut travailler en post-sevrage. C'est le même lien de cause à effet entre la gestante et la maternité. L'anticipation est la clé de la réussite.
Sur cet élevage, le respect des normes zootechniques, la surveillance, l'œil qui détecte l'animal qui ne va pas bien, expliquent les résultats, en lien avec une rigueur à tous les niveaux.
Les faibles taux de pertes sont la résultante de tout ce travail mené en amont. Seulement 2,9 % de pertes sevrage-vente sur le dernier semestre (3,6 % sur l'année) et 25,3 porcs vendus/truie présente par an à 88 kg de poids froid.

Bernard Bernicot, Technicien

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Date de l'article : semaine du N° du 24 au 30 Juin 2006
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Musée de l’école rurale de Trégarvan (29) / Au porte-plume et à l’encre violette





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