Actualités agricoles Paysan Breton en Bretagne, Côtes d'Armor, Finistère, Ille-et-Vilaine, Morbihan
Sommaire | " LES DÉPARTEMENTALES " | 35 | Article n°6331 |
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Ille et Vilaine (35)
Le marché des exploitations a ses caractéristiques : Trouver la bonne valeur d'une exploitation
 
Bernard Charlotin, en sa qualité d'agent immobilier spécialisé dans l'agriculture (Quatuor transaction), n'a peut-être qu'une vision partielle des transmissions d'exploitation, mais ses observations ont intéressé les membres des Ceta lors de leurs Rencontres à Treffendel. Par exemple : la moitié des vendeurs n'ont pas atteint l'âge de la retraite. Ils vendent parce qu'ils ne veulent pas se mettre aux normes ou ils ont des difficultés financières. D'autres vendent pour quitter l'agriculture ou acheter ailleurs. Le nomadisme existe, même chez certains agriculteurs.
Quant aux acheteurs, s'il s'agit de jeunes, leurs capacités financières limitées constituent un handicap face aux autres prétendants. Les exploitants qui cherchent à s'agrandir ont une demande locale, les bâtiments et la maison les intéressent peu. Parmi les candidats à la réinstallation, la plupart disposent d'une capacité technique et d'un autofinancement. Les étrangers ont trouvé en France des terres moins chères, mais ils regardent aussi ailleurs. Une autre demande vient de non-agricoles qui cherchent un corps de ferme avec une dizaine d'hectares pour y mettre des chevaux, mettre sur pied un projet agrotouristique... Les bois pour la chasse les intéressent aussi. Le prix peut alors grimper.
Des écarts suivant
les exploitations
Deux approches pour valoriser un bien. La valeur patrimoniale additionne tous les éléments y compris DPU, quotas… "Elle est généralement supérieure à la valeur économique qui correspond à la capacité financière de l'acheteur", observe l'agent immobilier. Le porc, le lait trouvent des preneurs, mais pas l'aviculture ou les exploitations mixtes (lait et porc). Les activités de niche, souvent rentables, sont difficiles à négocier. Il est préférable d'avoir moins de 200 000 litres ou plus de 400 000 litres (pour une réinstallation). Un litrage intermédiaire se vend moins bien. Bien entendu, les acheteurs sont attentifs au parcellaire (groupé, accessible), au côté fonctionnel des bâtiments, à la mise aux normes, au plan d'épandage, aux effectifs autorisés et aussi aux éventuels terrains à bâtir.
"Le prix résulte d'une confrontation entre l'offre et la demande", observe Bernard Charlotin. Il ne croit pas que la mise en place du fonds agricole, à l'instar du fonds de commerce, change la donne en matière de valeur. C'est une entreprise qui est vendue avec tout ce qu'elle comporte, contraintes comprises. Marcel Denieul, président de la section laitière de la FRSEA observe qu'en production porcine l'approche économique est plus développée qu'en lait, sans doute en raison d'un marché libéralisé depuis longtemps. C'est en train de changer en lait. Il ajoute aussi un élément à ne pas sous-estimer : "Quelle est la capacité de mon acheteur à valoriser ma production, quelle est sa stratégie ?" Les écarts observés sur le terrain en matière de prix du lait incitent à prendre en compte cette donnée. Il n'en reste pas moins que la diversité des acheteurs potentiels avec des moyens différents repose la question de l'installation et de son financement.

Paul Chauvin



Le fonds agricole, encore flou

Passer de l'exploitation familiale à l'entreprise agricole en phase avec les marchés, voilà ce qu'a souligné Benoît du Tertre (Fédération indépendante du patrimoine) à propos de la création en début d'année du fonds agricole. C'est une entité autonome avec tous les facteurs de production. On y intègre notamment des éléments incorporels comme la clientèle, le droit au bail, les DPU… Elle se veut ouverte sur l'extérieur avec un contrôle plus souple des structures. Le fonds devrait être plus facilement transmissible.
En attendant plus d'informations sur un outil juridique qui n'a que quelques mois d'existence, Hervé Jumelais (Cergiv) précise cependant que la référence est le code de commerce. Le fonds agricole va s'en rapprocher avec quelques nuances. Aujourd'hui il est possible de créer un fonds agricole, cela reste une option.



Réflexions à plusieurs

Comment s'adapter aux évolutions de la PAC avec l'introduction du découplage ? Les observations présentées lors des Rencontres Ceta font état pour 2006 d'un revenu négatif (hors aides découplées) par ha de blé avec des intrants bien optimisés. Sauf à réduire de façon importante les poste matériel et main-d'oeuvre. Alors les groupes lait s'interrogent sur l'opportunité de faire de la viande bovine pour faire plus d'herbe ou de maïs, ou pour valoriser les surfaces en céréales avec une ration sèche. Intensif avec les taurillons (mais de quelle race ?) ou extensif avec de la vache allaitante, de la génisse amouillante ou de viande, du boeuf ? Les excédents bruts d'exploitation varient et ils ne sont pas suffisants : a-t-on besoin d'investir ? Il n'y a pas de réponse toute faite et rien n'est figé. Chaque membre du groupe va donner son point de vue à celui qui a un projet. C'est tout l'intérêt des Ceta qui souhaitent accueillir d'autres agriculteurs. Contact : 02 99 13 19 90.

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Date de l'article : semaine du N° du 24 au 30 Juin 2006
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