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Le Gouessant : S'adapter dans une conjoncture perturbée
 
Nous vivons une période de mutation qui entraîne de profonds changements et la nécessité de nous adapter en permanence", explique Patrick Fairier, président du Gouessant. Dans un contexte morose pour plusieurs productions (volailles et œufs), la coopérative tire son épingle du jeu en améliorant son résultat (3,8 millions d'euros), grâce à une bonne maîtrise de ses coûts, notamment de fabrication et de logistique. La structure financière continue également de s'améliorer.
Dans un marché d'aliment du bétail en régression de 4 à 5 %, Le Gouessant maintient ses volumes, avec plus de 1 million de tonnes. L'aliment porc (449 000 t) se développe notamment pour les porcelets et les truies, grâce au travail de recherche sur les compléments nutritionnels pour les jeunes animaux. À l'inverse, les aliments volailles (467 000 t), sont en baisse de 2 %, directement influencés par la baisse des cours et les conséquences de la grippe aviaire.
Source de progrès
"Il faut être bon tous les jours dans ce qu'on fait, sinon on n'existe pas", souligne Jean-Yves Cornec, directeur général. En volailles de chair, les bons résultats techniques obtenus dans les élevages et la souplesse des débouchés de la coopérative (une vingtaine de clients), ont atténué l'impact de la crise. "Cette stratégie est exigeante, mais elle est source de progrès", poursuit le directeur.
Il faut chercher en permanence des voies nouvelles d'amélioration. Après avoir investi 33 millions d'euros au cours des 5 dernières années, le Gouessant investira en 2006, plus de 9 millions d'euros dont une part importante consacrée à la modernisation des équipements industriels de fabrication d'aliment du bétail.
Qualité et prix
"Dans nos activités, la recherche du meilleur prix de revient demeure une préoccupation essentielle. Le marché de l'aliment est hyper-concurrencé, il faut la qualité et le prix. Tous les postes de charges sont étroitement surveillés et donnent lieu à des recherches d'amélioration", poursuit J.Y Cornec, citant l'exemple de la libéralisation du transport ferroviaire. Elle va permettre d'améliorer les rotations de trains de céréales (450 000 t/an), et donc de réduire les coûts, en faisant appel à un opérateur étranger au lieu de la SNCF.
Au niveau des adhérents, l'amélioration continue des résultats économiques constitue la pièce maîtresse du projet d'entreprise. "Nos équipes se sont mobilisées sur une démarche technique innovante, en allant au-delà des traditionnels indices de consommation, en maximisant le nombre de kilos produits".
Patrick Fairier note la frilosité des pouvoirs politiques vis-à-vis de l'agriculture et leur manque d'anticipation. "Il faudrait au moins conserver le potentiel de production agricole français et valoriser les atouts de notre agriculture", affirme le président du Gouessant.


Patrick Bégos

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