Actualités agricoles Paysan Breton en Bretagne, Côtes d'Armor, Finistère, Ille-et-Vilaine, Morbihan
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Côtes d'Armor (22)
Sdaec : Pour une communication nationale
 
Le Sdaec avait placé "la ressource humaine" au centre des débats de son assemblée générale qui a eu lieu le 20 juin à Plérin. "C'est une préoccupation pour toute la filière agricole. La Bretagne compte 79 000 actifs agricoles, dont 22 000 salariés ETP (équivalent temps plein). Le taux de salariat est passé de 14% en 1992 à 28% en 2003. Du fait de l'agrandissement des exploitations, cette part devrait augmenter avec une demande de salariés de plus en plus qualifiés. Tout cela dans un contexte de concurrence intersectorielle et de diminution des effectifs en formation agricole (- 24% entre 1997 et 2004)", a exposé Sylvie Le Clec'h-Ropers, directrice du Sdaec, pour qui "le recrutement de main d'?uvre est un enjeu à la hauteur de l'environnement".
Aux yeux du président Jean-Yves Milbeau et de l'équipe du Sdaec, "une communication d'envergure nationale devrait être portée par l'ensemble de la profession, en ciblant les jeunes sur leurs outils de communication. Les BTP, l'artisanat ont débloqué des moyens conséquents pour promouvoir leurs métiers". La sensibilisation des jeunes dans les collèges est une autre piste avec les visites d'exploitation, notamment destinées aux professeurs et aux parents. Les ANPE, les missions locales doivent aussi être davantage informées.
Bien sûr, la communication passe par les agriculteurs et les salariés eux-mêmes qui doivent positiver leur métier et combattre les idées reçues : "En informant sur le niveau de salaire, souvent supérieur à celui de d'autres secteurs, et en précisant que les salariés bénéficient de conventions collectives (35 h…) par exemple." Jean-Yves Milbeau défend l'intérêt commun : "Le Sdaec est une pépinière pour l'installation. Il peut, pourquoi pas, devenir une pépinière pour le salariat, mais dans un cadre consensuel et organisé. Services de remplacement et agriculteurs ne doivent plus entrer en concurrence au niveau des salariés."
Au delà de cette préoccupation forte, l'assemblée générale a été l'occasion de revenir sur l'activité 2005 du Sdaec, en augmentation de 10%. Près de 2000 demandes ont amené les 190 salariés (ETP) du service à dépasser 35 000 journées de remplacement (278 500 heures). Le Sdaec s'approche des 4700 adhérents/assurés, avec 1310 exploitations utilisatrices (31% en porc, 64% en lait).
Le remplacement concerne à 57% les problèmes de santé, en hausse de 11,5% par rapport à 2004. 27% de l'activité concerne les congés de paternité (en hausse), maternité (en forte baisse) et adoption. Le critère "qualité de vie" compte pour 11% du remplacement (+ 30,5%), le complément de main d'?uvre pour 4% (+ 80%) et la formation-mandat professionnel pour 1% (+ 37,5%).
Intervenir dans le stage 40 heures
60% des nouveaux contrats d'assurance collective concernent des personnes âgées de moins de 41 ans. Jean-Yves Milbeau met en avant l'énorme travail de sensibilisation qui reste à faire. "Nous souhaitons pouvoir intervenir dans le stage 40 heures (installation) pour expliquer aux jeunes l'intérêt de l'assurance de la personne face à des accidents ou maladies. On verrait moins de situations dramatiques". La cotisation est de 450 euros par an pour un chef d'exploitation (364 euros de prime d'assurance et 86 euros de cotisation Sdaec). La légère augmentation de la prime se justifie du fait d'une nouvelle prestation : remplacement pour enfant hospitalisé. En 2005, 57% des arrêts de travail étaient dus à des accidents et 43% à des maladies.
Le président a par ailleurs fait le point sur le groupement d'employeurs départemental Terralliance, qui a germé en décembre 2005 et qui devrait bientôt fonctionner sous la convention tripartite FNGEA (Fédération nationale des groupements d’employeurs en agriculture), FNSR (Fédération nationale des services de remplacement) et FNSEA. "Terralliance ne fera pas le même métier que le Sdaec, il se positionne davantage sur le complément de main d'?uvre. Mais il est adossé au service de remplacement qui lui offre des compétences. Ce sont souvent des agriculteurs en quête d'allègement administratif qui sont demandeurs", finit Jean-Yves Milbeau.

Agnès Cussonneau


En bref

- Coût d'une journée de remplacement par le Sdaec : 56,1% de salaire net et frais versés au salarié, 35,6% de charges sociales et assurances et 8,4% de charges de fonctionnement.
- Les 190 salariés ETP (dont 10 au service fonctionnel) comptent 10% d'anciens exploitants et 10–11% de femmes. 60% sont spécialisés en production laitière, 22% en production porcine et 18% en élevages mixtes. L'ancienneté monte à 4-5 ans.
- Le CQP (Certificat de qualification professionnelle) apporte une reconnaissance professionnelle aux salariés de remplacement.
- L'activité du Sdaec est en hausse de 4% sur les 5 premiers mois de 2006.
- Au niveau national, 514 186 journées de remplacement ont été réalisées en 2005 par 477 services dans 90 départements. Une activité en hausse de 4,8%. 30 000 personnes ont été remplacées par 2771 ETP salarié(e)s.


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Date de l'article : semaine du N° du 24 au 30 Juin 2006
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