Actualités agricoles Paysan Breton en Bretagne, Côtes d'Armor, Finistère, Ille-et-Vilaine, Morbihan
Sommaire | " DOSSIERS " | Porcs | Article n°6334 |
Recherchez  dans  Recherchez
Recherche avancéeRecherche avancée
Archives (prochaine parution le 17 février 2012) Recevoir les articles par mailAlerte email
 
 
La technique au service du revenu
 
La rentabilité d'un élevage de porc, c'est d'abord la résultante d'une grande technicité, améliorée avec des outils de production adaptés permettant une bonne maîtrise des coûts. "Une exigence de tous les instants, comme dans toutes les productions hors sol", explique Georges Douguet ingénieur au service étude du CER 22. C'est ce qui fait à la fois sa difficulté, car les plus fragiles ont du mal à résister, mais aussi son attrait car c'est un challenge permanent. "Les meilleurs cherchent toujours à placer la barre de leurs performances techniques plus haute".

La Performance
technique

Dans cet esprit de compétition, l'évolution des performances techniques se traduit naturellement dans les chiffres. Ainsi le nombre de porcs produits par truie se situe aujourd'hui à 22,2. "C'était le niveau des meilleurs en 1995". Elle s'explique par l'amélioration de la conduite du troupeau, de l'état sanitaire et l'utilisation d'une génétique plus performante. L'un des indicateurs de l'amélioration de l'état sanitaire est l'évolution des dépenses de santé : 5,6 centimes par kilo vif en 2005 contre 6,3 centimes en 2002, soit moins 13 %. Pour un élevage sortant 4000 porcs par an, cela représente 3360 euros de dépenses en moins. Véritable talon d'Achille de l'élevage porcin, les écarts entre éleveurs demeurent encore très importants; "du simple au double".

L'augmentation du poids de carcasse par truie illustre également l'amélioration technique constatée sur la décennie. "Il est passé sur l'échantillon CER depuis 1995 de 1564 kg à 1862 en 2005. On atteind même 1920 kg par truie pour des éleveurs qui vendent tout en charcutiers. L'accélération est notamment forte depuis 2001 avec + 139 kg entre 2001 et 2005. Aujourd'hui on vise 2000 kg de carcasse par truie. De plus en plus d'éleveurs y arrivent (25 à 30 %). C'est la résultante de l'amélioration de la prolificité, de moins de problèmes sanitaires, et de l'incitation à produire plus lourd (+ 3 kg en 5 ans) au travers de la modification de la grille de poids.

Autre indicateur de la rentabilité, l'indice de consommation qui en une dizaine d'années est passé de 3,23 à 3,06. "En 1995, 8 % des éleveurs avaient un IC global inférieur à 3, en 2005, ils étaient 36 %". Il subsiste là aussi des écarts importants puisqu'en 2005, 25 % avaient un IC supérieur à 3,19 et 10 % un IC inférieur à 2,86. Or 0,1 point d'indice équivaut à 2,2 /2,4 centimes d'euros par kg de carcasse. "Il y a donc toujours intérêt à améliorer son indice de consommation".

Un élément d'autant plus important que la part de l'aliment dans les charges, même avec un prix de l'aliment en 2005 au plus bas depuis de nombreuses années, reste élevée. Il représente entre 55 et 56 % du coût de revient du porc. "Une proportion, commente Georges Douguet, qui doit conduire l'éleveur à s'y intéresser de prêt, en essayant de faire les meilleurs choix : prix/performance". Soulignant qu'il existe des écarts assez sensibles entre fournisseurs et entre gammes d'aliments". Les différences constatées entre les coûts alimentaires le confirment : 0,49 euro/kg vif en moyenne mais 0,46 pour les 10 % plus bas et 0,55 pour les plus élevé. Même si plusieurs facteurs peuvent expliquer ces différences : le prix, la qualité, la conduite alimentaire, les bâtiments...
Remettre à niveau le parc bâtiment
Les charges de structure, proportionnellement moins importantes que dans d'autres productions, représentent néanmoins 34 % du coût de revient du porc. 17 à 18 % sont constituées des bâtiments et des équipements. Ce poste est resté quelque peu en panne depuis plusieurs années. "De nombreux éleveurs ont concentré leurs efforts sur la mise aux normes environnementales. D'autres hésitent à capitaliser dans un contexte économique incertain, et préfèrent diversifier. Ce qui ne veut pas dire que le parc bâtiment est forcément en mauvais état, mais il mérite une remise à niveau". Une exigence pour la production porcine bretonne si elle veut préserver sa compétitivité, et pour les éleveurs qui ont des outils à pérenniser ou à transmettre.

Georges Douguet insiste : "La production porcine contrairement à d'autres présente la caractéristique de bien répondre et assez rapidement à l'investissement. Et en général ce ne sont pas les investissements qui expliquent les difficultés financières de certains éleveurs". Il étaye son argumentation par des chiffres : "135 000 kg de porcs sortis par UTH dans des bâtiments anciens et 188 000 kg par UTH dans des bâtiments récents. La qualité des bâtiments et des équipements permet des résultats techniques meilleurs, et une valorisation optimale de la main d'œuvre". Une main-d'œuvre qui constitue aussi un élément de base de la rentabilité. "Il faut savoir la gérer, l'intéresser aux résultats techniques et économiques avec un objectif de fidélisation ".

Évidemment les investissements doivent s'opérer en maintenant les équilibres financiers, d'autant que la fluctuation des cours est grande. "Il faut garder de la réserve pour les périodes les plus délicates et rester cohérent dans sa conduite financière. Car il est toujours très difficile de rétablir une situation financière dégradée. Par contre si elle demeure saine et avec des résultats techniques satisfaisants, même en période de crise, on passe", conclut Georges Douguet.

Pierre Dénès


Tous les dossiers "Porcs"
Date de l'article : semaine du N° du 24 au 30 Juin 2006
Imprimer l'article Imprimer l'article



La révolution rurale des années 60





Dossiers Paysan Breton
Chiffres clés de l'agriculture bretonne
Contact
Abonnez-vous à
Paysan Breton
Recherchez une
petite annonce
Déposez une
petite annonce
Déposez une
annonce légale


(+ de 12487 depuis 1997)