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Sommaire | " DOSSIERS " | Porcs | Article n°6336 |
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Les leviers pour augmenter les produits : D'abord faire naître
 
Beaucoup de cochons, beaucoup de kilos, beaucoup de sous. Du moins, si le prix du porc suit … Et c'est vraisemblablement bien l'un des seuls paramètres sur lequel l'éleveur n'a pas de prise. Sur tous les autres, il peut plus ou moins actionner des leviers, comme l'évoque Laëtitia Le Moan, ingénieur à la Chambre d'agriculture.
Maîtriser la "repro"
"Pour faire du volume, il faut faire naître, donc maîtriser la reproduction", insiste-t-elle d'entrée. Ce capital de départ est le fruit d'une conduite rigoureuse où l'objectif numérique ne doit pas ignorer les bornes sanitaires à ne pas dépasser.

"La logique économique de base voudrait en effet que l'on valorise toutes les truies inséminées, mais ce choix peut se révéler destructeur sur le plan sanitaire. Il faut donc optimiser la chaîne sanitaire, sans surcharge, en tenant compte du potentiel génétique des truies hyperprolifiques". Autrement dit, c'est bien beau de faire naître des cochons, encore faut-il avoir la place pour les engraisser. Car, normalement, pas question de s'amuser à tasser dans les post-sevrages et les engraissements. Mais tout le monde le sait : aucun éleveur ne met 13 cochons à la douzaine !

Et pourtant : toutes les observations montrent qu'en respectant les normes zootechniques de base, l'éleveur a tout à gagner. "80 % du travail est fait quand on respecte les fondamentaux de l'élevage : surface par porc, conduite en bande stricte, marche en avant, vide sanitaire…", rappelle L. Le Moan.

"Ce n'est pas tout d'être présent…"

Objectif numérique fixé – certains éleveurs vont jusqu'à ne pas remplir leurs maternités –, le suivi de la mise bas conditionne également les produits à la sortie de l'engraissement. "C'est là que tout se joue. Il ne suffit pas seulement d'être présent, il faut surtout savoir quoi faire, c'est-à-dire apporter les soins au bon moment. Être éleveur, c'est sentir l'événement", résume L. Le Moan. Et de faire remarquer : "Les savoir-faire animaliers sont en perpétuelle évolution. Ils évoluent notamment avec la génétique".

En maternité, "c'est l'endroit où s'exprime le mieux le sens de l'animalier – ou bien souvent de l'animalière –. Les sens doivent être en éveil pour détecter les porcelets qui ne vont pas boire, pour mesurer la tonicité des porcelets. L'œil doit aller aussi vers la truie. Avec toujours cet objectif d'être réactif quand quelque chose ne va pas".

Passé ce stade délicat où chacun a plus ou moins ses astuces et ses codes de conduite, les soins aux porcelets ouvrent une phase d'intervention plus mécanique. Quoique… "L'aspect stress est à prendre en compte dans les opérations de castration, de meulage des dents, etc. La croissance peut en être affectée", souligne Laëtitia Le Moan.
Optimisation plutôt que maximisation

Sur un plan plus économique, le conseil aux éleveurs privilégie l'optimisation des performances plutôt que leur maximisation. "C'est une relation de charge à produit. En effet, le dernier kg coûte cher à produire. Économiquement d'une part et sanitairement d'autre part.”

Enfin, l'optimisation des produits passe par la recherche d'un fort pourcentage de porcs charcutiers dans la gamme. "Peser les porcs de temps en temps permet de recaler sa propre bascule visuelle. Car l'œil s'habitue et finit par dévier…". Par ailleurs, faire des départs échelonnés permet aussi de monter quelque peu dans la gamme.

La recherche de plus-values n'est pas non plus à négliger. Le TVM est étroitement lié à l'équilibre énergie-protéines de la ration. Et bien sûr à la génétique, comme l'illustre si bien l'introduction de sang Piétrain qui n'est pas sans lien avec les 61,5 de TVM couramment observés aujourd'hui. Reste que l'on arrive quasiment au taquet si l'on ne veut pas basculer vers une détérioration de la qualité de viande. Enfin, dernière solution à ne pas négliger pour optimiser la plus-value : s'intéresser aux marques, appellations. À ce niveau, il y a, semble-t-il, encore des marges pour progresser.

Didier Le Du


Agir sur le coût de revient

Le coût de revient est la somme des charges divisée par le volume de carcasse produit. "Pour agir dessus, on dispose de deux leviers", explique Laëtitia Le Moan.

"Le premier est le volume. Plus le nombre de kilos de carcasse commercialisé est important plus les charges sont diluées", rappelle-t-elle. Il est donc nécessaire d'optimiser ce poste qui engage essentiellement des leviers techniques : productivité numérique et poids de vente individuel.

Les actions menées sur ce volet augmenteront les charges opérationnelles, mais les charges de structure resteront identiques. "Naturellement, la limite est liée à la capacité de production de l'exploitation et aux autorisations administratives, sauf à faire appel à de l'engraissement extérieur ou à vendre des porcelets. Dans ce dernier cas, l'intérêt économique est moindre".

Le deuxième levier concerne les charges. Deux types de charge sont à distinguer : les charges opérationnelles et les charges de structures. "L'action sur les charges de structures se fait sur le long terme. Elle engage l'outil de production, la stratégie d'investissement et le fonctionnement de l'exploitation", note l'ingénieur Chambre d'agriculture. "L'optimisation des charges opérationnelles est plus immédiate. Environ 40 % de l'écart de coût de production entre les éleveurs les plus performants sur ce critère et les moins performants s'explique par le coût alimentaire. Par conséquent, toute action sur ce poste est payante d'autant plus qu'il occupe la plus large part du coût de revient".

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Date de l'article : semaine du N° du 24 au 30 Juin 2006
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