Actualités agricoles Paysan Breton en Bretagne, Côtes d'Armor, Finistère, Ille-et-Vilaine, Morbihan
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Morbihan (56)
Sérémor : L'alternance pour des emplois durables
 
Pour son assemblée générale qui s'est tenue le 1er juin à Ruffiac, le Sérémor a mis en relief l'intérêt des formations par alternance face au véritable enjeu que constitue le maintien des actifs en agriculture. "Depuis 1997, nous sommes engagés dans l'accueil d'apprentis. Nous encadrons aussi des contrats de professionnalisation", indique Michel Julard, président du Sérémor.
La Fédération nationale des services de remplacement (FNSR) vient de mettre en place une convention sur l'apprentissage qui pourra être utilisée dans les départements avec les centres de formation dès septembre. "Les jeunes doivent être âgés de 18 ans minimum et ont deux interlocuteurs : le service de remplacement et un agriculteur référent", précise Pascal Nizan, président de la FNSR.
2 200 actifs agricoles à recruter en 2007
Anne Bertagnolo de la Chambre régionale d'agriculture a restitué une étude mettant en évidence les problèmes liés à la main d'œuvre dont la filière va pâtir (les saisonniers ne sont pas pris en compte dans l'étude). "La chute des effectifs en formation est très inquiétante : - 24% entre 1997 et 2004. En 2007, 2 200 actifs agricoles devront être recrutés en Bretagne, dont 1 620 personnes qualifiées. Or seulement 1 030 personnes sortant de formation seront disponibles."
Malgré le déficit prévisible, les professionnels s'engagent encore trop peu dans l'amélioration de l'image et la sensibilisation des jeunes en formation. "Beaucoup de gens ont des idées préconçues sur nos secteurs et ne voient que les problèmes liés aux crises". Des actions d'information des différents publics (DVD, fiches de découverte…) ont déjà été menées par certaines organisations professionnelles comme les Chambres et les AEF, mais les moyens sont trop faibles.
"Dans des secteurs concurrents comme le BTP (bâtiment et travaux publics), l'hôtellerie et l'artisanat, les syndicats professionnels ont investi dans des actions d'envergure pour attirer les jeunes dans leurs métiers. Le manque de bras en agriculture va devenir un facteur limitant demain, c'est un problème crucial", insiste Michel Guernevé de la FDSEA. Plusieurs producteurs ajoutent : "Les rémunérations au cours de la formation et les salaires de la convention collective sont faibles en agriculture par rapport à d'autres secteurs. Ce n'est pas attractif. Pourtant, bien souvent, la réalité des salaires est plus importante".
Laurent Kerlir, président de la FDSEA 56, précise que les agriculteurs ont investi dans beaucoup d'autres actions comme l'environnement et souligne que le manque de main d'œuvre permanente et qualifiée concerne davantage l'Ouest de la France. "A nous de nous prendre en main. Au niveau national, la problématique se pose davantage sur l'emploi saisonnier".
Connaissances et savoir-faire
Lors de l'assemblée, quatre jeunes (dont deux non issus du milieu agricole) ayant suivi des formations par alternance ont fait part de leur expérience. "La pratique sur le terrain m'a permis de prendre confiance en moi. En tant qu'agent de remplacement, je continue à acquérir des connaissances et un savoir-faire", note Gaëtan Berthe. Pour Gaëtan Le Meur, diplômé d'un BTS et d'un certificat de spécialisation en lait, c'est aussi "le remplacement d'une personne-clé qui est intéressant" et "l'observation de différents systèmes de production avant de s'installer".
"Pas du milieu", Quentin Pillas a bénéficié des chèques insertion (délivrés par le Conseil régional) à partir d'avril 2005. "Une chance pour les jeunes diplômés", même si le montant se situe à seulement 400 euros/mois. Frédéric Cléro, qui a passé un BPREA option lait avec le Sérémor, a acquis "expérience et autonomie" et décroché un CDI. Autant de preuves que l'on peut travailler et s'épanouir en agriculture.


Agnès Cussonneau


Le Sérémor en 2005

- Hausse de 3,4% du chiffre d'affaires.
- 18 409 journées de remplacement : 54% en accident-maladie-décès (augmente toujours), 25,4% en congés paternité et maternité, 8,8% pour vacances, 4,9% pour mandat formation, 6,3% pour aide complémentaire, 0,6% en journées d'appoint. En 2006, l'activité explose.
- Le Centre Nord du département compte le plus d'adhérents.
- L'assurance collective Sérémor permet de mutualiser le coût du remplacement en accident et maladie ou lors d'un décès. 2 630 exploitants y adhéraient fin 2005 (2 415 en 2004). Les 125 adhérents de la mutuelle de l'Oust ont rejoint le Sérémor en décembre 2005. Les deux organisations travaillaient déjà ensemble depuis 1994. Plus de 50 JA ont bénéficié de la déduction de 1/3 de cotisation par an pendant 3 ans, sans profil santé. Une aide financée par le Sérémor.
- 110 ETP travaillent au Sérémor. L'ancienneté progresse : 3 ans en production porcine et 2 ans et 10 mois en production laitière. Plus de 513 heures de formation ont été accordées aux salariés.
- Un CQP Agent de remplacement a été créé, une reconnaissance du métier. 15-20% des salariés sont intéressés pour le passer.
- Les responsables ont insisté sur le besoin urgent d'avancer sur la sécurité en exploitation (risques, panneau de consignes pour sensibiliser l'agent de remplacement aux endroits dangereux…)
- Site internet : www.seremor.com

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