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En 10 ans, sous le double effet de l’amélioration de la prolificité et de l'alourdissement des carcasses, le nombre de kg vifs produits par truie a progressé de 350 kg. "De 1 950 kg en 1996, le poids moyen est passé, en 2005, à 2 356 kg de charcutier par truie présente chez les éleveurs bretons suivis en GTE (Gestion technico-économique)", chiffre Brigitte Badouard, ingénieur Ifip (ex-ITP). Et de détailler : "Un tiers des élevages analysés dans notre échantillon produit plus de 2 500 kg/truie/an, et 6,4 % dépassent 2800kg". Cela traduit une évolution des pratiques des éleveurs pour augmenter la productivité de l’élevage tout en répondant à la demande du marché. En effet, produire plus lourd n’est possible que lorsque l’aval le demande et lorsque les conditions de paiement des porcs le permettent. Par ailleurs, l’existence de filières "porcs lourds" contribue faiblement à l’augmentation du poids moyen des carcasses.
+ 2,6 charcutiers par truie en 10 ans
Optimiser le poids de porc vendu par truie passe par la valorisation de la productivité numérique en maternité. Une prolificité qui doit se prolonger jusqu'au départ en abattoir. "Les résultats GTE 2005 sont à 21,1 porcs produits par truie en Bretagne. Nous étions encore en dessous de 20 (19,8) en 2000. En dix ans, l'élevage breton moyen a produit 2,6 porcs par truie présente en plus".
Limiter les pertes demeure cependant un combat du quotidien si l'on veut sortir le maximum de kg par truie. "En engraissement, les pertes ont augmenté régulièrement de 1995 à 2000. Ce critère a ensuite plafonné jusqu’en 2003, et depuis cette date, le taux de pertes en engraissement baisse sensiblement ", indique l'ingénieur Ifip qui fait le lien avec la rigueur sanitaire déployée consécutivement aux épisodes de Map et de SDRP. Et de rappeler l'incidence économique de la maîtrise des pertes en élevage : "1 % de pertes en moins en post-sevrage se traduit, en moyenne sur la base des résultats GTE 2005, par un écart de marge sur coût alimentaire de + 15 euros par truie ; 1 % de pertes en moins en engraissement, c'est 19 euros de marge en plus par truie".
Il y en a encore sous le pied
L'amélioration des résultats des ateliers porcins passe également par l'amélioration d’autres performances techniques. "L'indice de consommation (IC) 30-115 kg stagnait depuis 1998. Mais sur le dernier exercice, on sent une légère amélioration puisqu'il baisse de 0,05 point", observe B. Badouard.
On ne retrouve pas cette tendance au niveau du GMQ qui joue le calme plat depuis 1998. Des explications qu'il faut sans doute aller chercher du côté des conditions d'élevage. Autrement dit, tout se passe comme si le progrès technique butait sur un parc bâtiments devenu inadapté. Avec, toutefois, cette nuance masquée derrière le GMQ moyen de 761 g en 2005 : "On observe de fortes disparités. Pendant que certains élevages peinent, d'autres voient leurs performances progresser".
L'analyse des données de GTE conduit également la spécialiste de l'ifip à faire remarquer que "le progrès génétique ne s'exprime pas totalement dans les élevages de production". Et d'illustrer par la comparaison des performances observées en tests terminaux et en résultats GTE : 760 g de GMQ (30-115 kg) en GTE, 928 g en tests terminaux ; 2,94 d'IC 30-115 kg en GTE ; 2,71 pour les tests des terminaux. Une façon de dire qu'il y a encore de la marge sous le pied…
Penser aux bâtiments
Les voies de valorisation de ce potentiel orientent une fois encore vers les bâtiments. Les rénovations sont insuffisantes et la réorganisation est à revoir. La surcharge de salles entraîne une dégradation de la situation sanitaire des élevages et augmente la compétition à l’auge.
L’ifip et ses partenaires ont engagé une enquête pour apprécier plus précisément l’adéquation des bâtiments au potentiel actuel des animaux et mieux préciser les mesures à mettre en place pour améliorer la situation.
"L’encadrement technique des éleveurs est essentiel pour les aider à maintenir leur niveau de compétitivité. Les outils de gestion et les références doivent leur permettre de se situer et de dégager les voies d’amélioration. Par ailleurs, les évolutions du contexte de la production porcine imposent une vigilance permanente et la recherche constante de progrès de la part des éleveurs."
Didier Le Du
Marge sur coût alimentaire
Après trois années plus difficiles, la marge sur coût alimentaire (1) renoue avec le niveau moyen observé depuis 10 ans. Elle s'établit à 1 088 euros/truie en moyenne (résultat naisseur-engraisseur Bretagne). Avec des écarts importants puisque le 1/3 de tête est à 1 314 euros/truie ; les 10 % meilleurs étant même à 1 449 euros/truie.
Ces différences trouvent leurs origines dans :
- La productivité
- La quantité consommée et le prix de l'aliment.
- Le prix du porc.
- Le TVM : 1 point d'écart se traduit par un écart de marge de 27 euros/truie.
(1) Marge sur coût alimentaire et renouvellement =
produits – aliment – renouvellement ( achat cochettes + IA - réformes).
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